Boris Vian - décédé il y a 50 ans, mort d'avoir trop soufflé dans sa trompette, déconseillé surtout quand on a un problème cardiaque - a écrit en 1946 un petit roman étrange, "L'écume des jours".

Ayant eu la chance de ne pas avoir à le lire lors de mon parcours scolaire, j'ai lu le livre sans aucun a priori.

Dans un monde étrange, d'amour, de violence et de passions, on suit six personnages principaux qui tous suivent leurs passions jusqu'à l'extrémité. Passion pour l'être aimé, passion pour la cuisine, passion pour un écrivain (Jean Sol Partre).

La violence et l'absurdité, ainsi qu'un constant travail sur les mots - avec des néologismes, des mots inventés, un travail d'orfèvre de Boris Vian - plonge le lecteur dans un monde où la perte de repères est complet.

On ne compte plus les moments durs dans le texte, ni les moments où l'absurde prend le dessus. Mais cet absurde est cohérent avec les personnages et ce qui les entoure.

Les clins d'oeils sont nombreux aux deux principales personnalités de Saint-Germain des Pré de l'après-guerre.

Comment nier que Jean Sol Partre n'est autre que Jean-Paul Sartre croqué par Boris Vian ? Et que la Duchesse de Bovouard n'est autre que Simone de Beauvoir ?

Dans ce livre, qui est une magnifique histoire d'amour, on voit comment la passion dévore les êtres, les poussant à une issue tragique.

Mais il est difficile de parler de ce livre sans trop spolier l'histoire. Et pour reprendre une partie d'une phrase de la préface écrite par Boris Vian :

"L'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée".

Et quelle imagination... :)