Vieux geek, épisode 15 : ah, les sharewares :)

En lisant un article de La Vache Libre sur l’éditeur de texte shareware SublimeText, j’ai eu l’idée de ce billet.

Quand j’ai commencé à plonger dans l’univers de l’informatique personnelle, durant plusieurs années (toute ma période Amstrad), je récupérais des programmes soit commerciaux, soit je tapais des listings de plusieurs – dizaines de – pages pour avoir un jeu en 4 ou 16 couleurs proposés par les magazines.

C’est quand je suis arrivé sur Amiga 1200 que j’ai entendu parler d’autre types de logiciels. Avec des noms anglophones barbares. Freeware, shareware, bref des termes inconnus. Entre les logiciels gratuits, les logiciels d’essais, et les logiciels utilisables mais qui te demande régulièrement d’acheter une license d’utilisation, j’étais perdu !

Parmi les grands noms des sharewares sur Amiga, impossible de ne pas citer des projets comme MUI (pour Magic User Interface) ou un des plus célèbres jeux de combat de l’époque, Scorched Tanks ! J’ai du en oublier un sacré paquet, mais comme cela fait 18 ans que j’ai quitté l’Amiga, hein…

Arrivé sur le PC en 1995, j’ai été un grand fan des sharewares, en utilisant pas mal que ce soit sur le plan purement ludique ou sur des plans pratiques. De mémoire, je peux citer des programmes comme celui qui m’a permis de débuter ma généalogie, WinGAO, qui n’est plus développé mais est toujours récupérable.

Il y a aussi eu le logiciel de création d’image de synthèse Terragen, développé par PlanetSide, à l’époque des versions 0.quelquechose. que j’avais acheté et qui pendant une période m’a permis de proposer des images et des tutoriels, qui sont hébergés par le site d’un ancien utilisateur du logiciel.

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Vieux geek, épisode 14 : les rogue-like.

S’il y a bien un monde qui peut concurrencer la pléthore de versions comme les distributions GNU/Linux, c’est celui des rogue-like.

Question préliminaire : qu’est-ce qu’un rogue-like ? Si je vous parle de jeux de rôles pour ordinateur, vous me répondrez surement des titres comme Ultima, World of Warcraft ou encore la série de Baldur’s Gate, voire Diablo.

Mais à l’origine, les premiers jeux de rôles sont textuels, un peu comme le vénérable ancêtre Donjons et Dragons.

En 1980, aux balbutiements de la micro-informatique personnelle, les fans de jeux de rôles eurent envie d’avoir des mondes sur ordinateurs. C’est ainsi qu’est né Rogue, fruit du travail de Michael Toy et Glenn Wichman. Développé sur unix, il fut porté sur de nombreuses plateformes de l’époque. Le but est simple : descendre dans des donjons généré aléatoirement pour récupérer des trésors, tuer des monstres de plus en plus puissants et récupérer l’amulette de Yendor (à partir du dérivé Hack ?) et remonter à la surface.

A l’époque la puissance des ordinateurs est telle que seules des interfaces textes sont disponibles. De Rogue (1980) est né Hack (1985), puis NetHack (1987).

Ensuite, la disponibilité du code source a donné naissance à une myriade de dérivée, plus ou moins lié les uns aux autres : Moria, Angband (une floppée de variantes), Slash’EM, Trouble Of Middle Earth, etc…

On peut avoir un aperçu du nombre de variantes (actives ou pas) d’Angband sur cette page, même si le listing semble s’arrêter vers 2004-2005. J’en ai dénombré une cinquantaine environ.

J’ai connu mon premier Rogue Like avec la version Amiga de Moria. J’ai utilisé FS-UAE pour montrer une version graphique de Moria. On peut la récupérer sur cette page, c’est « Amiga Moria ECS »

Le seul hic, c’est que c’est chiantissime d’avoir un clavier français… Et qu’on meurt avec une régularité de coucou suisse au départ… Méchant voleur 🙁

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Vieux Geek, épisode 13 : La Suite Mozilla 1.0

Et oui, déjà le 13ième épisode de la série. Ne soyons pas superstitieux, ça porte malheur. Enfin, dixit Pierre Desproges.

Hier, 5 juin 2013, les vieux de la vieille ont pu fêter les 11 ans de la Suite Mozilla 1.0. Oui, je parle bien du lointain ancêtre de Mozilla Firefox / Mozilla Thunderbird.

Après plus de 4 ans de travail, suite à la libération du code source de Netscape Communicator 5 (du moins, sa version pré-alpha) le 31 mars 1998, et un redémarrage à zéro à la fin de la même année, la première version de la Suite Mozilla sort.

Pour mémoire, en 2002, la machine de « bonne gamme » était du genre Pentium III (ou équivalent AMD) à 1 Ghz, 128 à 256 Mo de mémoire vive, un disque d’environ 50 à 80 Go. Cf ce support de cours que j’ai pu trouvé via mon ami Google.

Il faut se souvenir que 2002, c’est la fin de la première guerre des navigateurs, qui laisse l’ancien leader Netscape exsangue. En juin 2002, selon les archives de OneStat, la situation est claire : Internet Explorer 4 à 6 : 95% des navigateurs sur la toile. Autant dire que la sortie de la suite Mozilla 1.0 était plus une folie pour nombre de personnes qu’un espoir de rééquilibrer la balance.

Pour les personnes n’ayant pas connu la glorieuse époque de la suite Mozilla, j’ai fait une petite vidéo pour présenter l’engin de l’époque. C’était vraiment une usine à gaz à l’époque, surtout qu’il faut se souvenir que le top du top en France, c’était la connexion en ADSL 512K…

J’ai utilisé une Red Hat Linux 7.3, sorti en mai 2002 avec les paquets RPMs disponible sur le serveur FTP de la Fondation Mozilla.

Bon, ce n’était pas super stable, une sacrée usine à gaz… Cela fait étrange de voir le chemin parcouru depuis !

Vieux geek, épisode 12 : La Mandrake Linux 9.1

J’ai connu les distributions GNU/Linux il y a un certain nombre d’années. Mon premier contact, ce fut en 1997. Cependant, entre 1997 et 2003, les distributions se sont succédées sur le disque dur de mes machines respectives, ne durant dans le meilleur des cas qu’un jour ou deux.

En 2003, j’habite à Neuilly-sur-Bassin, euh, je voulais dire Arcachon, avec ma surpuissante machine de l’époque : Pentium 4 à 2 Ghz, 256 Mo de mémoire vive, et dans les 80 Go de disque. Du moins, si mes souvenirs sont bons, car cela remonte à plus de 10 ans !

A l’époque, j’essaye désespérement de me passer de MS-Windows XP. Les distributions GNU/Linux se succèdent sur mon disque dur. Et en 2003, MandrakeSoft propose la version 9.1 de sa distribution fétiche, Mandrake Linux. Après avoir récupéré les 3 ISOs de l’installation, je les avais gravé sur des CD-RW pour installé l’ensemble. Avec ma ligne 512K à l’époque, je vous laisse imaginer le temps nécessaire pour récupérer les 1,8 Go de données.

Et comme à l’époque je n’étais pas fan de KDE, je m’étais replié sur Gnome, en version 2.2.

Pour les détails techniques, je vous renvoie sur cette dépêche de LinuxFr.

En fouillant le grand nain ternet, j’ai pu trouver un miroir ftp où on peut trouver les ISOs de la Mandrake Linux, jusqu’à l’époque de la toute première, la Mandrake Linux 5.1.

J’ai donc voulu vous montrer ce à quoi ressemblait les distributions GNU/Linux à cette époque préhistorique. Qemu a été mon allié. Pour info, l’alias kvm32 contient la commande suivate : qemu-system-i386 -k fr -m 2048 -soundhw all -vga std --enable-kvm.

J’ai donc créé une image disque virtuelle de 32 Go. Tout en sachant que la distribution Mandrake Linux ne demandait qu’un gros Go installée.


[fred@fredo-arch ISO à tester]$ qemu-img create -f qed disk.img 32G
Formatting 'disk.img', fmt=qed size=34359738368 cluster_size=65536 table_size=0
[fred@fredo-arch ISO à tester]$ kvm32 -hda disk.img -cdrom Mandrake91-cd1-inst.i586.iso -boot order=cd &

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Vieux geek, épisode 11 : l’épopée 3Dfx.

Revenons en décembre 1993 : iD Software donne un grand coup de pied dans la fourmilière en sortant le premier Doom. C’est un titre qui propose presque de la 3D. Car les personnages restent désespérement plat. Même si les titres qui se suivent améliorent plus ou moins le principe (comme les très bons Dark Forces ou le mythique Duke Nukem 3D), les personnages comme les objets restent désespérement plat.

1996 : iD Software frappe de nouveau un grand coup avec Quake premier du nom. Même s’il nécessite un monstre de puissance pour l’époque (un pentium 75 et 8 Mo de mémoire pour être tranquille), il propose un univers véritablement en 3D. La vidéo ci-dessous montre ce que donnait l’une des béta du jeu à l’époque. Autant dire que tout était calculé par l’ordinateur, et que le résultat était plutôt moche. Et qu’il dépendait de la puissance de calcul pur de l’ordinateur.

A la même époque, Intel met la dernière main à ce qui se veut une révolution, les processeurs munit des instructions MMX qui étaient censés donner un coup de fouet aux programmes optimisés pour le dit MMX. Et accessoirement pour vendre plus de processeurs 166 et 200 Mhz à l’époque.

Mais il faut être réaliste, le gain était proche de… zéro. A la même époque, une petite boite du nom de 3Dfx interactive se lance dans un marché juteux : les cartes additionnelles pour le rendu 3D. Elle avait un avantage non négligeable : elle libérait le processeur de calculer le rendu des images accelérées.

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Vieux geek, épisode 10 : Microsoft WinG, l’ancêtre de DirectX…

J’ai eu l’idée de cet article en jetant un oeil sur la fiche d’un jeu sur Steam et d’un étrange copier / coller, , je cite :

OS:Ubuntu 12.04 LTS
Processor:Pentium 4
Memory:512 MB RAM
Graphics:DirectX 9.0c compatible
DirectX®:9.0c

Je voudrais bien voir DirectX® fonctionner sous Linux. Par simple curiosité. A moins que Wine ne le permette ?

Sinon, une image m’est revenu à l’esprit. Un vieux titre des débuts de la vraie 3D sur PC. Avant la sortie de Descent (pour les Shoot’em’up) en 1995 et Quake en 1996, les jeux dits 3D étaient souvent de la 2D trafiquée : Doom et Duke Nukem 3D en sont les parfaits exemples.

A la même époque, un Shoot’em’up en 3D fait son apparition sous MS-DOS, j’ai nommé Terminal Velocity.

Microsoft demandera alors à l’équipe derrière Terminal Velocity de proposer un jeu identique pour promouvoir son système d’exploitation sortant la même année, j’ai nommé MS-Windows 95. Et en attendant la sortie de MS-Windows 95 pour août 1995, Microsoft développe une surcouche qui sera l’ancêtre de DirectX, j’ai nommé WinG.

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Vieux geek, épisode 9 : les partitionneurs de disque…

Cela faisait une petite éternité, enfin depuis octobre 2012, que je n’avais pas rédigé un article « Mémoires d’un vieux geek ». Je vais donc me rattraper 😉

Je vais remonter à la préhistoire des distributions GNU/Linux. Quand j’ai installé ma première distribution GNU/Linux, on avait l’option d’utiliser un système de fichier spécifique, appellé UMSDOS qui permettait d’installer une distribution GNU/Linux (avant le noyau 2.6, sorti en décembre 2003) sans partitionner le disque. Mais la fluidité et la sécurité des données n’était pas vraiment au rendez-vous. Wubi a repris l’idée depuis.

Il restait l’option de partionner le disque. Et dans ce cas, on redimensionnait la partition fat / fat32 des Microsoft Windows 95/98/Millenium pour grapiller de la place.

Mais c’était le genre d’opération qui n’était pas simple à faire. Il a existé deux principaux outils pour redimensionner les partitions, fips et Partition Magic de PowerQuest.

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Vieux geek, épisode 8 : quand les Network Computers étaient l’avenir du PC.

Avec la mode des tablettes tactiles, on parle de nouveau de la fin des PC. En tant que vieux geek, cela m’a parlé. Et m’a fait me souvenir d’une révolution avortée : celle des Network Computer.

Depuis 1981, date du premier PC et 1996, les capacités ont explosées : En l’espace de 15 ans, les processeurs ont vu leur vitesse multipliée par 20 voire 25. La capacité de mémoire vive multipliée par 1000. La capacité de stockage multiplié par 50 à 60. Autant dire qu’aucune industrie n’avait connue une telle croissance. Mais les machines restaient chères. Et en 1996, une toute fraîche nouveauté chamboule tout, c’est l’internet.

Un des grands noms de l’industrie, Oracle s’allie avec IBM, Apple, Sun et quelques autres pour proposer un retour aux sources : un ordinateur le plus simple possible, qui ne fonctionnerait que grâce et au travers du réseau. Et si possible, sans aucune capacité de stockage, en clair, un bête écran avec un clavier et une souris, branché sur un boîtier réduit au strict minimum. Bref, une machine ne fonctionnant qu’en réseau, le Network Computer.

D’ailleurs, en 1995, Larry Ellison, un des porteurs du projet déclare :

A PC is a ridiculous device. What the world really wants is to plug into a wall to get electronic power, and plug in to get data

Ce qu’on peut traduire par :

Un PC est un appareil ridicule. Ce que veut le monde est d’enfoncer une prise dans un mur pour avoir le courant électronique et le brancher pour avoir des données.

Autant dire qu’à l’époque, avec des connexions de tortue rhumatisante à 3 pattes, et d’accès internet payé à la minute, cela ne pouvait être qu’un énorme flop.

Surtout que tous les logiciels étaient stockés à distance, ainsi que les données, dans ce qu’on appelle de nos jours, le cloud. Mais il y a plus de 15 ans, c’était vraiment balbutiant. Et les problèmes dont on parle de nos jours étaient déjà vrai à l’époque, par exemple :

  1. Quel contrôle de mes données à distance ?
  2. Les serveurs seront-ils toujours en fonctionnement dans un, deux ou trois ans ?
  3. Qui me dit que ma connexion n’est pas fliquée, et donc que mes données ne le sont pas ?

Google a essayé de réinventer le Network Computer avec ses Chromebook, sans grand succès. Alors, si on vous dit que les PCs sont en train de mourir, répondez que ce n’est que la énième fois qu’on déclare cela pour des machines nées il y a 30 ans 😉

Vieux geek, épisode 7 : mon honteux secret pour mes débuts sur internet…

J’ai honte de l’avouer, mais mes débuts sur internet, ce fut avec… AOL ! Non, ne fuyez pas. J’ai débuté en 1997. A l’époque les fournisseurs d’accès sont « minoritaires », et on utilisait des Services en Ligne avec accès à Internet. AOL est le plus connu, surtout pour les CD qui envahissaient les boites aux lettres.

Jusqu’à la mise en place d’une campagne au nom parleur « No More AOL CDs ! », qui dura de 2001 à 2007.

Mais pourquoi oublier alors Compuserve ou Infonie ?

Oui, à l’époque, il était habituel de passer par de tels services qui donnait aussi accès à l’internet. Je suis allé par la suite sur feu Club-Internet dès 1998 et découvert le vrai Internet.

Mais à quoi ressemblait AOL en 1997 ? Cette page montre quelques captures d’écran intéressante, la première étant AOL aux alentours de 1997. Je vous conseille les autres, c’est assez brut de décoffrage.

Même s’il est honteux d’avouer qu’on a commencé par ce genre de services, le terme d’AOLamers, dont je ne donnerais pas la définition servait à définir de manière extrème l’utilisateur d’AOL, il vous suffira d’aller voir sur cette page la définition en anglais, il faut dire que c’était monnaie courante pour débuter.

Au point que la comédie romantique de Nora Ephron de 1998, « You’ve Got Mail » fait passer AOL pour internet tout entier.

Cf la bande annonce du film.

Maintenant, qui osera avouer sans honte qu’il ou elle a commencé avec AOL ?

Vieux geek, épisode 6 : les multiples « révolutions » de MS-Windows 95.

Oui, parlons de ce bon vieux Microsoft Windows 95, qui a révolutionné pour beaucoup l’informatique personnelle. Après une réussite longue et périlleuse (7 ans entre Microsoft Windows 1.0 et Microsoft Windows 3.1), Microsoft Windows 95 innove vraiment. Car les personnes qui n’ont pas connu l’informatique avant 1995 ne connaissait pas certaines limites de MS-Dos et Microsoft Window 3.1. Entre autres :

  1. Une interface graphique vraiment imbuvable, limite plus insupportable que Gnome Shell.
  2. Des noms de fichiers limités à 8 caractères plus un point puis une extension sur 3 lettres.
  3. Un multitâche pourri. Oui celui de Microsoft Windows 95 bien que nul avec le recul était meilleur que celui de Microsoft Windows 3.1
  4. On n’utilisait pas encore le bouton droit de la souris
  5. La limitation des disques dur en taille en une seule partition est de 2 Go, corrigé en 1996 avec l’arrivée de Microsoft Windows 95 OSR2 et la Fat32

Août 1995, en utilisant les Rolling Stones, Bill Gates et Steve Ballmer sortent en grande pompe Microsoft Windows 95, de son petit nom technique la version 4.0. Il apporte une nouvelle interface, qui ne bougera pas jusqu’à Microsoft Windows 7 (14 ans plus tard), et surtout apporte une énorme nouveauté : le Menu Démarrer. Aussi on peut avoir des noms de fichiers jusqu’à 255 caractères.

Et surtout, il est censé fonctionner avec un 386DX et 4 Mo de mémoire vive. Un ticket d’entrée plus réaliste étant un 486DX2-66Mhz avec 12 Mo de mémoire vive.

Coté taille installée, ce sera un monstre par rapport à la taille des disques dur à l’époque. Avec la version 95 OSR2.5, on monte à environ 210 Mo !

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Vieux geek, épisode 5 : Ubuntu Dapper Drake, la distribution qui m’a fait arrêter le distro-hopping.

Petite définition : le distro-hopping, c’est l’activité pour un utilisateur de sauter de distribution en distribution jusqu’à trouver la perle rare.

Avril 2006, mon équipement Mac – et oui, j’ai été un utilisateur du coté obscur et fruité de l’informatique – rend l’âme au bout de 14 mois de bons et loyaux services.

C’est alors à l’époque des versions béta de ce qui allait devenir la Ubuntu 6.06 LTS que je l’installe sur un vieux bouzin dont je disais à l’époque : « Encore heureux, j’ai récupéré un vieux PC sous Ubuntu Dapper Drake, mais celui ci est aussi silencieux qu’un Airbus A380 au décollage. » C’était un Pentium 4, avec 512 Mo (ou un Go ?) de mémoire vive, 120 ou 160 Go de disque si mes souvenirs sont bons.

Après un passage très rapide, une semaine sous OpenSuSE 10.1 , je réinstalle la Ubuntu Dapper Drake. Qui me fera migrer sur Ubuntu durant environ 2 ans. Un premier passage sous Archlinux (décembre 2007 à Mars 2008), puis un ultime passage sous Ubuntu (mars 2008 à mai 2009), avant de migrer pour de bon sous Archlinux.

J’avoue que j’ai gardé un souvenir ému de la première version LTS de la distribution proposée par Canonical. J’ai encore le CD en version 32 bits chez moi. Supporté durant 3 ans (sur le bureau) et 5 ans (sur le serveur), elle proposait aux personnes n’ayant pas envie de risquer tous les 6 mois une migration qui aurait pu être « casse-gueule ».

D’ailleurs, à l’époque, la distribution est somme toute assez gourmande. Il est précisé dans le coffret qui est le premier à être proposé uniquement sous la forme d’un liveCD :

System Requirements
To use the Live CD, you must have a PC with at least 256 MB or RAM.
To install Ubuntu, you should have at least 2 GB of disk space.

Je ne me souviens plus trop de la taille des disques dur en 2006, mais ça devait tourner dans les 250 à 300 Go en haut de gamme, non ? 😉

L’équipement logiciel était assez bien développé pour l’époque : OpenOffice.org 2, Mozilla Firefox 1.5, Gnome 2.14.1. Le gros point fort de cette version : un seul et unique média à télécharger. Quelle révolution à l’époque, même si maintenant c’est devenu ultra-banal.

J’ai donc dégainé le CD de la Ubuntu 6.06LTS que j’ai encore dans mes archives, et je l’ai récupéré en utilisant la commande dd :

[fred@fredo-arch ISO à tester]$ dd if=/dev/sr0 of=ubuntu606.iso
1429788+0 enregistrements lus
1429788+0 enregistrements écrits
732051456 octets (732 MB) copiés, 170,114 s, 4,3 MB/s

Et puis, j’ai utilisé qemu-kvm pour relancer ce morceau d’histoire de l’informatique libre.


[fred@fredo-arch ISO à tester]$ qemu-img create -f qed disk.img 32G
Formatting 'disk.img', fmt=qed size=34359738368 cluster_size=65536 table_size=0
[fred@fredo-arch ISO à tester]$ kvm32 -hda disk.img -cdrom ubuntu606.iso -boot order=cd &

kvm32 étant un raccourci pour :

qemu-system-i386 --enable-kvm -m 2048 -k fr -soundhw all -usb

 

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Vieux geek, épisode 4 : MS-Windows, l’arrivée de l’interface « Fisher Price ».

Octobre 2001 : alors que la bulle internet est en plein dégonflage, la crise des « dotcom » commencée en avril 2000 ne trouvera sa fin que 2 ans plus tard), Microsoft sort son nouveau MS-Windows, connu longtemps sous le nom de code de Whistler, à savoir MS-Windows NT 5.1 alias MS-Windows XP.

Basé sur le coeur de MS-Windows NT 5 alias 2000 Pro, c’est le premier MS-Windows grand public utilisant le moteur de la version professionnelle de l’OS de Microsoft. Sorti en février 2000, Microsoft Windows 2000 Pro reprend l’interface de MS-Windows 98 et va partager son environnement sonore avec le peu aimé MS-Windows Millennium.

Ouvrons une parenthèse : J’avais eu le nez creux en achetant dès sa sortie, fin février 2000, MS-Windows 2000 Pro qui avec MS-Windows XP reste mes préférés, enfin, c’est un bien grand mot. Il faut dire que la première installation de MS-Windows 2000 Pro (sur un Celeron 333, 128 Mo de mémoire, et 8 Go de disque) avait dépassé l’age canonique de 6 mois. Fermons cette parenthèse.

Mais ce qui choque le plus avec Microsoft Windows XP, c’est son interface. Elle chamboule énormément de trucs. Outre l’absence du MS-Dos (normal, la même base diffère de l’ancienne branche grand public), elle introduit deux nouveautés : le nouveau menu Démarrer (plus intelligent), et l’interface Luna que certaines personnes appelleront l’interface Fisher Price, car la transition pique les yeux à l’époque.

Pour les personnes n’ayant connues que MS-Windows XP, Vista et 7, voici à quoi ressemblait MS-Windows 98 / Millenium en général :

Et voici pour MS-Windows XP…

On peut aisément imaginer le choc d’une personne qui découvre l’interface Luna : c’est quoi ces gros boutons, ces couleurs plastiques, le menu qui regroupe tout ? Et le panneau de configuration qui oblige à fouiller pour régler quoique ce soit ? 😀

Je sais pas pour vous, mais cela me semble familier comme interrogation. Vous savez, l’arrivée des interfaces nouvelles générations dans le monde libre, le duo (ou duel ?) Unity / Gnome-Shell, et ce qui risque d’arriver pour Microsoft avec son MS-Windows 8…

Vieux geek épisode 3: Ubuntu Warty Warthog alias Ubuntu 4.10.

Nous sommes en octobre 2004. A l’époque, installer une distribution GNU/Linux est encore assez périlleux, mais moins que quelques années auparavant, et largement moins que lors de la première distribution que j’avais installé sur une partition ms-dos (en utilisant la technologie umsdos), une Slackware Linux 2.3 en 1996, fourni sur un CD de feu PC-Team.

C’est alors qu’une personne, du nom de Mark Shuttleworth propose une idée incroyable : prendre une version de Debian GNU/Linux unstable et la stabiliser pour en faire un environnement de bureau utilisable.

A l’époque – ce problème n’étant corrigé qu’en 2006 avec la première version LTS – deux images ISOs sont disponibles. Une pour tester la compatibilité et l’environnement, l’autre pour installer la distribution.

D’ailleurs son nom de code est assez tordant : Warty Warthog, le phacochère couvert de verrues.

A l’époque, RedHat propose la Fedora Core 2, que j’ai un peu utilisé… Même si c’était une horreur sans nom pour gérer les divers dépôts tiers, ne serait-ce pour avoir le support des mp3… 🙁

J’ai pu retrouver la première version installable à cette adresse : http://old-releases.ubuntu.com/releases/4.10/ J’ai donc décidé de l’installer dans une machine virtuelle qemu.


[fred@fredo-arch ISO à tester]$ qemu-img create -f qcow2 disk.img 32G
Formatting 'disk.img', fmt=qcow2 size=34359738368 encryption=off cluster_size=65536 lazy_refcounts=off
[fred@fredo-arch ISO à tester]$ kvm32 -hda disk.img -cdrom warty-release-install-i386.iso -boot order=cd &

kvm32 étant un alias pour :


qemu-system-i386 --enable-kvm -m 2048 -k fr -soundhw all -usb

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Vieux geek épisode 2 : ah les compresseurs de mémoire et autres accélérateurs de téléchargements :P

Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’informatique, c’était en 1989. Ma première machine, un Amstrad CPC 6128 (qui coutait 4000 francs à l’époque, soit en gros 610 €) était un monstre de puissance pour son époque, surtout pour les machines 8 bits : 128 Ko de mémoire vive, des disquettes 3 pouces contenant au maximum 360 Ko sur les deux faces, jusqu’à 27 couleurs en simultané (en codant en assembleur Z80 à un bon niveau) et une logithèque énorme.

J’ai passé une énorme partie des après-midi de mes années lycées à saisir des listings basic de plusieurs pages (plusieurs dizaines quand c’était pour saisir des programmes en langage machines).

Pour les programmes en Basic, je m’amusais à optimiser le code, en virant les commentaires inutiles, voir en compressant les lignes quand c’était possible. Il faut dire qu’un programme en Basic de 20 Ko, c’était énorme.

Déjà à l’époque, on faisait tout pour économiser l’espace pris. Il faut dire que les disquettes 3 pouces étaient assez onéreuses (20 francs pièces, oui 3 €). J’utilisais cet ordinateur de 1989 à 1994. En 1994, j’investis dans un Amiga 1200, puis en début 1995, dans mon premier compatible PC. Un Cyrix 486DX2 à 66 Mhz, 4 Mo de mémoire vive, 400 Mo de disque. Et c’est tout. Pas de carte son, ni de lecteur optique.

A l’époque on achetait des kits multimédias comprenant carte son et CD-Rom. Ma machine fonctionnait alors avec le duo MS-DOS 6.22 et MS Windows 3.1x. Je me souviens même des disquettes de mon exemplaire de Doom (4 disquettes) acheté 150 francs (22,8€) à l’époque.

A l’époque, la mémoire vive est hors de prix, et donc économiser le moindre octet est une priorité. Avec son MS-DOS 6.22, Microsoft propose un outil qu’on appelle memmaker. Il déclare optimiser l’agencement de la mémoire. Mais ce n’est pas le seul. Il existe aussi des outils comme Magnaram de Qemm par exemple ou RamDoubler de Connectix.

J’avoue que j’ai toujours trouvé ce genre d’outils assez inutile. Le seul vrai moyen d’être tranquille, ce n’est pas d’augmenter la mémoire vive ?

Passons quelques années, et voici l’année 1997. J’ouvre un compte sur AOL, qui ne l’a pas fait à l’époque ?, et l’année d’après, j’ai un vrai accès internet avec feu Club-Internet. J’ai alors une connexion de folie… Du 33,6 Kb/s en RTC. C’est à cette époque où l’on payait l’internet à la minute – car les forfaits étaient vite mangés – que sont apparus les accélérateurs de téléchargements.

Ces logiciels qui sont plus de la poudre aux yeux qu’autre chose, même si l’un des plus célèbres existe encore (Download Accelerator Plus pour ne pas le nommer) noie les serveurs de téléchargements sous les requêtes pour fractionner les téléchargements, et donner l’impression que tout va plus vite.

Alors que ce qui n’apporte vraiment une meilleure vitesse, c’est un plus gros débit ! J’ai eu de l’adsl depuis 2002, et j’ai appris une chose : rien ne vaut un meilleur débit pour avoir des téléchargements plus rapide 😀

Et on pourra trafiquer les réglages tous les logiciels nécessitant une connexion à un réseau. On ne pourra améliorer sa vitesse que par une augmentation de la taille du tuyau, et par rien d’autre.