Chronique de la bêtise humaine, épisode 1 : le rejet de la politique dans le monde du logiciel libre.

J’ai envie de commencer une nouvelle série de billets, consacrée à une ressource inépuisable de l’humanité, qu’elle pourrait utiliser pour produire de l’énergie, sa propre bêtise. Celle-ci est tellement développée qu’elle pourrait faire passer la super géante rouge Bételgeuse (15 masses solaires environ) pour un grain de sable en comparaison 🙂

Pour ce premier épisode, j’ai envie de prendre un exemple que je connais bien, baignant dans ce milieu depuis un petit quart de siècle environ, pour être plus précis ce sera le cas en 2021. Mais on ne va pas chipoter pour quelques mois, non ?

Commençons par définir certains termes, dont certains ont été trainés dans la boue. C’est spécialement celui de politique : « la politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, désigne ce qui est relatif à l’organisation ou auto gestion d’une cité, d’un état et à l’exercice du pouvoir dans une société organisée. »

Merci Wikipedia 🙂

On est loin des manoeuvres sous la ceinture pour conserver un quelconque pouvoir local ou national. J’entends parfois des personnes se plaindre qu’il ne faut pas mélanger le logiciel libre et la politique. Je conseille aux personnes de revenir aux racines du logiciel libre, et donc à la déclaration de Richard Matthew Stallman concernant les 4 libertés fondamentales du logiciel libre. Cf un article qui résume bien tout cela sur le site de la FSF.

Le logiciel libre veut libérer l’utilisateur en lui permettant de reprendre le controle de ses outils informatiques : exécuter, étudier, modifier, partager et redistribuer. Ce qui est pour moi un but hautement politique. Sans oublier qu’il y a une extension dans le monde réel, dixit la FSF :

Au-delà du logiciel

Les manuels des logiciels doivent être libres, pour les mêmes raisons que les logiciels doivent être libres et parce que les manuels font en fait partie des logiciels.

Les mêmes arguments peuvent aussi s’appliquer à d’autres types d’œuvres à finalité pratique, c’est-à-dire des œuvres qui intègrent de la connaissance utile, tels que le matériel pédagogique et les ouvrages de référence. Wikipédia en est l’exemple le plus connu.

Tout type d’œuvre peut être libre : la définition du logiciel libre a été étendue à la définition des œuvres culturelles libres, applicable à tout type d’œuvre.

Si ce n’est pas une vision politique, c’est quoi ? Il faudra me le dire. Personnellement, je suis arrivé dans le monde du libre par curiosité, et je me contrefoutais de la vision éthique implicite dans le libre. Après une période d’illumination et de prosélytisme je suis revenu au monde réel.

Pour schématiser ? Si on sort le côté politique et qu’on reste purement dans la technique, on obtient ce qu’on appelle de l’OpenSource. Libre = opensource + politique. Point final, n’en déplaise à certaines personnes.

Mais après tout, je suis un humain moi aussi… 🙂

28 réflexions sur « Chronique de la bêtise humaine, épisode 1 : le rejet de la politique dans le monde du logiciel libre. »

  1. Ah, le « grand soir » du logiciel libre version FSF… Le grand soir, on a vu ce que ça a donné. Les 4 libertés fondamentales du logiciel libre devraient être un idéal vers lequel tendre, pas un impératif qui ressemblerait plus à une cage qu’à un cadre. Trop souvent, certains à la FSF voient la liberté comme un fusil qu’on pourrait pointer dans le dos des autres au nom du bien commun, et là, on glisse vers la politique dans le mauvais sens du terme…

  2. Bonjour,
    Quoi qu’il en soit,de toute manière toutes bonnes idées sont inexorablement récupérées par les politiques, mais la science et le savoir en règle général,alors que faire?
    Pour ma part je suis complètement et entièrement apolitique, j’ai horreur de ces gens là!!!(oui je sait cela fait doublon)
    Bref, à la bas la FSF est une très bonne initiative qui dur quand même alors qu’elle soit orienté politiquement ne change rien à son principe fondamental, reprendre son propre libre arbitre!!!
    Mais peut être que je n’ai rien comprit non plus!!!!!!

    1. Donc si tu es apolitique, tu n’as donc aucun avis sur rien, puisque tout est politique.
      Etre apolitique comporte aussi un soucis c’est que tu n’as plus le droit moral d’aucune critique sur ce que tu payes comme impôts ou ce que tu subis au quotidien comme règles, puisque tu t’exclus toi même de la vie de la cité.

      Il ne faut pas confondre politique avec politicardisme.

  3. Bonjour,
    Tout à fait d’accord avec l’article. Le libre, c’est une vision politique de la société et qui ne se limite pas à l’informatique. Il pourrait très bien (et il y en a d’ailleurs) y avoir des meubles libres, c’est-dire dont les plans (code source) sont libres. C’est une vision politique de l’économie. Il pourrait très bien y avoir des médicaments dont le code moléculaire est sous licence libre. C’est une vision politique de la santé. Le libre peut trouver des applications dans de nombreux domaines de notre vie en société. C’est un projet purement politique.

  4. Le libre n’est pas une politique mais une idéologie.
    La synthèse des quatre fondements est telle que l’on peut facilement remplacer « programme » par process, recette, etc, afin de l’appliquer à de nombreux domaines, ce qui caractérise bien le côté idéologique.
    Une politique nécessite l’application d’une idéologie pour que la majorité de la population concernée, soutienne l’exécutif afin qu’il profite d’une stabilité.
    Tout en sachant que l’erreur est humaine, la compréhension et l’application d’une même idéologie, peut varier d’un groupe d’individus à un autre, ce qui la différencie d’autant plus de la politique.
    Pour faire la différence entre le libre, l’open-source et le privateur, j’utilise souvent l’image des carillons sous cloches de verre.
    Le carrillon libre n’a pas de cloche en verre, on peut y intervenir de multiples façons.
    Le carillon open-source est sous une cloche de verre, on voit son fonctionnement mais « pas touche », « on regarde pas avec les mains ».
    Le carillon privateur est sous une cloche de plomb, no comment sir.
    Si la Xerox avait été sous une cloche de verre, elle serait aussi restée en panne

    1. Quel beau pavé… Une simple question : peux-tu définir une politique qui n’est pas basé sur une idéologie ? J’ai précisé dans l’article – que tu as du lire en diagonale – que le libre est indissociable de sa dimension politique.

      L’open-source et le libre, c’est la même chose sur le plan technique. Point barre, le reste étant de la branlette intellectuelle.

    1. Merci pour ton commentaire. J’aurai pu parler dans le deuxième épisode des bêtises liées à l’alimentation et aux délires mâtinés de bons sentiments.

      Sur ce, je te souhaite une bonne journée.

      Quant à mon éternelle colère, au moins, elle n’est pas violente ni ne s’en prend aux biens de tierces personnes.

      1. Moi, au moins, je ne deviens pas le Dieudonné du libre, quelqu’un d’ intelligent et talentueux qui à force de dénoncer des extrêmes l’est devenu lui même…

        Allez, je retourne a mes actions pacifistes, avant d’être tabassé par tes futurs amis.

        1. Je suis devenu « Le Dieudonné du Libre » maintenant ? Je suis devenu extrémiste ? Mais je te remercie. Et il est vrai qu’en tant que personne bénéficiaire du RSA, je vais devenir l’ami des « forces de l’ordre » et devenu un lécheur de popotin d’un président élu par 16% ou 18% du corps électoral ?

          Tout ce qui est excessif est insignifiant et finit par ridiculiser les personnes qui tiennent de tels propos.

          Sur ce, je te souhaite une bonne continuation.

  5. Salutation du jour
    Dit moi Fred,y aurait-il des trolls ici aussi???
    Depuis quand nous n’avons pas le droit d’être en colère contre la conneries humaines?
    Je sait je suis hors sujet pour ton post,mais je contacte que certain sont uniquement là pour faire ch…..(oups)
    Ce n’est pas ainsi que l’on fait avancer les choses et j’ai vu ô combien certain pouvait être immonde en balançant des insultes gratuites et troller à mort et pire encore,j’ai put voir ta vidéo expliquant la mésaventure qui t’est arrivé sur une autre plateforme.
    Je pourrait épiloguer sur le sujet des heures aussi,mais pour ma part ce monde de réseaux sociaux ou tout dit tout et n’importe quoi, tout en démolissant les personnes de façons la plus ignoble, me dégoût au plus haut point,c’est pour cette raison que jamais je n’irait sur ces machins mal sain, préférant les blogs comme le tien qui sont nettement plus sympa pour discuter de nos passions.
    Bonne journée.

  6. La grande majorité des personnes qui veulent imposer l’idée selon laquelle tout est politique, ne l’entendent pas au sens purement citoyen ou humain du terme.
    C’est de la vieille dialectique qui a depuis longtemps fourni d’elle-même la preuve qu’elle ne fonctionnait pas.
    C’est pourtant le principal argument des talibans du logiciel libre. Ceux là même qui tentent de convaincre leurs semblables qu’un système d’exploitation incapable de prendre en charge autre chose que le son après 40 ans de développement, c’est du progrès.

    Les mêmes mettent un point d’honneur, toujours pour des questions idéologiques, à sortir des navigateurs web avec lesquels il est impossible d’afficher plus d’un site sur trois. Au nom de quoi se permettent-ils de dire à un internaute sur quels sites il doit naviguer ?

    Leur attitude qui consiste à se poser en tenants de la vérité absolue dans ce domaine, suffit largement à leur faire perdre toute forme de crédibilité, cette posture, qui le plus souvent confine à l’imposture ne tenant absolument pas debout.

    Le logiciel libre étant selon eux ; né pour lutter contre le grand capital. Ils s’étonnent aujourd’hui de voir que depuis 25 ans, le noyau et les différentes distributions parmi les plus répandus ne sont développés que grâce à des multinationales qui génèrent des milliards de dollars de bénéfices. Vont-ils désinstaller les interfaces graphiques dont ils se servent, parce qu’elles sont développées sur la base de codes qui sont portés par une société comme Red Hat ?
    Gnome, et les librairies gtk qui ont permis la naissance de XFCE, LXDE, Cinnamon, Pantheon, Deepin est entièrement soutenu par un entreprise. Ils ne vont pas utiliser uniquement des distribution sans interface ? ils installent des drivers qui sont propriétaires, parce qu’autrement, rien ne fonctionnerait.

    Ils en sont encore à prétendre que sans argent, il est possible d’obtenir la même chose. Comme si les codes dont ils se servent pour produire un nombre incalculables de forks étaient issus d’une génération spontanée.

    Qu’on croit ou pas à ces choses là, l’informatique n’est pas de la métaphysique, et un ordinateur n’est pas une de ces boîtes dans lesquelles on soupçonne le stockage d’une des 66 vertèbres de jésus. Oui, avec tout ce qu’on a trouvé comme restes de Saints de toutes sortes, on aurait de quoi reformer les squelettes de deux prophètes.

    je n’ai pas dit 666, je ne suis donc pas tout à fait un salop. Quoi que.

    De fait, l’informatique et l’idéologie, ne font pas bon ménage. Quand l’informatique ne sert qu’à vider les poches de l’utilisateur tout en remettant en question son droit au respect de sa vie privée, elle devient une mauvaise chose. Quand elle est supposée servir une quelconque cause qui pour se prétendre juste n’en est pas moins aussi liberticide que ce à quoi elle s’oppose, ça n’est pas mieux.

    Le problème est donc toujours de savoir où s’arrête la vie de l’homme dans la cité et où commencent les conneries partisanes. Les uns est les autres ayant toujours le culot de se poser en défenseurs de l’intérêt général.

    Chose qui a cessé d’exister depuis qu’il y a plus d’un être humain sur terre.

    Reste donc, le droit, et la technologie. Les deux seuls aspects dont il faille tenir compte en matière de logiciel.  » Le Code, c’est la loi  » , d’après Lawrence Lessig, ou le capitaine Teague Sparrow ( interprété par Keith Richards).

    Dès que l’on sort des cadres purement technique et légal, on est dans les préceptes fumeux d’une bande de rigolos qui sont d’autant moins revenus de Mais 68 qu’ils n’y sont déjà pas allés.

    Le plus amusant auquel on a assisté fin 2019, à propos de ces grands Gourous du libre, c’est la visite que Saint Richard Stallman a rendu à Redmond, dans le cadre de conférences chez Microsoft. L’informatique, c’est mieux sans argent, mais que voulez-vous mon bon monsieur, faut bien bouffer. Et si possible, à tous les râteliers.

  7. salut,
    Whoua,là c’est sur toi tu es vraiment pour le libre!!!!!!!:}
    Bizarre je n’utilise aucuns pilotes proprios, cependant j’ai du son de l’image de l’internet ect…….
    c’est certain je ne joue pas sur mes pcs, si je veux jouer ben pas la peine d’installer du proprios, il y a les consoles qui font ça très bien, pour moi les pcs c’est pour bosser et faire ma passion de 40 ans l’astronomie et sous ce système j’ai vraiment tout ce qu’il me faut et sans proprios.
    Bonne journée
    PS: Fred si je suis hors sujet dit le moi!!!:]

    1. Salut !

      Les seuls logiciels « privateurs » – pour reprendre la vulgate de la FSF – que j’ai sur mon PC ?

      1. Le noyau linux
      2. Les micrologiciels liés au noyau
      3. VirtualBox

      C’est tout. Autant dire que je suis assez content du résultat. Le 100% libre avec le noyau qui va bien, c’est parfois chiant avec certains matos. Tout comme devoir me séparer de VirtualBox : c’est niet. Point final.

      1. Ah, j’ai lu en travers mais je suis étonné que tu penses que le noyau Linux sans firmware et virtualbox soient non libre du point de vue de la fsf?

        Peux tu en dire plus? Virtualbox a la limite doit utiliser des trucs non libre et encore je doute mais le noyau a part les firmwares qui sont livrés qu’avec certaines distributions mais pas toutes, je vois pas en quoi c’est non libre.

        Sinon, comment dire, je n’ai rien compris a où tu voulais en venir avec ce billet, a moins que ça soit une réaction a un truc que t’as pas dit ici.

        A +

        1. La version reconnue comme libre par la FSF, c’est linux-libre. En clair, la version sans les micrologiciels non-libres.

          Pour VirtualBox, il suffit de demander aux développeurs de Parabola, par exemple. Je t’avoue que je l’ignore.

          Quant à ce que je voulais dire ? C’est que certaines personnes oublient – ou refusent de voir – que le logiciel libre ajoute à sa version purement technique qu’est l’open-source une dimension politique. Ni plus, ni moins.

          1. Merci pour ce complément.
            Donc en gros le noyau de debian est bien libre comme il est livré dans /main, donc un truc bien chiant avec peu de chance d’avoir quelque chose de réellement utilisable, car pas de wifi, pas de bluetooth, pas de drivers AMD… De toute façon je n’ai jamais pu me servir d’une distribution 100% libre.

            Pour virtualbox, j’avoue être étonné car même debian le livré, si ils ne le font plus c’est que c’est la merde de le patcher.

            Et pour le billet, je pensais que tu avais encore eu des attaques ;p
            A+

          2. Le paquet principal du noyau est libre, mais comme Debian laisse l’option de récupérer les micrologiciels indispensables pour faire fonctionner correctement certains périphériques, cela la rend incompatible avec les dogmes de la FSF.

            Pour le matos AMD, depuis l’arrivée des Ryzen (fin 2017), les pilotes libres suffisent largement.

            Pour VirtualBox ? Simplement qu’Oracle a un cycle de développement incompatible avec la vision presque paranoïaque de la stabilité de Debian.

  8. Bonsoir,
    Sur mon pc bureau j’ai une nvidia g96(GeForce 9500 GT) et j’ n’ai aucuns pilotes proprio, cela fonctionne très bien avec Xorg 1.19.6 voici ma config complète
    Device-1: NVIDIA G96 [GeForce 9500 GT] driver: nouveau v: kernel bus ID: 02:00.0
    chip ID: 10de:0640
    Display: x11 server: X.Org 1.19.6 driver: nouveau unloaded: fbdev,modesetting,vesa
    resolution: 1920×1080~60Hz
    OpenGL: renderer: NV96 v: 3.3 Mesa 19.2.1 direct render: Yes
    et je fait pourtant parfois du jeu en réseau style cube,minetest,alien arena,nexuiz, et tout fonctionne très bien.
    Je crois me souvenir que Xorg n’est pas proprio si je ne me trompe!!!!il fait parfaitement le taffe même en traitement numérique……

    1. X.org n’est pas propriétaire (c’était son ancêtre XFree86 qui l’était, au moins au début), mais on est à la version 1.20.7, actuellement (proposée à l’installation ce vendredi chez moi). Si tu restes sur la 1.19.6, c’est à cause de ta distro, ou que ta carte ne fonctionne pas avec une 1.20.x ?

  9. Salut, je suis toujours sur une kubuntu 14.4 sur mon vieux dd et une mint 19.3 sur un nouveau dd que je vient de mettre pour voir si tout est supporté ,mon pc à 10 ans,sur un autre portable que je vient d’acheter pour mon astro car l’autre ma claqué dans les pattes(obsolescence programmé il avait moins de 6 ans)j’ai viré win10(cette grosse M……)bref et mis mon dd de l’ancien dessus)c’est un distro spécialisée en astro avec ubuntu unity 16.4 donc Xorg ancien,ben tout fonctionne bien, même quand je fait de l’astrophotographie avec,j’aime bien aussi bidouiller,je teste beaucoup avant de garder définitivement.Je part aussi du principe que si cela fonctionne bien,ben pas la peine de changer.

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