La popularisation du logiciel libre et open-source est-il bloqué par une forme de « je m’en foutisme » des utilisateurs ?

Le « je m’en foutisme » en question est le plus basique de tous : c’est le « je m’en fous tant que cela fonctionne ». Il a pour origine un manque de curiosité – par manque d’envie et / ou de temps – des utilisateurs pour connaître l’outil qu’il utilise pour telle ou telle tâche. Sans se soucier outre mesure de savoir si un autre outil conviendrait aussi bien sinon mieux.

On peut aussi penser que c’est une application de l’antonomase, qui se définit ainsi :

Une antonomase est une figure de style ou un trope, dans lequel un nom propre ou bien une périphrase énonçant sa qualité essentielle, est utilisé comme nom commun, ou inversement, quand un nom commun est employé pour signifier un nom propre. Certaines antonomases courantes finissent par se lexicaliser et figurent dans les dictionnaires usuels (« une poubelle », « une silhouette », « un don Juan », « un harpagon », « un bordeaux », « le roquefort », « le macadam » etc.).

En informatique personnelle, on peut avoir ce genre d’antonomase :

  • Traitement de texte = Word, même si historiquement, WordPerfect existait avant
  • Tableur = Excel, alors que le premier tableur est né sur Apple 2 en 1979… Un certain Visicalc !
  • Ordinateur = PC, même si le premier IBM PC est né en 1981, et que l’Apple 2 né en 1977, et qu’il a été énormément populaire à l’époque.
  • Système d’exploitation = MS Windows dont la première version sort en 1985, soit 2 ans après l’OS graphique pour Lisa d’Apple, et qui n’a eu vraiment de succès qu’avec sa version 3.1 en 1992…
  • Navigateur Internet = le bête E bleu sur le bureau, même si c’est largement moins vrai depuis quelques temps
  • Retouche photo = Adobe Photoshop, même si c’est une usine à gaz pour la plupart des utilisateurs, mais avec le cousin qui sait comment faire pour rendre éternel le logiciel…
  • Messagerie instantanée = MSN / Windows Live Messenger, même si ICQ l’a largement devancé…

C’est bien connu, il faut Photoshop pour enlever des yeux rouges et Word pour taper une lettre tous les 6 mois ; faire connaitre des alternatives mieux adaptées aux besoins de l’utilisateur lambda (et non de la Madame Michu qui représentent une trentaine de personnes en France métropolitaine, dixit les pages-blanches) est limite mission impossible.

Dans l’association où je travaille, au moins une fois par semaine on me demande : il est où mon internet, traduction : elle est où la bête icone en E bleu qui permet d’accéder à internet ?

Et faire comprendre qu’il peut exister d’autre outils pour la même fonction, cela déconcerte parfois l’utilisateur.

Tant que l’on ne fera pas sauter les antonomases que j’ai cité au dessus, la copie illicite de logiciels aura de beaux jours devant elles… Et la création de marché captif comme en Europe et dans les pays « occidentaux » en général. Et comme disait Bill Gates sur le piratage logiciel en Chine continentale en 1998 :

« As long as they are going to steal it, we want them to steal ours. They’ll get sort of addicted, and then we’ll somehow figure out how to collect sometime in the next decade. »

Ce qui donne traduit :

« Aussi longtemps qu’il les [NDT : les logiciels] volent, on veut qu’ils volent les notres. Ils deviendront alors en quelque sorte dépendant, et on verra bien comment récolter [de l’argent] durant la décénnie à venir. »

11 réflexions sur « La popularisation du logiciel libre et open-source est-il bloqué par une forme de « je m’en foutisme » des utilisateurs ? »

  1. Une interrogation à deux balles… Si ce m’en foutisme n’était que l’expression d’une insuffisante écoute mais surtout intégration des utilisateurs dans les décisions des projets libres ou open source ?

  2. 95% des utilisateurs de pc s’en foutent de l’informatique.
    4% prennent apple par snobisme/élitisme.
    1% sont sous linux.

    Les 95% qui ont rien choisi se contentent de ce qu’on leur donne : un windows
    Laisser le choix de l’OS aux gens est complètement débile, parce que 95% des gens ne savent pas qu’il y a un choix.
    Ensuite, même si 10% de ces 95% apprennent qu’il y a un choix, ils regarderont un peu linux, trouveront que c’est compliqué et restent sur windows.

    Une preuve que windows restera encore longtemps à 95% de part de marché ?
    Il a fallu 10 ans pour qu’un simple navigateur égratigne internet explorer.
    De la à ce que linux dépasse les 5%, ça sera pas avant 20 ans et je suis très très optimiste.

    En même temps, je m’en fous que les gens soient cons et utilisent de la merde, tant qu’ils me la font pas bouffer, qu’ils continuent dans leur coin.

    1. Hmmm… Je m’en voudrais de lancer un troll, vraiment.
      J’ai utilisé Linux pendant des années, et en tant que système exclusif. Et je viens de m’acheter un MacBook Pro après avoir bossé six mois sous Apple. Je suis toujours un fervent défenseur de l’OSS (qui existe aussi sous Apple, et qui est sa base par ailleurs, et auxquels Apple contribue un peu), et je ne me sens pas défini par les notions d’élitisme et de snobisme.
      Je contribue a mon échelle a l’Open Source (que ce soit au niveau de la programmation, de la propagation, de l’écriture de docs, et même de l’évangélisation 🙂 )
      Sans offense, l’élitisme est parfois du coté de certains linuxiens droits dans leur bottes qui seraient bien malheureux que tout le monde utilise leur système.
      Quote:
      « En même temps, je m’en fous que les gens soient cons et utilisent de la merde, tant qu’ils me la font pas bouffer, qu’ils continuent dans leur coin. »

  3. Tiens, je vais raconter une petite histoire très troll.

    Un mec bobo parisien qui travaille dans le web sur paris, il a un mac.
    Un jour le pc sous windows de sa mère est complètement infesté de virus, alors il installe ubuntu.
    Sa mère utilise un navigateur, un éditeur de texte, un tableur, puis surtout, elle connecte son APN et regarde ses photos sur le pc.
    Et la, le bas blesse, selon lui, les programmes de visionnage de photos sont « non intuitifs » et « anti ergonomiques » donc déduit qu’elle doit s’acheter un mac parce que ces programmes sont mieux sous mac.

    C’est la ou je lol.
    Parce que c’est bien connu que pour visionner des photos faut :
    – dépenser au moins 1000 euros
    – un quad core
    – 3Go de ram
    – un super OS de la mort qui tue

    Si son fils était sous windows, il lui aurait installé un windows pirate avec photoshop pirate (wè, c’est bien connu, photoshop est un très bon visionneur de photos de vacances). ça aurait rien couté, mais il serait dans l’illégalité.

    Si son fils était sous linux, il lui aurait appris à utiliser les nouveaux programmes de visionnages de photos. ça lui aurait rien couté et il serait dans la légalité.

    ‘fin voila, tous ça pour dire que les gens font n’importe quoi et choisissent rarement la meilleurs solution, mais c’est pas une raison pour les en empêcher.

    Moi je suis sous ubuntu et je suis très content que des gens achètent des produits apple parce que grâce à eux, depuis 5 ans, je me suis fait des couilles en or.
    http://www.boursorama.com/graphiques/graphique_histo.phtml?form=OUI&mo=0&code=US0378331005&choix_bourse_graf=exchange%3A103&tc=3&duree=60&pe=0&te=0&grap=AFFICHER&is=2&mm1=50&mm2=&mm3=&comp=0&indiceComp=1&codeComp=&choix_bourseComp=exchange%3A103&i1=1&i2=0&i3=0&st=6

  4. @Philippe : « Une interrogation à deux balles… Si ce m’en foutisme n’était que l’expression d’une insuffisante écoute mais surtout intégration des utilisateurs dans les décisions des projets libres ou open source ? »
    Et encore, deux balles c’est trop cher payé 🙂
    Toujours la même litanie.
    Parce qu’il est bien connu et établi que dans le monde du propriétaire l’utilisateur final est écouté et ses moindres désirs et besoins comblés illico.
    Ms. Office Word est un modèle d’ergonomie ? les barres d’outils sont une réussite ? la modification des macros sont enfantines ?
    Vista ou Seven sont conçus pour tourner sur des machines abordables par tout un chacun et cela sur la planète entière ?
    Etc. etc. et je pourrais multiplier les exemples.
    Alors, tout n’est pas rose dans le libre ou l’open, c’est un fait. Mais à quoi bon répondre par des litanies à tes litanies, d’autant que tu connais parfaitement les possibles solutions 😉

  5. Moi le premier, si je sais que des alternatives libres existent au propriétaire (et j’utilise bon nombre de softs libres), je le clame bien haut : pour certains points, je m’en FOUS.

    -Je vois pas pourquoi je me ferai ch… avec du Linux, alors que mon Windows installé me suffit amplement et fait tourner mes applis.
    -Je vois pas pourquoi sur ma machine pro au boulot, je me ferai ch… avec Gimp, alors que tous mes collègues ou partenaires pros utilisent Photoshop.
    -Installer 50 000 distrib’s ? J’ai pas le temps pour ça et ça me pompe l’air.
    -Avoir 5 navigateurs libres ? M’en fous, 1 seul me suffit !
    -On me dit d’installer Openoffice… et après, il faut encore migrer à Libreoffice parce qu’Openoffice, c’est pas bien maintenant ? Mais je m’en FOUS, pour mes trois courriers à l’année, Open me suffit largement.

    Peut-être que ça t’intéresse d’installer et de tester des applis ou des OS à tire-larigot, moi ça m’emmerde, c’est une perte de temps. C’est ce que je fais avec mon OS qui m’intéresse, pas l’OS en lui-même. Une fois que c’est installé, que ça fonctionne bien et que ça me convient, j’y touche plus, ça ne m’intéresse pas, je m’en FOUS.

    Autres exemples :
    -y a un meilleur FTP que Filezilla ? Je m’en fous, il me convient.
    -Y a mieux que Firefox ? M’en fous, il ne me prend pas la tête, fonctionne bien, répond à mes besoins, se met à jour tout seul et me casse pas les couilles.

    Par exemple, sur mon ordi ou mon iPod, je veux juste pouvoir surfer et faire tourner mes qq applis, m’occuper de ce qui m’intéresse, et c’est tout. Je sais que mon iPod est proprio, et je m’en FOUS : ça marche super bien.

    Pourquoi vouloir forcer les gens à utiliser du libre si le proprio leur convient ? Ça te plairait que les gens viennent te casser les couilles en te disant « le proprio, c’est mieux que le libre ? »

      1. Tu peux autant n’avoir que tes yeux pour pleurer avec un logiciel libre, il suffit qu’il disparaisse et que personne ne le reprenne, et la situation serait la même.

        1. A une différence prêt : les formats ouverts qui sont souvent la norme dans le logiciel libre. Mais si tu aimes tes logiciels propriétaires et leur format non ouverts, libre à toi.

          Nous resterons chacun dans notre « forteresse ». En 22 ans d’informatique personnelle, j’ai suffisamment perdu de données dans des formats non ouverts pour les fuir comme la peste.

          Cordialement,

          1. J’ai jamais dit que je préférais les softs propriétaires et les formats non ouverts.

            Et un format de fichier libre ne sera pas pour autant systématiquement repris.

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