Le monde du libre, capable du meilleur comme du pire ? L’exemple du gestionnaire de logiciels.

S’il y a un applicatif au niveau du système que toute personne utilisant l’informatique manipule au minimum une fois, c’est le gestionnaire graphique de logiciels : l’un des outils les plus importants.

Sans lui, point d’ajout ou de suppression de logiciels, d’annonces de la présence de mises à jour plus ou moins graves. Bref, c’est l’outil qui se doit être simple et attractif pour cacher la complexité des tâches qui lui sont dédiées.

C’est souvent une surcouche à un outil en ligne de commande dans le monde du libre. Car il faut le dire, 99,9% des OS libres peuvent être gérés en ligne de commande pour des tâches aussi critiques. Mais avec la démocratisation croissante du monde libre – vient-on de perdre une poignée de barbus voulant conserver leur joujou pour geeks ? Bon débarras ! – il est appréciable d’avoir des outils qui permet de passer par une interface qui ne soit pas digne des années 1970… Et je dis cela en étant un natif des années 1970.

Quand les premières distributions un tant soit peu utilisables en mode graphique sont apparues à la fin des années 1990 avec la génération de la Red Hat Linux 5.0 en décembre 1997 (oui, je parle de celle dont le nom de code était Hurricane) et qui a donné la première Mandrake Linux en 1998 (distribution dont l’histoire mouvementée continue dans une forme d’acharnement thérapeutique proche de la nécrophilie linuxienne en 2018), on a eu droit aux premiers outils de gestion graphique des logiciels.

Il a fallu attendre Ubuntu en 2004 pour que des interfaces un tant soit peu modernes apparaissent, même si les versions conviviales sont arrivées en 2006-2007.

Il y a bien eu des outils entre temps, mais ce n’était pas non plus les plus conviviaux pour les personnes habituées depuis des années à jongler avec des interfaces simplifiées comme l’assistant d’Ajout et de Suppression de programmes introduit dès 1995 par un certain Microsoft pour le peu connu MS-Windows 95 🙂

En cette fin 2018, au moment où j’écris cet article, il y a des outils qui sont maintenant bien intégrés et neutres au niveau de la distribution comme Discover (pour Plasma), Logiciels (pour Gnome).

Mais il y a aussi des outils spécifiques à certaines distributions voire à certaines saveurs de distributions données : comme Pamac (pour Archlinux et Manjaro qui s’intègre facilement dans des environnements à base de gtk et l’embryonnaire port pour QT), l’immonde DNF Dragora (pour la Fedora Mate), Octopi (pour les environnements en QT). Bref, on trouve le meilleur comme le pire.

Le noeud du problème ne vient pas de la qualité du code du logiciel, mais de la carrosserie qui parfois donne l’impression qu’elle est cabossée, rouillée, et peinte en rouge et jaune à petit pois !

Dans la vidéo ci-après, je vous montre des exemples d’intégration parfaite ou presque dans l’environnement dédié ou au contraire ce qu’il ne faut pas faire… J’ai pris les distributions et outils qui me sont venus à l’esprit, sans la moindre volonté de dénigrer un quelconque projet… Quoiqu’avec DNF Dragora

Comme vous avez pu le voir, et mis à part le fait que Gnome Logiciels a mis une éternité à se mettre en route et installer un simple logiciel, il y a du très bon et du carrément à vomir. Il est dommage de voir que dans ce domaine aussi sensible, on se retrouve face à un grand écart facial qui montre à quel point il reste du boulot à faire pour proposer des logiciels simples et faciles d’emploi pour une tâche aussi cruciale que gérer la logithèque d’un OS.

Vous comprendrez pourquoi je vous conseille de rester dans le monde des grosses distributions, à savoir les distributions mères (ArchLinux, Debian, Gentoo, Fedora, OpenSuSE, Slackware) et des filles (Manjaro, Ubuntu et sa famille, Sabayon/Calculate) en rajoutant LinuxMint et Solus. Le reste… À vous de voir, mais c’est à vos risques et périls.

21 réflexions sur « Le monde du libre, capable du meilleur comme du pire ? L’exemple du gestionnaire de logiciels. »

  1. J’avoue que les mecs ont fait du bon boulot avec Pamac, même si au final ça ne me sert que de notification, j’ai encore l’habitude de le faire en ligne de commandes derrière (toujours pas remplacé yaourt j’ai jamais eu de problèmes avec, mais qui pour le remplacer correctement ?).

     

  2. Ah dnfdragora, quelle merde, je sais pas comment ils ont réussi a faire cette merde depuis urpmdrake qui lui était tout aussi merdique mais un peu moins, et puis on lui pardonne car quand rpmdrake sortait, il n’y avait pas tant que ça de gestionnaire graphique, de mémoire synaptic, et yast…

    Je comprends qu’une équipe aussi réduite que mageia puisse pondre ça (au passage la 7 est annoncé …https://www.mageialinux-online.org/forum/topic-25628+mageia-7-est-planifie.php) mais je ne comprends pas du tout comment fedora et le nombre de talents chez eux, puissent utiliser et mettre en avant cette merde.

     

  3. Salut,

    J’utilise toujours yaourt. J’ai testé yay. Et je l’ai viré pas longtemps après. Je n’ai pas encore testé trizen. Je n’utilise pas de gestionnaire de logiciels tel que pamac, octopi. J’ai longtemps utilisé synaptic lors de ma grande période debian/ubuntu. Mais j’ai fini par revenir aux lignes de commande dans un terminal. La disponibilité de gestionnaires de logiciels est une très bonne chose pour les nouvelles/nouveaux arrivantes/arrivants dans le monde des distributions gnu/linux ou celles et ceux qui n’affectionnent pas le passage par un terminal. C’est l’avantage des logiciels libres.

  4. Ajout/suppression de programme de windows 95 … Simple et intuitif ? Et ca aurait un rapport avec un gestionnaire de logiciels sous linux ?

    Pour moi le seul truc comparable c’est les ‘markets’ (depuis windows10 pour le monde M$)

    T’y vas un peu fort non ?

  5. Bonjour ! Étant donné que ça parle de dnfdragora et de sa complexité d’usage, j’en profite (si Frédéric me le permet) pour mettre en avant une alternative que j’ai développé pour la gestion de paquets graphique avec une interface en Gtk3 : Simple DNF. Je suis ouvert à toute critique et suggestion qu’elles soient techniques (qualité de code, organisation) ou pas (facilité d’usage, fonctions à ajouter)…

    J’utilise le même backend que dnfdragora (dnfdaemon) et ça m’a été d’un grand secours, mais j’ai utilisé des astuces d’optimisation avec Gtk pour avoir le rendu le plus rapide et le plus fluide possible (notamment la recherche instantanée sur 60 000 entrées) ce qui n’a pas été fait sur dnfdragora étant donné qu’ils ont fait leur UI avec une sorte de méta-toolkit qui auto-génère du Gtk, du Qt ou du Ncurses donc sans tenir compte des subtilités de chacun de ses toolkit ni profiter de leurs forces individuelles.

  6. > cela servait surtout à la suppression des logiciels installés.

    Je n’ai pas souvenir d’avoir installé quoique ce soit avec ça, juste supprimé des logiciels déjà installés. On pouvait réellement installer un logiciel de cette façon ???

      1. Si : dans les premières versions (sur Windows 95 et 98, donc : je crois que Windows ME avait hérité de la nouvelle version inaugurée avec Windows 2000), il y avait un bouton permettant de lancer l’installation d’un logiciel (du moment que la disquette ou le CD-ROM était déjà dans son lecteur), au-dessus de la liste des applis installées et désinstallables.

        Mais bon, le truc se contentait de rechercher un fichier « setup.exe » ou « install.exe », et avec les habitudes prises sous Windows 3.1, on avait plus vite fait de lancer manuellement l’installation depuis le gestionnaire de fichiers (méthode qui était toujours indiquée dans les notices). Et comme les CD-ROM ont vite été compatibles avec la fonction Autorun (via l’ajout d’un fichier script « autorun.inf » à la racine du disque) qui lançait l’installation ou le programme installé dès que le disque était inséré dans son lecteur, ça n’a jamais vraiment servi.

  7. Salut tout le monde !

    Oui je confirme : dnfdragora n’est pas du tout un outil pour utiliser Fedora en 2018.

    Au début, en testant la Fedora MATE je m’étais dis « C’est inutilisable cet outil, il est lent et crash parfois ! ».

    En tant qu’utilisateur de la Fedora MATE (et heureux avec d’ailleurs), je pense qu’il va falloir faire remonter ça auprès de la communauté Fedora pour commencer à envisager un outil de gestion de paquets .rpm Qt/GTK3/etc qui serait rapide, simple et efficace sous toutes les spins de Fedora.

     

    NB : Fred, je suis un nouveau quant aux commentaires sur ton blog, comment est-ce que je peux mettre ma photo de profil OpenCode lorsque j’écris des messages ? J’utilise pourtant l’adresse mail OpenCode.

     

    Merci à toi

  8. « Inergonomique » héhé ^^

    Il n’est pas mal ce « mot ».

    Il n’y a pas d’antonyme à « ergonomie » car cela désigne une science de « l’utilisation de quelque chose ». Mal pensé est ce qu’il y a de plus juste et « polie ».

     

    héhé

      1. Oui mais ça n’en fait pas une distribution mère, il faut bien se dire que c’est redhat la distribution mère. Comme Suse et opensuse qui fonctionne quasi pareil, l’une servant de base a l’autre.

         

        Pour dnfdragora, peut on me dire pourquoi fedora avec les talents qu’ils ont n’ont pas fait mieux? Sérieusement ça soit pas être dur de faire autre chose. Quand je vois que même synatic le truc le plus vieux a ma connaissance est bien plus utilisable que ce dragora… Quand je vois le truc installer et supprimer des applications de yast qui lui non plus date pas d’hier, être bien mieux et plus rapide(Sisi)que ce dragora, je me demande quel tissu les gars de dragora ont fumé pour pondre ça.

        1. Fedora est pour moi une distribution mère, car elle sert de base à RHEL, CentOS et quelques autres.

          Pour le caméléon, je suis étonné qu’il soit encore en vie après son rachat par Novell, puis Attachmate et Microfocus et EQT. Normal pour un caméléon de changer d’apparence tu me diras !

          https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-microfocus%C2%A0cede%C2%A0suse-au-fonds-suedois%C2%A0eqt-72221.html

          Pour DNF Dragora, c’est vrai, il est nul à chier. Yast en fait trop, et c’est à la fois sa force et sa faiblesse. C’est aussi la raison principale pour laquelle je n’aime pas OpenSuSE, en dehors du fait qu’elle soit basée sur du RPM, qu’elle ait pondue une version rolling pour faire mode et qu’elle soit intrinsèquement orientée KDE et esthétiquement moche.

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