Bien choisir sa distribution GNU/Linux – 2018

Voici la nouvelle version, nécessaire suite à des modifications intervenues entre temps. Cette page complète et rend obsolète la version dite « de 2017 ».

Il m’arrive de recevoir des courriers électroniques qui me demandent : quelle distribution choisir ? Avec 308 distributions indexées encore vivantes, début janvier 2018 sur la bible de l’actualité linuxienne, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin sans avoir de détecteur de métaux pour se simplifier la tâche.

Voici donc une série de cinq commandements pour vous permettre de dégrossir votre recherche. Les listes ci-dessous sont aussi exhaustives que possible.

Premier commandement : Tu n’iras pas au-dela de la première génération descendante des distributions mères.

Par distribution mère, je parle des distributions nées entre 1992 et 2002 et toujours en vie de nos jours. Par ordre alphabétique :

  1. Archlinux (née en 2002)
  2. Debian GNU/Linux (née en 1993)
  3. Gentoo Linux (née en 1999) et sa « jumelle » Funtoo Linux plus simple d’accès par endroit
  4. Red Hat Linux (née en 1994) surtout connue pour son projet communautaire Fedora Linux (né en 2003)
  5. Slackware Linux (née en 1993)
  6. SuSE Linux (née en 1994) surtout connue pour sa dérivée OpenSUSE.

Si on prend leurs descendantes directes les plus connues, cela donne principalement :

  1. Manjaro Linux et les saveurs complémentaires (Openbox et Mate principalement) Tuxnvape.
  2. Ubuntu et ses saveurs officielles : Kubuntu, Xubuntu, Lubuntu, Ubuntu Mate, Ubuntu Kylin
  3. La Calculate Linux
  4. CentOS Linux ou encore la Scientific Linux. Sans oublier l’excellent Viperr.
  5. SalixOS
  6. GeckoLinux pour la OpenSuSE.

Pour la Debian GNU/Linux, je rajouterai des projets comme la DFlinux par exemple. Les rares exemples de distributions « petites-filles » qui valent la peine ? LinuxMint, Emmabuntüs (classique ou en saveur Debian) sont les deux premiers noms qui me viennent à l’esprit.

Nota Bene : La LinuxMint ayant une politique un peu spéciale au niveau de la gestion des mises à jour, cf cet article du 3 août 2016, je vous conseille d’activer toutes les mises à jour disponible par sécurité.

Deuxième commandement : toujours l’original à la copie tu préféreras.

Nombre d’environnements sont portables dans le monde GNU/Linux. Ce qui permet souvent d’avoir un environnement spécifique disponible sur les bases listées ci-dessus. Cependant, il y a un principe à appliquer. Si un environnement est proposée par une distribution, la meilleure expérience qu’on pourra en avoir est sur la dite distribution.

Troisième commandement : les petites communautés, autant que possible tu éviteras.

Il y a beaucoup de distributions qui ont des petites communautés de développeurs et d’utilisateurs. Si cela est plaisant et donne l’impression de faire partie d’une famille, cela a aussi ses inconvénients, en terme de support techniques.

Il y a toujours des exceptions, et je citerais entre autres : Solus Project ou la Void Linux. Ce sont des petites distributions avec des petites communautés, mais elles sont réactives et solides.

Quatrième commandement : les versions améliorées, autant que possible tu éviteras.

Pour des raisons d’ordre légal, certaines technologies ne sont pas préinstallées, car elles sont couvertes par une hérésie du nom de brevets logiciels, l’exemple le plus connu étant le mp3.

Par conséquent, des personnes bien intentionnées proposent des versions complétées des versions officielles. Comme « la route de l’Enfer est pavé de bonnes intentions », on finit par se retrouver parfois avec des distributions tellement lourdes qu’on se demande comment l’ordinateur fait encore pour ne pas succomber à une crise d’asthme au démarrage.

Un exemple ? Oh, l’Updated Ubuntu Mate – qui semble être mort ? – pour ne citer que lui.

Cinquième commandement :
des clés USB et de la virtualisation, tu abuseras.

Nombre d’images ISO téléchargeables sont désormais hybrides. On peut tout aussi bien les écrire sur des clés USB que sur des CD-RW ou des DVD-RW, et l’énorme majorité des distributions proposent des ISOs « live » pour voir l’ensemble en action sur son ordinateur sans prendre aucun risque.

Pour la virtualisation, même si ce n’est pas la panacée, elle permet de se familiariser avec une distribution, ses spécificités, ses outils avant de faire le grand saut ou pas.

Il n’y a aucune recette miracle, mais si cela vous permet de nettoyer un peu les écuries d’Augias du logiciel libre, pourquoi pas ?

Éclaircissements : comme précisé au début de l’article, et demandé dans les commentaires, voici une « catégorisation » en fonction de la difficulté d’installation.

  1. Pour débutant(e)s : la série des Ubuntu, Linux Mint, Emmabuntüs et DFLinux, ou pour les débutants courageux, Manjaro citée aussi dans le point suivant.
  2. Pour les personnes ayant déjà quelques connaissances, et voulant approfondir : Fedora, Viperr, Debian GNU/Linux, CentOS, Manjaro Linux, Calculate Linux, Solus Project et SalixOS
  3. Pour les personnes aimant bidouiller leurs systèmes et n’ayant pas peur de la ligne de commande : Archlinux, Void Linux, Slackware Linux, Gentoo Linux et Funtoo Linux.

Après, c’est à vous de voir.

23 réflexions sur « Bien choisir sa distribution GNU/Linux – 2018 »

  1. Bonjour,
    merci pour cet article : un autre point m’intéresse, peut être mais sans doute connaissez vous.
    C’est la consommation mémoire vive : certains me disent que Ubuntu a tendance à grossir en ce moment.
    Je serais plutôt à la recherche de distri. peu gourmandes.
    Merci Cdlt
    Régis P

      1. Merci. Autre question : derrière un proxy d’entreprise, je ne peux pas faire la procédure d’installation : il ne parvient pas à voir les miroirs. Puis je y remédier ?
        Merci.

  2. Je trouve le classement des distros par l’état des connaissances utilisateur totalement dépassé et pour le moins suggestif.
    Par exemple: vous voulez vous débarrasser de Windows, vous utilisez votre PC pour envoyer/lire vos mails, surfer sur le net, taper 10 courriers par mois (comme 80% des utilisateurs) que vous soyez ingénieur en informatique ou éleveur d’escargots de bourgogne choisissez Ubuntu…..

  3. J’ajouterais une petite correction. Techniquement, les distributions entreprise comme CentOS, Scientific, Oracle ou PUIAS/Springdale ne sont pas des descendants de Red Hat Enterprise Linux. Je parlerais plutôt de clones, étant donné qu’elles visent la compatibilité binaire avec l’original. Johnny Hughes (mainteneur de CentOS) insiste assez régulièrement sur ce point sur la mailing list de CentOS. En simplifiant quelque peu (parce qu’il y a effectivement une série de différences minimes), CentOS est une Red Hat Enterprise sans les logos et sans le support technique de Red Hat.

  4. Bonjour, je voulais savoir à partir de quel niveau je peux installer ArchLinux.
    Personnellement j’ai suivi le cours d’introduction à linux sur OpenClassrooms (https://openclassrooms.com/courses/reprenez-le-controle-a-l-aide-de-linux/) sur Ubuntu et Linux Mint; ensuite j’ai installé Manjaro Linux xfce en apprenant les bases de pacman pour remplacer apt (-S, -R, -Ss, -Syy, …).
    Pensez-vous que j’ai le niveau suffisant pour me plonger dans ArchLinux ?
    Merci 🙂

    1. Bonjour.

      Je pense qu’il faut avoir une bonne année voire 18 mois de Manjaro Linux avant d’attaquer la maison mère. Car la plupart des outils simplificateurs d’Archlinux n’existe pas, en dehors de l’excellent pamac-aur (dont je maintiens la version git).

      Le mieux est de tester Archlinux dans une machine virtuelle VirtualBox le temps de s’acclimater.

          1. Merci beaucoup pour votre réponse 🙂

            Je vais suivre votre série de vidéo sur pacman et ensuite j’essaierai d’installer Arch Linux sur une machine virtuelle

            Continuez comme ça 🙂

  5. Pas de Mageia listé ici. Est-ce à cause des problèmes de sortie de la version 6 ? Elle est une distribution directement descendante de Mandrake (même si elle n’existe plus) avec une communauté importante j’ai l’impression. Elle respecte donc à priori ces commandements :P.
    Quelle sont les raisons qui ont fait qu’elle soit écarté de cette liste ? Parceque sa distibution mère n’existe plus (Mandrake/Mandriva) ?

      1. Pas du tout, ce n’est pas ma petite chérie 😉 Je navigue dans les trois catégories citées. Je n’adhère pas non plus à ce classement basé sur les compétences de l’utilisateur. Au tout début de ma découverte de GNU/Linux, j’avais en effet installé Arch (il suffisait d’avoir un peu de temps et de savoir lire). Celle-ci est restée une de mes distributions préférées : je la trouve très simple grâce à son excellente documentation et à une communauté (mais anglophone) conséquente. Après des années d’utilisation, j’ai viré vers Fedora mais j’utilise aussi Ubuntu. Ne faudrait-il pas faire une petite place aux distributions libres telles que présentées par la Free Software Fundation ?

        1. C’est une forme de classement qui est pratique à appliquer. Ensuite, c’est une vision des choses. QU’aurais-tu à me proposer ?

          Quant aux distributions 100% libre, quand elles seront utilisables sans l’emploi de contournements constants au niveau matériel, on verra. Pour le moment, c’est encore de l’expérimental reservé à des personnes enfermées dans le monde universitaire. Oui, c’est un peu caricatural, mais c’est pas complètement faux.

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