Le monde du libre actuel part en couilles ? Bonus n°4 : vouloir faire « cavalier seul », maladie du logiciel libre ?

Attention, « article vieux con qui pensait que c’était mieux il y a une quinzaine d’années » à suivre. Maintenant que l’annonce a été faite, attaquons le coeur du problème.

Depuis une grosse quinzaine d’années, j’ai pu constater la montée en puissance d’un individualisme qui est contraire à un des fondements du monde libre : la coopération, remplacée par la concurrence à tout crin.

En clair, tout l’opposé qui avait permis au noyau Linux de connaitre sa première version en moins de trois ans après le lancement du projet. J’ai déjà eu l’occasion de parler ad-nauseam des forks compulsifs qui donneront naissance à des projets qui ne vivront parfois que quelques semaines ou quelques mois.

Un des articles que j’ai bien aimé écrire sur cette utilisation abusive du fork date de novembre 2014, auquel je vous renvoie donc la conclusion est la suivante, toujours aussi vraie plus de 4 ans et demi après.

Chacun voit midi à sa porte, et je continuerai de dénoncer les forks compulsifs. Ce n’est pas en ignorant un problème lié à l’abus d’une composante du logiciel libre qu’on le résoudra.

Mais, c’est vrai… Je ne suis que l’emmerdeur de base, l’utilisateur final, somme négligeable au final 🙂

Mais j’ai envie de parler d’une volonté qu’on peut voir de temps à autre, celle de vouloir faire cavalier seul contre le reste du monde libre en espérant imposer son point de vue par la force. Oui, en gros, faire son Microsoft.

Il y a une boîte qui a fait énormément de bien pour la démocratisation du libre qui est l’exemple même de cette politique de cavalier, c’est Canonical. Oui, la maison mère d’Ubuntu. Avant que certaines personnes ne sortent les haches, les torches et les cordes pour me lyncher, je tiens à préciser que j’ai apprécié ce qu’à fait la boite de Mark Shuttleworth durant les années 2004-2009. Depuis c’est moins le cas.

On peut citer au moins trois tentatives pour imposer ses solutions qui se sont viandées. Chronologiquement ?

  1. Upstart (2006-2014)
  2. Unity (2010-2016)
  3. Mir en tant que remplaçant de Wayland (2013-2017)

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Des logiciels victimes de l’évolution technologique : Synaptic et Brisk-menu, deux exemples parmi d’autres.

En allant sur le blog de Seb alias « Passion GNU/linux », je suis tombé sur un billet écrit le premier avril 2019 qui me semblait au premier abord avoir une odeur marine. Mais en lisant le contenu, je me suis aperçu que ce n’est pas franchement le cas.

Pour résumer, les mainteneurs de la Debian GNU/Linux ayant des emmerdes importantes avec Synaptic ont décidé de le retirer de la version principale, à savoir la saveur GNOME pour processeurs AMD/Intel.

La principale raison invoquée ? L’impossibilité de lancer Synaptic avec Wayland. Bug ouvert en 2016. De mémoire, Gnome propose d’utiliser la session Wayland par défaut depuis… Gnome 3.22 avec la Fedora 25. Même s’il a fallu bien attendre encore une ou deux versions pour être tranquille. Donc on va dire Gnome 3.26, ce qui remonte à septembre 2017…

Bref, même avec un cycle de vie de deux ans, il était prévisible que Synaptic soit un jour avec la tête sur le billot. Pour information, le code n’a plus évolué depuis… début 2017, dixit la page launchpad du projet.

Autant dire que le logiciel est plutôt au ralenti depuis environ deux ans. Mais ce ne sera sûrement pas le seul logiciel qui risque de souffrir d’une popularisation croissante de Wayland, que ce soit avec Gnome ou d’autres environnements. Je pense aussi à OBS Studio ou encore Simple Screen Recorder.

Ce n’est pas parce qu’un outil fonctionne qu’il ne faut pas adapter son code aux nouveautés qui interviendront tôt ou tard. Après, cela dépend de la qualité du code du dit logiciel.

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En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac.

Côté logiciel libre, informatique et internet ?

Côté culture ? Pas grand chose cette semaine, mais du lourd…

Bon week-end !

Une partie des développeurs du logiciel libre prennent-ils les utilisateurs pour des snocs ?

Cette pensée m’est venue quand j’ai lu cet article du webzine OMG Ubuntu : « Ubuntu Is Now Uncertain about Using Wayland by Default » ce qu’on peut traduire par « Ubuntu n’est pas certain d’utiliser Wayland par défaut ».

On apprend en lisant l’article que les têtes pensantes de Canonical craignent que Wayland ne soit pas suffisament mature pour être proposé pour remplacer Xorg d’ici la sortie de leur prochaine distribution en support long terme, la 18.04 LTS.

Ma question sera simple ici. N’ont-ils pas aidé à ce manque de maturation en développant durant des années un projet concurrent du nom de Mir ?

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Chose promise, chose due : faut savoir rester humble, les prédictions pour 2017 !

Nous sommes donc le 26 décembre 2016, et pour nombre de personnes c’est synonyme de consommation presque pathologique d’anti-nauséeux et d’antalgique pour calmer un duo mal de crâne et mal de bide niveau XXXL.

Voici donc mes prédictions pour l’année 2017, effectuée en écoutant l’excellent « The Promise » de Caitlin Grey.

Commençons par le sujet qui fâche, les espérances de vie des distributions GNU/Linux d’ici Noël 2017. Je pense que pour 2017, ce sera une année plus que tendue pour ne pas dire fatale pour les distributions suivantes :

  1. La Mageia Linux. Outre le fait que la migration vers Plasma 5.x ait été tendue du slip, le retard de la version 6.0 n’implique rien de bon. Et mes derniers tests ne m’encourage pas à être des plus optimistes.
  2. La OpenMandriva. La soeur ennemi de la Mageia bien que concentrée uniquement sur Plasma souffre de certains bugs comme l’a si bien expliqué Olivyeah sur son blog.
  3. La Trisquel qui prend un temps infini à sortir une version 8.0. Il y a bien eu une alpha non installable courant décembre 2016, mais vouloir à tout prix partir d’une base Ubuntu pour la libérer, c’est comme vouloir greffer une tête de mouton sur un corps de yak… Ça ne tient pas le choc sur le long terme.

J’aurais pu rajouter la Devuan mais je ne veux pas m’acharner sur le fork technico-idéologique de la Debian.

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Fedora 25 béta : où est en la distribution au chapeau ?

La Fedora 25 béta est sorti très récemment. Je l’ai abordé dans un billet en vrac’ récent – du moins au moment où je rédige cet article, le 12 octobre 2016 – et j’ai voulu en utilisant l’outil des tipiakeurs récupéré l’ISO de cette étape de développement de la distribution communautaire de Red Hat. Les notes de publications de cette versions sont disponibles sur le site officiel de la Fedora.

Je m’étais pourtant promis de ne pas faire d’articles sur la Fedora 25 béta, mais la curiosité a été la plus forte 🙂

Selon Phoronix, qui avait vu juste, Wayland est toujours d’actualité pour la Fedora 25 béta, j’ai donc du me replier sur Qemu, vu que le support de Wayland avec VirtualBox est… limité, faute de main d’oeuvre et d’apport de code.

J’ai donc utilisé les commandes suivantes pour lancer la Fedora 25 béta. La machine virtuelle étant équipée d’un disque de 128 Go, de 2 Go de mémoire allouée et de deux CPUs virtuels.


[fred@fredo-arch ISO à tester]$ qec disk-fedo.img 128G
Formatting 'disk-fedo.img', fmt=qcow2 size=137438953472 encryption=off cluster_size=65536 lazy_refcounts=off refcount_bits=16
[fred@fredo-arch ISO à tester]$ kvm64 -hda disk-fedo.img -cdrom Fedora-Workstation-Live-x86_64-25_Beta-1.1.iso -boot order=cd &

Pour mémoire, les raccourcis (ou alias) sont définis ainsi dans mon .bashrc :


qec='qemu-img create -f qcow2'
kvm64='qemu-system-x86_64 -smp cpus=2,threads=1 -k fr -m 2048 -soundhw ac97 -enable-kvm -vga virtio -usb -sdl'

L’option -vga virtio permet d’avoir un circuit récent pour l’affichage vidéo. Et surtout qui gère la 3D. Pour des raisons pratiques, j’ai utilisé une version de développement de qemu dite qemu-git pour être certain que l’affichage de Wayland fonctionne un brin mieux 😉

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En vrac’ de fin de semaine.

Comme chaque fin de semaine, l’obligatoire billet en vrac’.

Côté logiciel libre et informatique :

Côté musique ?

Bon week-end !

Le monde du logiciel libre ? Des enfants de petite section de maternelle ?

L’annonce a fait le tour de la « geek-o-sphère » linuxienne. Intel a décidé de rejeter – après l’avoir approuvé le support de XMir dans son pilote libre.

Phoronix, le site aux tests parfois douteux, s’est fendu d’une dépêche sur le sujet.

Et si on lit le commit qui retire le code, on sent que le niveau de petite section de maternelle est atteint :

We do not condone or support Canonical in the course of action they have chosen, and will not carry XMir patches upstream.
– The Management

Ce qu’on peut traduire à la rache :

Nous ne tolérons ni ne soutenons Canonical dans le cours de l’action qu’ils ont choisi, et ne porterons pas en amont les correctifs pour XMir.
– L’équipe de gestion

Ce qui serait pour la plupart des utilisateurs lambda une tempête dans un verre d’eau prend les dimensions d’un tsunami.

N’étant pas technicien, je vais essayer d’expliquer de manière simple – et les commentaires seront là pour me corriger – la situation en cours.

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