Deux tendances lourdes pour les distributions linux ?

J’ai traité un sacré paquet de distributions linux, qu’elles soient basées sur des paquets rpms, deb, des distributions « sources ». Même si cela m’a été parfois reproché vertement.

Et depuis tout ce temps, j’ai vu apparaître des « standards » :

  • Distributions à cycle semestriel
  • Distributions proposant des liveCDs

Bien entendu, il y a toujours eu des contre-exemples, comme la vénérable Slackware Linux (dont la deuxième release candidate pour sa version 13.1 vient de pointer le bout de ses octets), ou encore les rollings releases que sont ArchLinux et Frugalware Linux, même avec l’existence de projets comme Chakra Linux.

OpenSuSE a un cycle plus long, se limitant à une sortie majeure par an.

Or, les deux tendances commencent à être égratignées, par deux tendances opposées, bien que minoritaire actuellement :

  • Distributions n’hésitant à bousculer la date de sortie pour un « when it’s ready » pour éviter des bugs ennuyeux au dernier moment
  • Distributions proposant des liveDVDs / clé USB

Pour le « when it’s ready », le nom de Debian GNU/Linux vient aisément à l’esprit. Mais aussi de la Fedora Linux, dont le date de publication a été repoussée plusieurs fois, dernièrement pour un bug assez ennuyeux, car il bloquait d’une certaine manière le double-démarrage avec un MS-Windows

Pas un énorme bug, mais le genre de bug qui peuvent ruiner la réputation d’une distribution.

D’ailleurs, nombre de logiciels libres appliquent cette politique du « when it’s ready », dont un célèbre navigateur internet 😉

La deuxième tendance se justifie par la gourmandise croissante des logiciels en place. Pour respecter la « sacro-sainte » limite des 700 Mo, on est obligé de faire la croix souvent sur des logiciels phare comme Gimp, ou encore OpenOffice.org.

Or, la publication récente de Linux Mint 9 propose une version en liveDVD qui contient des logiciels comme VLC et OpenOffice.org (assez indispensable de nos jours une suite bureautique) en complément de la version classique.

Dans un autre domaine, la distribution KISS propose une image ISO qui peut aussi bien être mise sur un CDRom que sur une clé USB.

D’ailleurs, il suffit d’aller de temps à autres sur QuebecOS ou distrowatch pour voir la place croissante prise par les distributions qui proposent des images USB / DVD live pour se faire connaitre.

Ce sont – à mon avis – deux tendances qui finiront par devenir majoritaire dans les années qui viennent. Car 6 mois, c’est déjà court pour stabiliser une distribution, et rester dans le cadre du format CD coté taille obligera constamment soit à augmenter le niveau de compression, en utilisant des outils comme xz soit à faire des sacrifices plus ou moins bien compris par les utilisateurs.

14 réflexions sur « Deux tendances lourdes pour les distributions linux ? »

  1. j’espère surtout qu’on essaiera de faire abandonner aux gens le support optique pour proposer des images facilement installables depuis des supports usb non jetables.

    1. Attention au temps que cela prend ! Mettre une image d’ubuntu sur une clé usb est assez rapide, par contre pour un dvd d’installation c’est vraiment long (2 heures minimum chez moi). En attendant l’avènement de l’usb3 je préfère en rester à mes fidèles dvd réinscriptibles.

  2. Le souci avec « when it’s ready », c’est qu’on perd le gain de productivité l’approche de la deadline imminente!
    Il faut quand même fixer des objectifs datés.

    Ensuite on ne peut pas comparer le développement logiciel type firefox à une distribution linux, avoir un repère annuel ou semestriel pour l’habitué c’est super.

    Une question me vient à l’esprit: pourquoi ne pas faire une évolution constante d’une distribution, sans passer par un système de release? On peut quasiment tout updater (logiciels/noyau/modules), convertir des systèmes de fichiers etc…

    On installe un snapshot à l’instant T et il suit l’évolution « live » du développement de la distribution. A moins que ça n’existe déjà, serait-ce une 3ème tendance?

      1. C’est ce que je voulais suggérer dans ma question, pour moi les rolling release ont un meilleur avenir que les deux tendances que tu cites.

        Après je tourne sur mandriva depuis la 2008.0 sur mon portable et j’ai jamais réinstallé, tout passe par les updates (aujourd’hui en 2010.0).

        J’ai pas testé suffisamment longtemps les autres distrib mais je pense qu’elles offrent des services similaires. Après y’a toujours des grincheux qui plantent systématiquement et symptomatiquement leur OS après une update…

        En tout cas sympa l’article et sympa les autres commentaires, ça sort du traditionnel concours de troll 🙂

  3. @Paul : En effet, c’est le principe d’une rolling release.

    Pour n’en citer qu’une : Archlinux. Installée il y a 4 ans, je n’ai jamais eu à changer/réinstaller/reconfigurer quoi que ce soit.

    Ce gros avantage des « rolling release » sur les autres peut être modéré par l’évolution des distributions à cycles (comme Ubuntu) qui proposent une mise à niveau vers la nouvelle version sans avoir à réinstaller. Une rolling release cubique quoi … tu reste à plat pendant un moment, mais tu peux « rouler » ton bloc de pierre tous les 6 mois, ce qui implique de gros changements.
    Je n’ai jamais eu de problèmes au moment d’upgrader ma distribution (Ubuntu) vers la nouvelle version (malgré le fait que visiblement, de nombreux utilisateurs se heurtent à certains problèmes).

    Avantage et inconvénient des rollings releases :
    – Tu as toujours les dernieres version des logiciels que tu utilise. Ce qui implique qu’ils sont plus évolués, mais également qu’ils sont testés moins longtemps avant de t’être proposés à la mise à jour.
    – Pour l’utilisateur, il peut être « excitant » (je sais, le terme est un peu fort) d’attendre sa release semestrielle car de nombreuses évolutions sont proposées, et toutes arrivent en même temps. C’est un peu comme un nouveau jouet que l’on est pressé de découvrir.

  4. Le cycle de distribution tous les six mois a pour moi plusieurs inconvénients :
    – c’est peu être un peu trop fréquent pour beaucoup d’utilisateurs ;
    – se caler sur les sorties de Gnome ou de KDE (également tous les six mois), cela oblige à intégrer dans l’urgence une nouvelle version de l’environnement de bureau ; 1 ou 2 mois de recul permettrait d’assurer une meilleure intégration et de faire remonter efficacement les problèmes rencontrés.
    – « le gain de productivité à l’approche de la deadline » cela ressemble malheureusement plus souvent à l’application de patch foireux parce qu’on a pas le temps de réellement corriger le problème ni de faire remonter upstream…

    1. Toutes les distributions ne « patchent » pas à tours de bras, un bon exemple, la Slackware. Une version stable est proposée, quand, la version « current » est jugée suffisamment stable, c’est à dire, le temps, qu’il faut, il n’y a pas de deadline, et c’est très bien ainsi.

    2. « se caler sur les sorties de Gnome ou de KDE (également tous les six mois), cela oblige à intégrer dans l’urgence une nouvelle version de l’environnement de bureau ; 1 ou 2 mois de recul permettrait d’assurer une meilleure intégration et de faire remonter efficacement les problèmes rencontrés. »

      Ça n’a rien à voir avec le rythme de 6 mois :
      1) Rien n’empêche de sortir une distribution semestrielle 2 mois après la sortie de Gnome/KDE.
      2) Une distribution annuelle n’évite pas « mécaniquement » ce problème, il faut aussi qu’elle prenne soin de se décaler par rapport à la sortie de Gnome/KDE.

  5. Le problème restera de trouver des machines qui démarre sur une clé USB. Quoique depuis une grosse demi-douzaine d’années, 99% des Bios acceptent cette option.

    En fait – lorsqu’on a affaire à du « vieux matériel » et du « très vieux matériel » dont le bios ne boot pas sur l’usb on dispose en général d’un lecteur disquette.
    Dans ce cas on peut très amorcer le boot sur l’usb avec une disquette sur laquelle on installe http://www.plop.at/en/bootmanager.html (c’est un freeware donc pas du libre mais ça dépanne bien)

  6. Tout cela est une question de goût et de temps. Pour une fois, je n’ai pas mis à jour mon Ubuntu ( reste en 9.10 ), je m’exerce sur Debian squeeze sur une autre bécane avec aussi PC-BSD ( là gros soucis de boote !). Pour revenir au fil, on a un large choix, donc on pioche ce que l’on veut et quand on veut. C’est ça la liberté !

Les commentaires sont fermés.