Gnome-Shell et Unity : vers un rejet partiel – inconscient – des deux nouveaux shells ?

Quand on change de paradigme au niveau de l’interface utilisateur, la première réaction de masse, c’est un rejet de la nouveauté. Même si l’acceptation augmente au fil des versions.

Pour comparaison, cela me fait penser au bond ergonomique entre MS-Windows 3.1x et MS-Windows 4.0, plus connu sous le nom de MS-Windows 95. Car l’interface était entièrement repensée à l’époque, même si allègrement pompée sur le Finder du MacOS d’Apple.

Dans un article écrit il y a environ 1 mois j’abordais rapidement cette question.

Certaines personnes – et c’est respectable – préféraient l’ancienne disposition de Gnome et ont du mal à s’adapter à un bureau vide, sans icone sur le fond, ou comme dans le cas du « clone » Unity (Le premier Gnome Shell en préversion date de l’époque de Gnome 2.28, soit septembre 2009)  avec une simple barre d’applications fréquemment utilisées.

J’ai constaté la présence de deux billets qui sont proches, l’un de François Tessier pour Gnome Shell, et son adaptation par Clapico pour Unity.

Cela démontre que les changements trop importants, comme la disparition d’une barre des tâches, celle des icones sur le bureau, ou pire (et j’avoue que j’ai utilisé gnome-tweak-tool pour contourner cette option) la disparition du bouton de minimisation des fenêtres.

Cependant, cela fait plus d’un mois que j’utilise Gnome Shell, et je me suis fait à son ergonomie, bien qu’elle soit un peu « étrange au début ». Cependant, vouloir à tout prix conserver une barre de tâches dans un environnement comme Gnome-Shell ou Unity, ce n’est pas une bonne idée, car les dits environnements ont été pensés pour ne pas utiliser celle-ci.

J’avoue que le alt-tab est souvent plus pratique pour jongler rapidement. Et cela permet de lacher un peu la souris. Pour une personne qui, comme moi, n’a eu la souris qu’au bout de 5 ans d’informatique personnelle – et j’ai bientôt 22 ans au compteur – utiliser le clavier pour certains choix au niveau interface utilisateur ne me dérange pas.

Maintenant, chacun voit midi à sa porte. Il y a suffisamment de choix dans le domaine des environnements de bureaux et des gestionnaires de fenêtres dans le monde du logiciel libre pour que chaque personne trouve son bonheur.

Je suis heureux avec Gnome-Shell. Peut-être que dans un an, je serais sous un autre environnement de bureau ou un autre gestionnaire de fenêtre. Seul l’avenir le dira 😀

11 réflexions sur « Gnome-Shell et Unity : vers un rejet partiel – inconscient – des deux nouveaux shells ? »

  1. Complètement d’accord avec toi sur le fait que ces environnements ont été faits pour être utilisés sans barre de tache et même si j’en parle, je l’ai retiré de mon bureau. Mes billets concernant Unity ont pour seul but de rassurer les utilisateurs qui ayant perdu leurs repères se posent des questions sur ces nouveautés.
    Amicalement
    Claude
    PS : merci pour le lien

  2. Je crois que le vrai problème n’est pas tant le changement d’interface, mais le fait que ce changement soit obligatoire à plus ou moins court terme.

    Personnellement, même si c’est triste à dire du haut de mes 22 ans, je n’ai plus ni l’envie ni le temps de tout réapprendre. GNOME 2.32 répond parfaitement à mes besoins malgré quelques bugs sans réelle gravité et je souhaiterai rester dessus durant les prochaines années. Malheureusement, les distributions ne me donnent pas le choix : d’ici 6 mois GNOME 3 sera obligatoire.

    On m’aurait laissé ce choix, avec une installation propre des versions 2 et 3 en parallèle, j’aurai tranquillement continué à utiliser GNOME 2 en jetant de temps en temps un œil à GNOME 3. Et avec le temps, j’aurai sûrement fini par faire le grand saut. Mais là, je sens surtout que je vais passer à XFCE. Dommage :'(

    1. Je comprends ton point de vue.

      Malheureusement, les distributions ne me donnent pas le choix : d’ici 6 mois GNOME 3 sera obligatoire.

      Je ferais mon Cyrille Borne, utilise une distribution comme Debian, et Gnome 2 sera encore disponible.

      On m’aurait laissé ce choix, avec une installation propre des versions 2 et 3 en parallèle, j’aurai tranquillement continué à utiliser GNOME 2 en jetant de temps en temps un œil à GNOME 3. Et avec le temps, j’aurai sûrement fini par faire le grand saut. Mais là, je sens surtout que je vais passer à XFCE. Dommage :’(

      Le problème est que Gnome2 n’évoluait plus. Et qu’il a fini par devenir une branche morte et difficile à maintenir.

      Xfce est un bon environnement. A toi de voir s’il te convient ou pas. Je me cite :

      « Il y a suffisamment de choix dans le domaine des environnements de bureaux et des gestionnaires de fenêtres dans le monde du logiciel libre pour que chaque personne trouve son bonheur. »

    2. > Mais là, je sens surtout que je vais passer à XFCE
      >
      Reste une autre solution : ignare – comme moi – ou moins ignare unissons nous pour recréer à travers des modules pour Gnome3 tous les éléments que nous regrettons de l’ancienne IHM de Gnome2 :
      – la barre des tâches,
      – la barre de menus (avec son indispensable menu hiérarchique des applications classées par thème) avec la possibilité d’y rajouter les raccourcis de nos applications favorites comme bon il nous semble,
      mais aussi d’y inclure d’autres fonctionnalités que nous avions appréciées dans d’autres environnements comme par exemple le Dock et les Clips de WindowMaker.

      Ainsi chacun pourrait construire à sa guise son propre Bureau autour d’une même techno en l’occurence GTK et non subir celui que certains veulent nous voir utiliser.

      nota 1 :
      il y a quelques années j’avais été déçu d’une remarque terrible de Linus TORVALD concernant son appréciation de Gnome, mais c’est à se demander si autant chez Gnome Fundation que chez Canonical ils ne font pas tout pour que ce label les marque définitivement.

      nota 2 :
      Les libs sur lesquelles reposent XFCE n’évolueront plus ni même ne seront maintenus très longtemps ce qui va à moyen terme provoquer un risque d’obsolescence du projet. Et il est peu probable qu’XFCE envisage un portage sous GTK 3. A partir de là est ce qu’un abandon de Gnome au profit de XFCE n’est il pas une solution transitoire ?

      1. @Aduartico, quelques liens concernant la prochaine version de Xfce :

        – L’annonce sur le forum : http://forum.xfce.org/viewtopic.php?id=5758

        About Gtk+ 3.0 and compilation with GSEAL

        As discussed on the xfce4-dev mailing list; Xfce 4.10 will depend on Gtk+ 2.20 and won’t be ported to Gtk+ 3.0 until after the 4.10 release. Reason for this is that both Gtk+ 3.0 is not fully stable when 4.10 entered the development stage and because in 4.8 the porting to GIO/libxfce4ui/polkit/consolekit took more time then expected, so this this release is all about polishing and focus on what matters to users.

        This means it is not required to support compilation with GSEAL; simply because the public functions are not complete in Gtk+ 2.20 and not required to make Xfce work with newer Gtk+ 2 versions.

        Réf.

        Le cycle de développement du projet Xfce : http://www.xfce.org/about/releasemodel

  3. Complètement d’accord avec toi aussi. J’en parle d’ailleurs dans mon billet : « […] cette barre ne court-circuite-t-elle pas tout le principe de l’interface GNOME Shell? ». Après quelques jours de test de tint2, j’ai aussi choisi de l’enlever. Elle est certes très pratique mais une fois installée, on n’utilise plus du tout le principe de Gnome-Shell. Du coup, l’interface perd tout son intérêt (donc autant revenir à une interface desktop classique). En revanche, le billet était plus pour ceux qui ne se sentaient pas encore de plonger directement dans Gnome Shell et qui voulaient éventuellement une période de transition avec un environnement qui ne soit pas trop éloigné de ce qu’ils connaissaient déjà.

    PS : Merci aussi pour le lien 😉

  4. Bonjour à tous,
    Pourquoi parler de rejet ? C’est comme jeter le bébé avec l’eau du bain.
    Que se soit le Gnome Shell ou Unity, ces deux interfaces sont toutes jeunes, à peine ébavurées. Elles n’ont clairement pas atteint la maturation de leurs aînées et c’est normal.
    Alors pourquoi ne pas reconnaître aussi qu’il leur faut encore progresser ?
    Pour reprendre l’exemple de la barre de tâche, celle-ci permet, et sans même toucher le clavier ou la souris, de retrouver ses fenêtres actives. Je ne vois pas en quoi l’avoir supprimé représente un progrès quelconque.
    Par contre, je veux bien reconnaître qu’une barre de tache soit un handicap dans le cas de tablette, netbook ou de smartphone vu la taille réduite des écrans de ces appareils. Qu’on veuille s’en débarrasser dans un soucis d’homogénéité visant à n’avoir qu’une seule interface à maintenir, je le comprends aussi.
    Mais à raisonner ainsi, on réduit l’ergonomie de ces interfaces au plus petit dénominateur commun.
    Imaginez un peu, ce qui se serait passé, à l’aube de l’informatique, avec les PC si on avait voulu rendre leurs interfaces utilisateurs compatibles avec celles des calculatrices: on en serait réduit à utiliser des claviers numériques…
    Alors comprenez que le rejet n’est pas dû uniquement à la nouveauté mais qu’il peut-être dû aussi à un refus de voir se dégrader l’ergonomie et la convivialité d’une interface.
    Néanmoins, je reste confiant dans l’avenir en espérant voir se gommer tous ces petits défauts de jeunesse.

    1. Je suis d’accord avec votre commentaire, sauf sur un point précis, la dégradation de l’ergonomie.

      Peut-on dire qu’une ergonomie se dégrade alors qu’elle « abandonne » un élément clairement non prévu pour elle, comme c’est le cas ici, la barre des taches.

      Pour moi, il y a deux erreurs dans Unity.

      La première : vouloir se la jouer cavalier seul. Car pour le moment, sur les distributions sorties en ce second trimestre 2011, Unity ne propose pas le nouveau gnome (au moins, son coté « interne »), mais reste accroché à un gnome en fin de course.

      Deuxième erreur : rester avec Compiz. Pour moi, cette surcouche de composition est devenue au fil du temps plus une source de bling-bling que de réel gain ergonomique. Et demander l’utilisation de pilotes non-libres pour l’affichage, car utiliser Compiz avec NouVeau, cela tient du pari fou.

      Il est vrai qu’avec Unity ou gnome Shell, on ne peut plus se la « péter » avec le beau cube.

      Mais ce sont des interfaces qui ont été prévue pour être fonctionnelle tout en restant belle. Et surtout, en évitant de se distraire avec des « zolis effets » qui n’apportent rien au final.

      J’avoue que je suis presque plus « productif » avec un gnome-shell qu’avec l’interface classique de Gnome, car il y a moins de sources de distraction disponible. Et c’est agréable.

  5. Je n’aime vraiment pas Gnome3, qui m’a poussé à migrer vers Xfce, cependant j’ai plutôt bien accueilli Unity. Certes il n’y a plus de barre des tâches, mais les icônes affichent une petite flèche pour indiquer que l’application est en train de tourner ou non.

    Mon utilisation d’une barre des tâches ne consiste pas à switcher entre les fenêtres, mais plutôt à voir ce qui est ouvert, et être averti quand on m’écrit un message sur Gajim (le bouton de la fenêtre clignote). Donc m’enlever ça c’est m’amputer un membre. Retourner à une utilisation monotâche (gracieusement remise au goût du jour par iPhone/Android/iPad), se concentrer uniquement sur ce qui est devant nos yeux.

    J’ai failli installer Ubuntu 11.04 comme OS principal pour profiter de Unity, mais je n’ai pas réussi à cause d’un problème avec mes volumes LVM… je suis donc resté sur la Fedo15+Xfce, mais je reessaierai probablement plus tard.

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