Parfois, certains dogmes du logiciel libre se vérifient…

Le logiciel libre au fil des années est devenu un monde dogmatique, et j’ai pu en faire les frais à chaque fois que j’ai osé dire que ce monde ne tournait pas complètement rond, entre l’utilisation abusive du principe du fork, la coupure entre développeurs et utilisateurs, la ségrégation logicielle appliquée par les purs et durs qui sont parfois plus « Stallmannien que Stallman ». Je vous renvoie à ma série de billets sur le monde du libre part en couilles pour les détails plus ou moins croustillants.

Comme je m’amuse à le dire dans ma série de vidéos « Les pitreries du libre » : « Errare Humanum Est, Perserverare Libristum Est ».

Il y a cependant un « dogme » qui veut que n’importe quelle personne qui utilise du logiciel libre peut apporter des modifications pour le plus grand bonheur des autres. C’est un peu le complément d’une des quatre libertés fondamentales du logiciel libre.

Il y a un exemple que je vais rapidement abordé, lié à Mate-Desktop. Il y a quelques jours, un composant d’un logiciel – que j’utilise qui me permet de gérer mes clés SSH et GPG qui s’appelle Seahorse – est mis à jour. C’est Gnome-Keyring.

Après la mise à jour, je constate que Mate-Desktop rame comme une tortue rhumatisante à trois pattes pour se charger et qu’il est limite impossible de se déconnecter.

Après quelques essais, je m’aperçois que c’est Gnome-keyring qui est responsable. Je le rétrograde vers une version que je sais fonctionnelle, puis j’ouvre un rapport de bug sur l’outil de suivi d’Archlinux.

Voulant prévenir les développeurs de Gnome-Keyring et de Mate-Desktop, j’ouvre alors un rapport de bug pour chacun des projets.

Finalement, les développeurs de Gnome-keyring finissent par comprendre le bug et propose un correctif pour Mate-Desktop. Correctif intégré à la fois par Archlinux et Manjaro.

Pour une fois que le logiciel libre fonctionne correctement, il est normal de le signaler, non ?

Je ne recherche aucune gloire dans cette histoire, j’ai juste voulu relater une petite histoire comme une autre 😉

Allez, bonne journée !

18 réflexions sur « Parfois, certains dogmes du logiciel libre se vérifient… »

  1. Bravo Tonton au moins pour une fois les dev traitent un bug utilisareur 🙂 par contre j’ai bien aimé les échanges dans le ticket chez Gnome, je suis assez d’accord avec bberg concernant les patches qu’on sort en vitesse pour colmater une brèche et qui peuvent provoquer des régressions sur d’autres aspects, on a les mêmes remarques de Linus et de Greg sur le fil du kernel avec parfois des rejets de patchs dont les responsables majeurs estiment qu’ils apporteront plus de soucis que de solutions il en va de la qualité du code et de la stabilité du grand ensemble global au delà de régler un problème mineur et ponctuel.

  2. concernant les maj des noyaux kernels ,
    il suffit de voir le chancelog sorti depuis la version 5.3
    on a eu au moins 6 retours arrières , au moment ou une nouvelle version de noyau sort.
    donc , soit les tests sont insuffisants , soit on risque de faire apparaître de plus en plus de régression ,
    car noyé dans d’autres « anomalies » non découverts ou non corrigés , voir corrigeable …

    actuellement à chaque fois on a quasi un alignement
    5.3 –> 5.2 –> 4.19 –>4.14 , dans certains cas on attends 15j pour les LTS avant d’appliquer les patches ( les mêmes qui ont demandés des retours arrières )

    pour gnome-keyring c’est tout de même la partie moteur de gnome , donc assez bas niveau

      1. C’est sans doute le système descendant des 4.3 et 4.4BSD le plus accessible. Tant à l’installation qu’à l’utilisation. Mais disons qu’on utilise le joujou d’autres personnes et aussi que le service client, c’est pas trop ça.

        1. Vous vous trompez lourdement. Lorsque l’on signal un véritable bug, on est extrêmement bien reçu chez OpenBSD, et je parle en connaissance de cause. Encore faut il qu’il s’agisse d’un véritable bug, sinon c’est la cause d’une perte de temps chez les développeurs du projet, qui comme on le sait est extrêmement précieux. On peut comprendre que dans ces conditions, ils soient un peu sec si vous ne faites rien d’autre que leur causer du temps perdu.

          1. Je ne pose pas de questions idiotes et je n’ai pas trouvé qu’on était bien reçu chez OpenBSD. C’est une communauté élitiste et on hésitera pas à vous faire des remontrances désobligeantes au moindre faux pas.

          2. Je suis de cet avis aussi. OpenBSD, ce n’est pas pour tout le monde. Si l’on n’est pas expert dans le domaine, l’accueil est plutôt glacial. Pour ceux qui n’en sont pas convaincus, allez donc poser une question de débutant sur leur liste de discussion et revenez nous donner vos conclusions.

  3. Hello grand Fred

    Tu me rapel un soucis que j’avais eu sur mon hp portable avec le rétro-éclairage j’étais un cas isolé x) j’ai reçus un tout petit patch en ko de mise a jour et piuff tout remarche , j’avoue pour ton histoire ses magnifiques quand ont est écouter 😁

  4. Le monde du libre en 2019, un monde ou l’on est surpris au point d’en faire un long article de blog quand les choses se passent correctement. Affligeant.

    Le libre n’est plus ce qu’il était. A la grande époque, ce sont les choses qui se passaient mal qui nécessitaient l’écriture d’un article de blog, et non pas l’inverse. La bonne nouvelle c’est que les collaborations qui fonctionnent existent toujours, comme tu le fais remarquer, mais quel dommage qu’elles soient si rares. Si le libre ne se ressaisie pas, on fonce droit dans le mur.

    1. Bien que provenant de TOR, j’ai validé le message car le contenu était intéressant.

      De plus, je dois dire que j’avais écrit ce billet sur le ton de l’humour. Merci donc pour le commentaire.

      1. Vous voyez, certains utilisateurs de Tor proposent du contenu intéressant. Ce n’est pas incompatible. Il est bien dommage que l’on ne retienne principalement que les utilisateurs faisant usage de cet outil pour troller.

        1. C’est l’usage principal, en dehors de l’utilisation pour des commerces pas trop légaux. L’anonymisation du réseau rend beaucoup d’activités illicites plus simple. C’est pour cela que c’est un réseau que j’ai tendance à rejeter, sauf de très rares exceptions.

          1. Vous savez, les activités illicites sur internet sont majoritairement effectuées sans l’intermédiaire de Tor. Les escrocs en tout genre n’ont pas besoin de cela, il existe en effet de nombreux autres possibilités pour les personnes qui sont prêtes à braver l’interdit. Rien qu’un exemple, on peut facilement « hacker » un serveur en Russie pour l’utiliser comme proxy, et il existe des listes que les escrocs s’échangent sous le manteau. Avec un peu d’argent ou les bons contacts on peut se procurer un « botnet », ce qui facilite encore les choses. La différence c’est que Tor est un outil permettant de protéger sa vie privée disponible pour tout le monde, en particulier pour les gens qui ne baignent pas dans le milieu du banditisme. Ce que l’on peut regretter c’est que les utilisateurs honnêtes n’en fassent pas assez usage.

  5. Ce genre de chose arrive tous les jours, il suffit de regarder ce qui se passe sur les « bug trackers ». La seule différence dans ce cas-ci tu t’es aperçu que les équipes communiquaient et collaboraient parce que c’est toi qui a rapporté le problème.

    Évidemment ce n’est pas toujours comme ça, on est pas dans le monde des bisounours, mais tout de même, c’est quelque chose de banal dont peu de monde parle parce que ceux qui font beaucoup de bruit sont généralement ceux qui aiment cracher sur ce qui ne va pas et les autres s’en foutent ou préfèrent rester à l’écart de ces discussions aussi toxiques que stériles.

    Ceci étant dit, ça fait plaisir de lire ce témoignage, j’espère que ce billet de blog positif encouragera certaines personnes à contribuer. Peu d’utilisateurs se rendent compte que rapporter des problèmes c’est déjà participer activement à l’amélioration du logiciel libre!

    Merci tonton Fred ! 🙂

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