Début de fin de règne pour la distribution Linux reine ?

La sortie de la version 11.10 de la distribution reine a été accompagnée de billets aussi bien positifs que négatifs.

D’ailleurs, il est étonnant de voir qu’aujourd’hui, sur distrowatch, pour la première fois depuis longtemps, ubuntu n’est plus n°1 en terme de pages vues quotidiennement… C’est sa dérivée, Linux Mint qui a pris le dessus, d’une courte tête.

LinuxMint devant ubuntu !

C’est franchement anecdotique, mais c’est quand même intéressant à noter pour mémoire, car cela doit faire pas mal de mois voire d’années que la première marche du podium n’avait pas été modifiée.

Une des sources de mécontentement, c’est Unity. On ne compte plus le nombre de billets qui critiquent vertement unity, parfois de manière assez crue, ou encore des billets pour modifier et adapter unity. Claude Picot en fournit une bonne palanquée pour adapter unity qui n’est pas si personnalisable que cela, du moins sans trifouiller dans les réglages de compiz.

Comme l’a fait plusieurs fois remarqué notre maître en propos acide, Cyrille Borne, dont dans ce billet, que je cite :

« J’ai dit plus d’une fois qu’enterrer Ubuntu pour Unity était une très mauvaise idée car il était idiot de s’arrêter à une interface, c’est aussi montrer quelque part une méconnaissance de l’univers Linux. LordPhoenix qui n’est pas le moins intégriste d’entre nous explique qu’il est de retour sous Ubuntu et qu’il n’est pas sous Unity, il n’est pas le seul, et ils seront de plus en plus nombreux dans son cas. »

J’ai mis en gras le morceau important. Le grand public sait faire la différence entre l’interface utilisateur et le reste de l’OS, c’est bien connu.

De plus, il est vrai que le succès de la dérivée la plus célèbre d’Ubuntu ne propose pas Unity… Et va proposer une version avec Gnome Shell, et l’autre avec Gnome 2 (ou la version « forkée » Mate) avec sa future version 12 qui sortira d’ici la fin du mois.

Et la sortie de poids lourd comme la Fedora Linux 16, l’OpenSuSE 12.1 (elle bouge encore, elle ?), ainsi que la Mint 12 risque de connaître leurs lots de nouveaux arrivants, déçu par Unity ou simplement curieux de voir autre chose. Et donc de faire bouger un peu les lignes.

Je me souviens de l’époque, lointaine, où Mandrake/Mandriva régnait. Elle est maintenant bien moribonde. Je pense que les sorties qui s’annoncent risque de bien faire bouger les lignes. Même si selon un graphique, Ubuntu aurait 34% des parts de marchés des distributions, il ne faut pas oublier l’énorme majorité utilise une autre distribution.

Tout ce qui nait meurt un jour. Et pour le cimetière des distributions linux, la liste est longue, et contient des noms célèbres : Linspire, Xandros pour citer les deux plus célèbres.

Donc, seul l’avenir nous dira si l’année 2011 aura été celle d’un changement comme distribution linux prévue pour l’utilisateur lambda.

9 réflexions sur « Début de fin de règne pour la distribution Linux reine ? »

  1. Je suis assez bon public et toujours enclin à choisir la nouveauté mais il est vrai que Unity m’énerve un peu. Pour moi ça vient surtout du Dash qui est tout simplement raté (celui de Gnome Shell m’a paru plus réussi mais je reconnais avoir peu joué avec). Le dock, lui, me paraît bien fait.

    J’ai quand même l’impression (au vu de ses déclarations récentes) que MS est conscient qu’il est vital de corriger le tir pour la 12.04 (par exemple proposition de mettre Linus dans la boucle, sans doute symbolique mais néanmoins significative), on peut donc espérer qu’ils vont corriger le tir.

    Quand à dire que Mint pourrait supplanter Ubuntu, ce serait oublier que Mint n’existe – pour le moment du moins – que grâce à Ubuntu (tout comme cette dernière n’existe que grâce à Debian). Sous le poste de pilotage en partie à revoir, Ubuntu reste une distribution simple à utiliser et qui marche. Je prendrai juste deux exemple : Xubuntu 11.10 et Fedora 11/XCFE : dans aucune des deux distributions le voisinage réseau marche « out of the box » (et la solution n’apparaît pas juste avec un coup de google, loin de là). A mon avis, c’est largement plus rédhibitoire pour le public cible de Ubuntu que le dash un peu foireux de Unity ou son manque de configurabilité.

    Il est sans doute trop tard (?) mais quel dommage que les deux parties n’aient pas su s’entendre pour nous pondre un mix de Gnome Shell – Unity…

      1. L’équivalent du raccourci ‘Réseau’ dans Nautilus, raccourci qui n’existe pas par défaut dans Thunar (du moins dans les distributions XCFE que j’ai essayé : Xubuntu 11.10 et Fedora 16/XCFE), autrement dit la possibilité de trouver les autres machines du réseau local (Apple, Windows ou Linux) via le navigateur sans aucune manip particulière.

        Depuis la dernière version de XCFE, Thunar inclut nativement cette possibilité mais dans les distributions que j’ai essayé il faut installer des paquets supplémentaires (qq chose comme gvfs-backend si je me souviens bien), encore faut-il savoir lesquels…

  2. > Même si selon un graphique, Ubuntu aurait 34% des parts de marchés des distributions, il ne faut pas oublier l’énorme majorité utilise une autre distribution.

    Oui, mais je pense que la cible de la plupart des distributions qui composent les 66% restant est beaucoup plus saturée (power users) que la cible de Ubuntu (potentiellement tous les Windows users).

  3. > Je me souviens de l’époque, lointaine, où Mandrake/Mandriva régnait.
    > Elle est maintenant bien moribonde.
    >
    Assertion qui a des chances de se vérifier… mais bon en informatique il ne faut préjuger de rien.
    Sinon juste pour préciser que la majeure partie de l’équipe de développement est passée à autre chose, tout en sévissant dans le monde des distributions Linux.
    Ce projet qui pose ses premiers pas sur une base Mandriva (ex-Mandrake/Conectiva), tout comme Mandrake à ses débuts était partie d’une Red-Hat 5.2, va suivre progressivement son propre chemin.
    Cette équipe parfaitement rodée offrait à l’époque une des meilleures alternatives à Ubuntu et ses dérivées.même si celle-ci l’avait détronée dans les charts de Distrowatch.

    Il se peut qu’au vue des derniers évènements que Mageïa ne fasse pas partie des distrib moribondes. Mieux elle vient de dépasser la toute dernière version de Mandriva dans le classement Distrowatch (sur 7 jours, 1 mois et plus surprenant encore sur les 6 derniers mois). Au vu de ces résultats il se peut qu’elle accompagne Linux Mint dans sa quête d’offrir une alternative (crédible ?) à Ubuntu, qui malgré quelques faiblesses passagères reste l’acteur majeur du « marché » des desktops Linux.

    Unity en est à ses premiers balbutiements et l’on peut, sans les passer par les oubliettes, avoir quelques indulgences sur les déceptions citées ça et là…
    Ce que je trouve plus inquiétant c’est qu’il me semble que dans la galaxie Gnome trop de projets se chevauchent : Unity 2D/Metacity/QT, Unity 3D/Compiz/Nux, Gnome3/Gnome-Shell/GTK+ et Gnome2.x/Metacity/GTK+… Dur de s’y retrouver et de prévoir l’avenir. Sans parler de Mate (mais bon lui je pense qu’il a entre autre chose raté le bon train…)

    Comment vont s’y retrouver les développeurs ? Et puis est ce qu’Unity pourra dans 2 ou 3 ans être considérée comme une plateforme Gnome ou bien comme un nouveau Desktop ?

    Au vu de ce caffarnum parfois je me demande si Rasterman ne doit pas se tordre de rire.
    Est il si irréaliste que ça de penser que les EFL et son Desktop Shell – shell encore 😉 – puissent à l’avenir jouer les troubles fêtes dans le domaine du Desktop et du Mobile ? Reste qu’aujourd’hui, et demain, il est illusoire de penser que tante Janine va configurer aussi facilement son bureau sous Enlightenment que sous Gnome.

    Quand aux appli propre à e17 il faudra plutôt compter pendant quelques temps sur celles de Gnome et KDE dans de nombreux cas. Au vu des performances des machines, et en faisant fi de la cohérence est ce réellement pénalisant ?

    Je trouve personnellement cette période très intéressante. Alors qu’il y 12-18 mois on pouvait, au delà des querelles de clocher, penser que le couple Ubuntu/Gnome avait pris une grosse option dans le domaine du Desktop, aujourd’hui il semble que les cartes soient en partie redistribuées. Reste que GnuStep/Etoilé sont toujours hors course. Dommage

  4. Je suis surpris que les alternatives à Ubuntu proposées ne parlent pas quasi pas de Debian. Mint est présenté comme un descendant d’Ubuntu à qui ont aurait ôté la couche qui déplaît. Pourquoi cette approche quand il suffit de partir de la base Debian et de faire un peu de personnalisation pour obtenir ce qu’on cherche ? C’est ce que propose Mint LMDE aux débutants et ce que d’autres peuvent faire directement avec Debian.

    1. Clement Lefebvre lui-même dit que LMDE n’est pas aussi simple et stable que Linux Mint (sans Debian). Le futur de Linux Mint est probablement dans sa version LMDE mais il est encore trop tôt pour la conseiller à des débutants.

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