Virgin et les grandes surfaces culturelles, victime du méchant Internet ? En partie…

Dans un excellent article, Sebastien Musset nous décrit les causes de la chute de Virgin Mégastore :

En gros : le manque d’innovation, ne pas avoir pris le virage internet ni de la vente par correspondance, les capitaux détenus par un fonds spéculatif, le coût artificiellement élevé des galettes plastifiées, la dématérialisation du contenu.

Il faut dire que je suis un grand consommateur de musique, spécialement avec des groupes qui serait introuvables sans internet. Allez demander à un vendeur de ce genre de grande surface culturelle s’ils ont le dernier Amanda Palmer, et vous aurez droit à des yeux exorbités par l’ignorance dans la plupart des cas. Ne parlez pas d’Hope Sandoval, vous ne voudriez pas avoir une tentative de suicide sur les bras, voyons…

Sur les photos suivantes, il y a environ 224 albums. Sachant que j’ai quelque chose comme 480 galettes, le calcul me donne environ 46,67% de ma musicothèque qui n’aurait pas lieu d’être sans Internet… Collection que j’ai constitué depuis le début de l’année 2010, en presque 3 années. Ce qui est énorme, et je pense avoir oublié une demi-douzaine d’albums dans mon recensement…

Petits détails : une grosse moitié, c’est de la musique sous licences Creative Commons, donc la plupart du temps soit 0 € ou en « nommez votre prix ». Sinon, le prix moyen d’acquisition va de 5 à 20 €. Rarement plus, même pour des albums comme celui de Frau qui est désormais épuisé en version physique, cinquième photo, coffret bleu avec écriture dorée.

On peut critiquer internet à tour de bras, lui mettre tout les maux du monde sur le dos. Mais je sais une chose. Sans internet, je serais resté dans les artistes plus ou moins mainstream, ceux qui sont entubés signé par les grandes boites de production de galettes plastifiées. Oui, j’ai une partie des Pink Floyd, des Deep Purple ou encore des Beatles. Mais ce sont des groupes mythiques, après tout !

Ca me ferait mal au cul de ne pas avoir connu – liste non exhaustive – grace aux labels internet ou des sites comme dogmazic, jamendo ou encore bandcamp des groupes et artistes comme Hungry Lucy, Lorraine McCauley & The Borderlands, Hammock, Bryyn, Trojan Horse, Roger Subirana (qui est aussi sur Bandcamp), When The Broken Bow, et tellement d’autres.

D’ailleurs, pour savoir quels ont été mes coups de coeurs et découvrir de la bonne musique, il y a toujours ma page sur Bandcamp. Et y a du beau monde 😉

Internet est un danger pour les grandes surfaces culturelles, car elles permettent à des groupes et artistes de pouvoir sans passer par elles, entre autres :

  1. Se faire connaître sans intermédiaires onéreux
  2. Financer leur albums directement, avec des sites comme PledgeMusic ou encore Kickstarter, et peut-être éviter des financeurs comme MyMajorCompany qui ne semble plus être en odeur de sainteté…
  3. Proposer leurs créations directement à leurs fans, sans tomber dans des prix artificiellement gonflés, car il faut rémunérer des intermédiaires par souvent très rentables. Et surtout être certains de toucher le maximum sur chaque vente.

Pour finir cet article, je citerais un extrait du texte écrit pour le livre « La Bataille Hadopi » par Benjamin Bayard en 2009 :

De la même manière, Internet change très en profondeur la façon dont se diffuse, et donc la façon dont se crée, le savoir. Une bonne façon de résumer ça est de dire que l’imprimerie a permis au peuple de lire, Internet va lui permettre d’écrire.

Remplaçons l’écriture par la musique et le savoir par la culture, et tout s’éclaire d’un jour nouveau, non ?

7 réflexions sur « Virgin et les grandes surfaces culturelles, victime du méchant Internet ? En partie… »

  1. Bonsoir,
    Et sans internet, je n’aurais jamais pu acquérir autant d’albums asiatiques et découvrir de nouveaux horizons musicaux vu le choix ridicule disponible dans les rayons des supermarchés et magasins spécialisés.

    Greg

  2. « spécialement avec des groupes qui serait introuvablse sans internet » => dyslexie, quand tu nous tiens 😉
    Sinon, y’a encore des enseignes « physiques » qui résistent un peu car adossées à de gros groupes (Cultura (Auchan), Espace culturels E.Leclerc, grosses librairies indépendantes ou appartenant à de gros groupes comme Chapitre, etc.).
    Pour la zik, c’est plus dur.
    Mais je connais des gens qui auraient été capables de te répondre sur tes groupes (pas ceux en licence Libre mais ceux peu connus)…

    1. Dyslexie ou dysclavie ? La faute a été corrigée.

      Quant aux enseignes qui résistent encore, ce ne sera que temporaire à mon avis. Car seul les gros albums des artistes « peu connus » comme Amanda Palmer, va donc trouver « Evelyn, Evelyn » par exemple…

      Enfin, quant aux vendeurs cultivés, c’est une denrée de plus en plus rare 😀

      1. Je serais bien placé pour donner un point de vue sans passer par des connaissances « capables de » et pour cause ;)……….Je m’en tiendrais donc à quelque chose de tout à fait personnel.
        Après le fait que d’une certaine manière le virtuel ai pu « nuire » à l’avenir du marché du réel, pourquoi ne serait-ce pas le virtuel qui pourrait venir en aide au réel maintenant. Imaginons Amazon rachetant Virgin Mégastore,projet complètement fou mais pas impossible pour le bien de la culture, de leurs clients mais surtout la sauvegarde des emplois.

        1. Le problème est que le réel n’a pas voulu prendre en compte la révolution de la dématérialisation, et ils se la sont prise en pleine tronche.

          Ensuite, est-ce au virtuel de voler au secours du réel qui a voulu s’accrocher à un modèle en voie de disparition ? Le virtuel « tue » la rareté qui est le fondement du réel. Il est largement plus simple et plus rapide de faire une copie d’une galette plastifiée déjà numérisée que de faire une copie physique de celle ci.

          Pas que je sois content de voir disparaître les disques physiques, mais le problème est que dans les années 1990, le CD roi n’a pas vu arriver sa succession. Et les vendeurs de galettes plastifiées ont cru qu’il pourrait continuer à vendre leur bout de plastic-toc de 12 titres avec à peine 1/4 potable.

          La vente des titres à l’unité, et donc choisir ce qu’on veut acheter a été une autre révolution, difficilement envisageable pour l’économie qui vendait du tout-en-un.

          Dernier point, les artistes savonnettes qui sont désormais ringardisés avant la sortie de la précieuse galette.

  3. Sympa cet article, il a le mérite de reparler de MMC qu’on avait encensé lors du lancement et de la découverte de Grégoire. Mais c’était la partie ensoleillée de l’iceberg. Quant aux autres groupes (inconnus aussi pour ma part), c’est sympa de leur donner un coup de pouce en terme de sEO.. ;-D
    Bonne journée

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