Je suis arrivé à m’en contrebattre de la politique… Triste et déplaisant…

Je me suis aperçu ce matin en ouvrant ma boite de courrier électronique et en lisant le contenu que je me suis coupé de l’actualité, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire. Il est vrai que le nouveau samedi des gilets jaunes, mélangé à la marche pour le climat ou la énième manifestation contre la énième réforme des retraites, ça risque de bouger dans une ville – je ne parle pas de la région qui l’enrobe – qui contient intra-muros quelque chose comme 3 ou 4% de la population de la France métropolitaine.

J’ai été ce matin comme un extra-terrestre qui débarquerait d’une lointaine planète et qui se retrouverait dans cette béchamel montrueuse. Oui, j’emploie une expression des Tontons Flingueurs ici. C’est bien connu : « la culture, c’est comme la confiture. Moins on en a, plus on l’étale » 🙂

Mon premier souvenir politique ? Le discours d’adieu de Valéry Giscard d’Estaing en mai 1981 avec son « au revoir » suivi d’un long silence.

Je me souviens encore des manifestations contre le CIP (Contrat d’Insertion Professionnelle) mis en place par Édouard Balladur en 1993-1994 qui avait été surnommé « Smic Jeunes ».

Une dizaine d’années plus tard, c’était au tour du Contrat Première Embauche poussé par un certain Dominique de Villepin…

Quoique cela n’a pas empêché au final le passage de ce que l’on a appellé la Loi Travail qui ne valait pas mieux au final que les deux projets que j’ai cité. J’ai aussi le souvenir de l’élection présidentielle de 2002 et de son deuxième tour inédit, de la manifestation en 1984 pour l’école libre.

Sans oublier la mort de Malik Oussékine en 1986.

Autant dire que j’ai connu de nombreuses périodes controversées, et pas uniquement celle de ces dernières années. Même si je me déplace toujours pour voter – et je n’ai pas envie de relancer ici un énième débat sur le vote et son utilité – j’avoue que désormais, je me désintéresse complètement de la politique.

Il faut dire que le niveau actuel est tellement bas en comparaison de ce que j’ai connu étant enfant, adolescent ou jeune adulte – à moins que ma mémoire ne soit devenue un brin sélective ? – que l’intérêt qu’on peut y porter s’est réduit à néant.

En arriver à se contrebattre de la politique qu’elle soit faite par des professionnels ou des amateurs, c’est quand même grave et triste.

Dommage que ce proverbe soit toujours d’actualité : « Si tu ne t’occupes pas de la politique, elle s’occupera de toi. »

Mais je dois avouer qu’avec l’écoeurement actuel que je ressens, cela ne me fait plus ni chaud, ni froid. Malheureusement 🙁

7 réflexions sur « Je suis arrivé à m’en contrebattre de la politique… Triste et déplaisant… »

  1. une bonne partie de ce désintéressement de la politique ,
    c’est en grande partie non renouvellement dans le temps suffisants
    c’est aussi bien trop d’affaires qui les rattrape , je pense qu’il n’y pas un parti qui échappe à cela , le pot de miel est trop tendant quand on y a touché.

    dans ces conditions , entre absence réelle de renouvellement , d’affaires qui montre a ce point le manque de transparence dans l’administration publique , sans parler des idées ( du moment que tu crois à ce que je t’ai proposé ) , c’est normal qu’il y ait une désaffection pour la politique de manière générale

  2. Jusqu’au début des années 80 , il y avait des hommes , et des idées …

    Dès 1985 , phénomène mondial , la politique s’est BERLUSCONISEE : apologie du fric , course à l’audience , désintérêt croissant de la population et représentation permanente d’une caste se nourrissant d’elle-même …

    Chiffre officiel : en France 50 % ( voire moins ) , des citoyens ont voté en 2017 à l ‘élection présidentielle …

    Je parie que le phénomène est mondial : appauvrissement de la population et représentation politique de plus en plus décorative , quant elle n’est pas nuisible …

    A titre personnel , j’ai pris la décision de ne plus voter en 2012 : les Politiciens ne m’ont pas déçu , mais trahi …

    J’ai peur de ne pas être le seul …

  3. Je ne suis pas souvent d’accord avec toi mais là j’avoue que je ne retrouve rien à redire tellement je ressens (à mon très grand regret) la même chose.

  4. Il faut bien comprendre qu’avec la mise en place depuis l’après-guerre d’une société globalisée et mondialisée au nom du développement économique et du progrès sous toutes ses formes, les véritables dirigeants sont dans l’économie, la finance, le droit, les sciences, la religion, l’armée (quand elle n’est plus sous le contrôle du politique) et l’éducation, la politique ne peut plus rien à cette échelle d’interdépendance, une simple mesure dans un pays a tout de suite des répercussions internationales.
    Jusqu’aux années 80 on pouvait encore faire croire plein de choses, l’information était maîtrisée et les populations et les entreprises étaient liées à un territoire. Maintenant l’information est libre (avec ses errements de la désinformation), les entreprises et les gens peuvent aller où ils veulent en un claquement de doigt, l’argent se déplace à la vitesse de la lumière. Avec tout çà impossible de définir une politique purement nationale elle n’aura aucun effet concret et tout le monde la contournera légalement ou non.
    Les seuls qui ont parfaitement compris le système ce sont les Américains avec leurs lois extra-territoriales : c’est le seul moyen de toucher des entreprises ou des personnes partout dans le monde parce qu’elles utilisent le dollar ou qu’elles travaillent pour des pays blacklistés par les USA. On le voit, ces lois font peur au monde entier, elles ont un effet global même si juridiquement çà ne vaut pas un clou, en attendant tout le monde a le petit doigt sur la couture du pantalon et lit les tweets d’air force one pour savoir quel temps il va faire sur la planète 🙂
    Après, je pense que l’histoire trouvera à se répéter comme toujours : les grandes structures surpuissantes et éternelles finissent toujours par s’effondrer, à cause du climat, des guerres, des épidémies ou des catastrophes naturelles ou technologiques, attendons donc encore vingt ans (voire moins), le réchauffement climatique, l’inversion des pôles magnétiques, les gilets jaunes et les OVNI sont en route….

    1. L’histoire ne se répète pas car les rapports de production évoluent sans cesse.
      Il n’y a rien d’éternel mais nous regardons les évènemennts contemporains avec les yeux du passé.
      Marx l’avait très bien dit:
      « Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rap­ports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui corres­pondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives maté­rielles.
      L’ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle s’élève une superstructure juridique et politique et à la­quel­le correspondent des formes de conscience sociales déterminées.
      Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général.
      Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience.
      À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n’en est que l’expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient ces rapports en deviennent des entraves.
      Alors s’ouvre une époque de révolution sociale.
      Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l’énorme superstructure.
      Lorsqu’on considère de tels bouleversements, il faut toujours distin­guer entre le bouleversement matériel – qu’on peut constater d’une manière scientifiquement rigoureuse – des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu’au bout.
      Pas plus qu’on ne juge un individu sur l’idée qu’il se fait de lui-même, on ne saurait juger une telle époque de boule­ver­se­ment sur sa conscience de soi; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives socia­les et les rapports de production. Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu’elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s’y substituent avant que les conditions d’existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société ».
      (Karl Marx, Préface à la critique de l’économie politique)
      C’est pourquoi l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir.
      À grands traits, les modes de production asiatique, antique, féodal et bourgeois moderne peuvent être qualifiés d’époques progressives de la formation sociale économique. Les rap­ports de production bourgeois sont la dernière forme contradictoire du processus de produc­tion sociale, contradictoire non pas dans le sens d’une contradiction individuelle, mais d’une contradiction qui naît des conditions d’existence sociale des individus; cependant les forces productives qui se développent au sein de la société bourgeoise créent en même temps les conditions matérielles pour résoudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s’achè­ve donc la préhistoire de la société humaine.

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