De l’uniformisation des distributions GNU/Linux… L’exemple avec le top 10 de Distrowatch

Après un article très intéressant de Cyrille Borne, j’ai eu envie de montrer pourquoi présenter et tester rapidement des distributions GNU/Linux devient de moins en moins intéressant. J’ai pris le top 10 de Distrowatch (qu’il vaut ce qu’il vaut), et j’ai essayé de prendre des versions KDE SC de chaque membre du top 10, si les versions sont disponibles, aussi bien en version officielles que communautaires.

Pour KDE SC ? Car historiquement, KDE SC – à l’époque KDE – est le premier environnement libre jamais créé en 1997, modulo QT qui ne l’était pas à l’époque qui provoquera la naissance de Gnome en 1998.

Pour mémoire, le top 10 de distrowatch au 2 juin 2013 ressemble à ça :

  1. Linux Mint
  2. Mageia
  3. Ubuntu
  4. Debian GNU/Linux
  5. Fedora Linux
  6. openSUSE
  7. PCLinuxOS
  8. ArchLinux
  9. Manjaro Linux
  10. Puppy Linux

Pour mémoire, il y a 3 distributions basées les paquets Deb (Linux Mint, Ubuntu, Debian GNU/Linux), 4 sur les paquets RPMs (Mageia, Fedora Linux, openSuSE et PCLinuxOS), les 3 restantes étant basées sur des formats de paquets indépendants, quoique j’ai un doute pour la Puppy cependant.

Pour les distributions proposant KDE directement (Mageia, Debian GNU/Linux, Fedora Linux, OpenSuSE, ArchLinux et PCLinuxOS) je n’ai pas eu trop de problème. Cependant il a fallu que je passe par Kubuntu (le pendant communautaire de KDE pour Ubuntu), Manjaro Linux KDE, idem pour la Mint, même si la version 15 n’est pas encore disponible pour KDE SC.

Pour la Puppy Linux, mes recherches n’ont pas été franchement couronnées de succès, mais je ne connais pas trop cette distribution.

Voici donc, dans l’ordre de distrowatch des captures d’écran des différentes versions de KDE, en fonction de la distribution utilisée. Et on peut voir que si on se limite à l’affichage général, les différences sont infimes. Parfois le thème utilisé, les « tripes » ou le lanceur d’application diffèrent. Mais en règle générale, on va de KDE SC 4.8 à KDE SC 4.10.

Linux Mint 14 (la 15 n’est pas encore disponible) : KDE SC 4.9, noyau Linux 3.5

La Mageia 3 : KDE SC 4.10, noyau Linux 3.8

Kubuntu 13.04. J’aurais pu prendre une Ubuntu et lui installer dessus KDE SC, mais j’ai préféré prendre la version communautaire. KDE SC 4.10, noyau Linux 3.8

Debian GNU/Linux 7 (alias Wheezy) : KDE SC 4.8, noyau Linux 3.2

Fedora Linux 18 : KDE SC 4.10, noyau Linux 3.9

openSuSE 12.3 : KDE SC 4.10, noyau Linux 3.7

PCLinuxOS 2013.04 : KDE SC 4.10, noyau Linux 3.2

ArchLinux : KDE SC 4.10, noyau Linux 3.9

Manjaro Linux 0.8.5.2 : KDE SC 4.10, noyau Linux 3.9

Mis à part quelques outils spécifiques, des thèmes qui diffèrent ou le type de paquet employé qui diffèrent, on peut se demander quelles sont les vraies différences ? Sur le top 10, 7 proposent KDE SC 4.10. 5 propose des noyau Linux 3.8 et 3.9.

Donc autant dire que sur le top 10, les différences se joue plus sur des éléments tiers : l’apparence, les outils systèmes, et parfois une partie de la logithèque qui diffère.

Mais si on prend sur l’apparence générale, les distributions du top 10 avec KDE SC se ressemblent toute. J’aurais pu faire la même chose avec Xfce ou Gnome.

L’uniformisation est en route, est-ce un mal ? Non. Cela permet de montrer que le marché des distributions GNU/Linux devient mûr, et que les différences sont plus des questions de sensibilité que purement techniques.

4 réflexions sur « De l’uniformisation des distributions GNU/Linux… L’exemple avec le top 10 de Distrowatch »

  1. KDE ressemble à KDE, merci Captain Obvious… Ce que je veux dire, c’est: est-ce que faire cela 5 ou 10 ans plus tôt aurait-il donné un résultat très différent? Je ne pense pas.

    L’intérêt d’une distribution — au niveau purement technique pour l’utilisateur, sans compter le côté communauté — se situe au niveau du cycle de développement/mises à jour, des outils propres à la distribution/qui changent de distribution en distribution et l’intégration des logiciels.

    Le troisième point, c’est l’identité visuelle, les configurations par défaut, et les rajouts de la distribution (pas grand chose si on exclut les patchs de sécurité).

    Si l’identité visuelle des différentes distributions GNU/Linux pour KDE est peu visible, c’est très différent pour GNOME. En tout cas, tu peux utiliser KDE partout sans trop être dépaysé et c’est une bonne chose. Du coup, ça devient plus une baston celui dont le système seras le plus facile à administrer, ce qui est une bonne chose en soi, mais il y a trop de fragmentation dans ce domaine (Upstart, différents systèmes de paquets…)

    1. L’intérêt d’une distribution — au niveau purement technique pour l’utilisateur, sans compter le côté communauté — se situe au niveau du cycle de développement/mises à jour, des outils propres à la distribution/qui changent de distribution en distribution et l’intégration des logiciels.

      Quel utilisateur s’intéresse au niveau purement technique au premier abord ? Et les outils « simplificateurs » des distributions pour gérer l’ensemble rajoute souvent de la complexité, voire des doublons qui interfèrent entre eux.

      Le troisième point, c’est l’identité visuelle, les configurations par défaut, et les rajouts de la distribution (pas grand chose si on exclut les patchs de sécurité).

      Justement. Si l’ensemble se rationalisait un peu, on pourrait voir qu’un certain nombre de distributions sont de moins en moins justifiables.

      Du coup, ça devient plus une baston celui dont le système seras le plus facile à administrer, ce qui est une bonne chose en soi, mais il y a trop de fragmentation dans ce domaine (Upstart, différents systèmes de paquets…)

      Ce qui rejoint un point déjà abordé : la seule différence est au niveau des tripes, où chaque distribution considère détenir la vérité. Sinon, au niveau le plus visible, c’est du pareil au même. Et on peut arriver tout aussi bien à planter un système à base de RPM qu’à base de deb ou d’autre format de paquet.

  2. Je pense que pour faire la différence entre 2 distribs, il faut regarder l’interface de bureau disponible, la logithèque disponible et la stabilité du système, et enfin ce qui tourne derrière, avec les possibilités de configuration (et évidemment aussi la communauté derrière). Or aujourd’hui, j’ai l’impression que les distribs majeures sont toutes plus ou moins relativement stables (sauf peut-être ubuntu), leur logithèque est plus ou moins équivalente (avec quand même un avantage pour ubuntu), et comme on retrouve les mêmes bureaux, comme tu viens de le montrer, il devient dur de faire un choix.
    Ça peux alors se jouer sur la facilité d’installation, le degré de fraîcheur du système et des dépôts, la personnalisation de l’environnement de bureaux, le fond d’écran par défaut…

    Donc aujourd’hui, pour trouver de l’originalité, il faut se lancer dans les distribs moins connues. Mais comme dans ce cas , il s’agit en général de petites communautés, on ne peut pas avoir à la fois une originalité sur le système et sur l’interface? Du coup, on se retrouve soit avec des distributions avec une interface particulièrement travaillée, comme chrunchbang, mais basée sur une autre grande distribution, soit avec des distributions ayant un système original, mais avec du coup une logithèque un peu plus limitée et une interface quelconque, comme frugalware (qu’il faudrait vraiment que je réussisse à tester).

    Du coup, je pense qu’en cherchant bien dans les tréfonds de distrowatch, tu devrais bien réussir à trouver quelques petites perles à nous présenter.
    Quant à moi, je pense récupérer les fichiers de configs, et les logiciels pré-installés de chrunchbang dont l’interface me plais bien par rapport à GNOME, KDE, etc, puis de les mettre comme interface d’une manjaro, dont j’apprécie le système.

    1. Rien à rajouter à ton commentaire, il résume parfaitement la situation actuelle. Le Top 10 de distrowatch, c’est plus désormais une question de goût et d’outils que de choix purement technique.

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