La « guerre des distributions », c’est fini !

Je l’ai précisé dans un autre article, cela fait plusieurs années que toutes les distributions se ressemblent. Mis à part les montées en versions pour les différents logiciels et environnements de bureau, il n’y a plus grand chose qui différencie les acteurs du domaine.

Si on sort le rythme de publication, les outils d’empaquetages ou les chartes graphiques, où se trouvent réellement les différences ? Voici donc une vidéo bilan qui montre bien que les différences au niveau esthétique sont minimes et qu’en dehors des outils de gestions de logiciels, les différences sont presque inexistantes au final.

J’ai pris dans cette vidéo les principaux formats de paquets que sont deb et rpm (nés en 1993-1994), les paquets de la slackware (1992 ou 1993) et les paquets archlinux (nés en 2002).

Même si je préfère largement l’empaquetage proposé par Archlinux que je considère comme plus abordable car ayant tiré les leçons des formats de paquets nés avant lui, il faut dire que si l’on se base d’abord sur l’esthétique – et c’est souvent le premier contact que l’on a avec une distribution – on peut difficilement savoir quelle base est utilisée en dessous. Qu’on arrive à un « bonnet blanc et blanc bonnet » des plus classiques.

Avec Manjaro Tux’n’Vape, nous avons essayé de proposer un OS basé sur Linux directement fonctionnel pour s’attaquer au point le plus important actuellement : l’applicatif qui manque souvent de finition. Mais c’était sûrement trop en avance, même après plus de 20 ans de distributions bureautique à la finition toujours plus poussée…

Le vrai problème, c’est de savoir comment attirer des développeurs d’applications non-libres pour avoir des ports natifs de grosses cylindrées le temps que les équivalents libres soient utilisables en production. Ce n’est pas en multipliant les environnements de bureaux, ni les systèmes d’empaquetages, ni les distributions qui se ressemblent toutes qu’on avancera.

Je dois le dire, pour moi, la vraie victoire du libre, c’est qu’un jour, on puisse avoir un port natif de monstres du domaine non-libre comme Adobe Photoshop par exemple. Et non pas se retrouver encastré comme une sous-couche technique du dernier MS-Windows.

Mais n’est-il pas trop tard ? Je le crains à cause d’une confusion entre la diversité et la dispersion.

Simple question : pourquoi as-t-on maintenant une ludothèque intéressante dans le monde GNU/Linux ? Ne serait-ce pas grâce à un certain Steam ? 🙂

A-t-on vraiment besoin de 9 environnements de bureaux en restant dans les plus gros existants ? À savoir par ordre alphabétique :

  1. Budgie
  2. Cinnamon
  3. Deepin
  4. Gnome
  5. KDE alias Plasma
  6. Lxde
  7. LXQt
  8. Mate
  9. Xfce

On va me dire : oui, mais tu as oublié des projets comme Lumina Desktop, Enlightenment ou encore Pantheon, Trinity et combien d’autres ? N’est-ce pas justement que l’on n’est plus dans la diversité, mais dans la dispersion ?

Idem pour les formats d’empaquetages, pour les systèmes d’initialisation que personne ne voit, le système de publication, etc… Un minimum d’entraide serait le minimum, non ? À moins que le monde du libre ne soit devenu celui du « chacun pour sa gueule et que l’autre crève de faim » ?

Est-ce qu’on utilise Linux pour dire « J’utilise Linux, je suis super avancé » ou l’utilise-t-on pour faire fonctionner des outils dessus, que ce soit pour écrire, faire sa comptabilité personnelle, faire du dessin ou de la vidéo, aller sur la toile ?

Mais ici, on arrive sur un terrain glissant qui vous envoie directement dans la gueule de crocodiles affamés… Et je n’ai pas envie d’être le prochain repas d’un tel reptilien aquatique.

Désormais, je ne parlerais plus qu’à la marge des distributions dont les différences sont de moins en moins visible pour me concentrer sur le plus important : l’applicatif.

38 réflexions sur « La « guerre des distributions », c’est fini ! »

  1. Justement, pas plus tard que ce midi, en bidouillant un Windows 7 récalcitrant, je me suis dit « vivement que MS Office soit porté nativement sous Linux »… En plus d’avoir un mastodonte susceptible d’attirer du monde, peut-être qu’en « imposant » un nombre limité d’environnements de bureau et/ou de distros, ça aiderait à rationaliser le foutoir. Et après, j’ai soupiré un grand coup et je suis revenu à la réalité…

    1. Sauf que le port de MS office sur gnu/linux n’est pas bloqué par la profusion d’environnement de travail : ces environnement sont de pures questions esthétiques. Une autre manière de dire que cela ne sert à rien. Mais si ça ne sert à rien, ça ne dessert rien non plus (dans le domaine applicatif).

       

      D’après moi, le vrai problème, c’est les outils « qui sucent » (qui craignent) : la fréquentation de ce site en donne un aperçu  https://suckless.org/

       

      Cordialement

      1. @Sisi : ici la bonne traduction (donc sans passer par Google) c’est craindre

        Ensuite, comme tu as mal traduit, tu as aussi mal compris. Le site suckless, comme son nom l’indique, traite des outils qui craignent le moins

        cf : home of […] quality software with a focus on simplicity, clarity, and frugality

  2. Je dois le dire, pour moi, la vraie victoire du libre, c’est qu’un jour, on puisse avoir un port natif de monstres du domaine non-libre comme Adobe Photoshop par exemple.

    Comme je suis d’accord avec toi. Seulement là, tu vois debarquer des libristes fanatiques qui te disent « c’est pas libre, ca n’a rien à faire au sein d’un environnement GNU/Linux. »

    1. Et ce sont ces fanatiques qui bloquent l’arrivée de ces « monstres sacrés » ? Sérieusement ?

      Ils donnent leur opinion, elle ne te plaît pas, mais ça n’a rien à voir avec le pourquoi de l’absence de ces logiciels dans l’eco-système Linux.

        1. Adobe n’ose pas réécrire des dizaines de milliers de ligne de code pour 0,5% de part de marché en plus parce que des fanatiques sur des forums spécialisés ont un pouvoir de nuisance. Je ne l’aurais pas cru.

          Sérieusement…

          1. Il est vrai qu’il n’y a aucun fanatique sur les médias plus classiques. Après, Adobe l’a bien fait pour porter ses outils du PowerPC vers Intel dans le monde Mac.

            Et devra le faire à nouveau, car je suis prêt à parier deux carambars qu’Apple migrera d’ici 2022-2023 sur du ARM maison.

  3. Ne t’en fait pas Fred, depuis que Crosoft ne fait plus la guerre à Linux mais contraire l’intègre dans Windows, les logiciels linux vont gagner en popularité. Il y a déjà chrome de dispo sur linux, mais aussi le logiciel d’animation Maya édité par Autocad. Avant les éditeurs de logiciels prétextaient le coût de développement très important pour peu d’utilisateurs, mais cet argument tiens de moins en moins… déjà parce que linux est de plus en plus populaire (bon c’est pas encore ça, mais souviens toi de la situation il y a 10 ans). Et quand il existe une version macOS, ça doit pas être bien compliqué de compiler le code pour un autre Unix… d’ailleurs, avec Crosoft qui voit Office non plus comme un logiciel mais comme un service, ça ne m’étonnerait pas qu’ils le développent pour Linux car maintenant ils vendent des abonnements et plus des logiciels uniquement Windows… Quant à Adobe, je suis moins enthousiaste, avec leur communauté fixée à Apple comme à une moule sur son rocher, ils développent pour windows plus par dépit je pense… alors linux, n’en parlons pas. Cela est pour les gueux !

  4. Je voyais passer un message sur Twitter hier :

    Un utilisateur de Netflix qui a un problème avec son navigateur… et qui constate que Netflix n’assure pas de service après-vente pour Linux.

    Dans les logiciels de messagerie, WhatsApp ne propose pas de client Linux, Viber en propose un mais c’est assez pourri, Telegram en propose un correct, Line ne propose rien, Wire a un client correct également, Skype a connu des hauts et des bas, etc.

    Mais tous proposent qqch de correct pour Windows et Mac.

    Ben voilà.

     

    Et on peut continuer : les pilotes, les logiciels bureautiques, etc.

    C’est sûr qu’avoir des dizaines et des dizaines de distros à disposition, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, ça ne nous rend pas plus libres…

    1. Ta conclusion ne va pas jusqu’à sa fin, car tu aurais dû ajouter un truc du style : « tout cela à cause de la dispersion des distributions qui n’arrivent pas à implémenter d’une manière standardisée la gestion des paquets, les options de compilation, etc… »

      1. Heu… non. Tes « monstres sacrés » (Office, Lightroom, Photoshop, ProTools, …) ne sont pas disponibles sur Linux parce qu’ils utilisent des librairies propriétaires (celles de Apple ou celles de Windows) et pas celles disponibles sous Linux. Il y a pourtant des librairies multi-plateformes (Qt par exemple) mais elles sont arrivées à maturité bien après l’écriture de ces logiciels.

        Sortir une version Qt de Lightroom; c’est incommensurablement plus coûteux que l’effort accessoire de la sortir sous différents formats de paquet. D’autant que ce ne serait même pas nécessaire : il y a snap, flatpack, appimage qui peuvent marcher sur toutes les distributions.

        Même si on peut déplorer les efforts gaspillés que tu critiques, ils ne sont pas la cause de la non-présence de ces « monstres sacrés » dans l’éco-système Linux.

        1. Les paquets universels sont la énième connerie du monde du libre pour ne pas remettre en cause l’utilisation abusive d’un noble principe : le fork.

          Forker c’est bien. En abuser, ça craint.

          L’anarchie apparente du monde du libre est un repoussoir pour nombre de personnes. Développer pour linux, d’accord, mais pour quelle distribution ? Pour quel environnement ?

          Il y aura toujours des personnes mécontentes. Il n’y a aucune volonté de s’entendre sur un nombre réduit de standards, et cela c’est ce qui provoquera l’absence des logiciels pourraient démocratiser à terme le bureau libre.

          1. Développer pour Linux se réduit essentiellement à développer en utilisant des librairies disponibles sur Linux. Un éditeur « pro » n’a nul besoin de choisir pour quelle distribution ou quel environnement de bureau il va développer.

            Les système de paquetages différents, c’est peut-être dommage mais ça n’ai rien à voir avec l’absence de logiciels propriétaires (surtout celle de tes monstres sacrés) sur Linux. Soit un logiciel existe déjà sous Windows (écrit avec des librairies windows) ou Mac (écrit avec des librairies Apple) et son éditeur n’a pas forcément envie de réécrire des milliers de ligne de code (et les maintenir) pour un marché de 1 ou 2% d’utilisateurs (quand bien même tout serait parfaitement standardisé dans l’éco-système Linux. Soit le logiciel par chance a été écrit en utilisant des librairies/frameworks disponibles aussi sur Linux et ce ne sont pas les quelques jours/homme nécessaires pour en faire une version deb et une rpm (que les autres se démerdent) qui va arrêter l’éditeur d’autant qu’il a les snaps et les flatpacks (que tu les aimes ou pas, l’éditeur lui s’en fout royalement).

            Tu veux démonter à tout prix que cette dispersion est nuisible à l’éco-système Linux. Tu as peut-être raison mais certains des arguments évoqués dans cet article ne sont pas bons.

            PS. Je n’utilise pas les snaps ou autres flatpacks mais je n’ai pas compris quel rapport ça a avec les forks (???).

          2. Il n’y a pas que les biblothèques. Si tu as besoin de développer le support d’un matériel spécifique, les réglages de compilation du noyau importe aussi.

            La réécriture de monstres sacrés a bien eu lieu à l’époque de la migration des processeurs PowerPC vers Intel pour le Mac, non ? Mais il est vrai que Mac touche dans les 5 à 10% d’utilisateurs potentiels 🙂

            Soit le logiciel par chance a été écrit en utilisant des librairies/frameworks disponibles aussi sur Linux et ce ne sont pas les quelques jours/homme nécessaires pour en faire une version deb et une rpm (que les autres se démerdent) qui va arrêter l’éditeur d’autant qu’il a les snaps et les flatpacks (que tu les aimes ou pas, l’éditeur lui s’en fout royalement).

            Je suis d’accord, mais je te renvoie au cas de logiciel nécessitant un support matériel et ici la configuration du noyau peut foutre sa merde.

            Quant aux paquets universels, c’est une mauvaise réponse à un vrai problème.

            Tu veux démonter à tout prix que cette dispersion est nuisible à l’éco-système Linux. Tu as peut-être raison mais certains des arguments évoqués dans cet article ne sont pas bons.

            Donc la démultiplication sans fin des distributions n’est pas un problème, ni une conséquence d’une utilisation abusive du fork ? 🙂

            Je ne suis qu’un simple utilisateur du monde du libre linuxien – en mono-démarrage linux depuis 2006 – qui en a plus que marre de voir que les élites pensantes du dit-monde soient incapables de voir ce qu’elles ont en face de leurs nez et continuent d’appliquer des recettes qui ne sont pas efficaces au minimum, novices au pire.

  5. Bien d’accord, ça fait longtemps que je le dis aussi. Si le libre arrêtait de se disperser pour rien en faisant chacun son coin de « libre » et se regroupait pour améliorer l’existant pour avoir de vrais alternatives fonctionnelles et jolies, se serait un grand pas en avant.

    Un pas qui ne risque pas d’être franchi vu comment se comportent la majorité des libristes aujourd’hui…

    1. > pour avoir de vrais alternatives fonctionnelles et jolies, se serait un grand pas en avant.

      Moi j’ai déjà une vraie alternative fonctionnelle et jolie (et efficace) : KDE/Manjaro.

      Peut-être que je l’aurais eu avant sans cette dispersion d’efforts. Ou peut-être pas. Qui peut savoir comment et sur quoi se seraient reportés ces efforts gaspillés ? Il ne faut pas non plus négliger l’impact de la concurrence dans la motivation à avancer.

      1. KDE ? L’environnement incapable de gérer le protocole MTP qui existe depuis le début d’Android (ou presque) sans passer par un cautère qui s’appelle KDE Connect.

        La concurrence pour faire avancer les choses ? Vraiment ? Je pensais que c’était juste une méthode pour tuer les autres et imposer ses choix au final…

        Et il est vrai que les 40 (environ) distributions sur bases différentes qui propose uniquement KDE et indexées sur Distrowatch, ça fait avancer le schmilblick… Ou pas !

        Source : https://distrowatch.com/search.php?ostype=All&category=All&origin=All&basedon=All&notbasedon=None&desktop=KDE+Plasma&architecture=All&package=All&rolling=All&isosize=All&netinstall=All&language=All&defaultinit=All&status=Active#simple

        1. C’est sûr que si tu me fais dire des choses que j’ai pas dit, on ne va pas avancer.

          Relis-moi honnêtement.

          La concurrence n’est pas une « méthode », c’est juste un mot pour décrire une situation où plusieurs entités poursuivent un même objectif. Cette concurrence peut aboutir à la disparition des moins bons (ou pas, comme dans le cas des distributions Linux) mais n’est-ce pas ce que tu souhaites justement ?!

          La concurrence – qu’on la déplore ou pas – motive en général à avancer, c’est peu contestable.

          PS. MTP ? A quoi sert ce truc ? Si je branche mon téléphone mon PC, je vois ce qu’il y a dessus, jamais utilisé KDE Connect. Après je n’ai jamais dit que KDE était parfait (Windows l’est-il, MacOS l’est-il ?).

          1. La concurrence n’est pas une « méthode », c’est juste un mot pour décrire une situation où plusieurs entités poursuivent un même objectif. Cette concurrence peut aboutir à la disparition des moins bons (ou pas, comme dans le cas des distributions Linux) mais n’est-ce pas ce que tu souhaites justement ?!

            Il est vrai qu’il n’y a jamais d’ententes entre les acteurs d’un domaine donné pour conserver une forme de pseudo-concurrence 🙂

            D’accord, c’était ma pointe d’ironie ici.

            Sinon, le monde des distributions linux voit sa concurrence contré par un principe utilisé abusivement, le fork.

            Au nom d’une pseudo liberté de choix, on se retrouve avec des distributions qui auraient dû disparaitre dans un environnement un temps soit peu réellement concurrentiel !

            MTP : C’est un format de transfert de données utilisés par les smartphones. https://fr.wikipedia.org/wiki/Media_Transfer_Protocol

            Il n’y a aucune perfection nulle part. Ce serait trop simple 🙂

  6. Bonjour,
    Pour ma part, j’ai prévu d’abandonner les environnements de bureau classique au profit d’un bureau i3wm qui ce concentre sur l’application.

    En tant que développeur web, j’ai eu la même réflexion lorsque j’ai constaté la dispersion dans les outils de développement, voila une des raisons qui m’avais permis de choisir Vim, un logiciel qui n’a jamais cesser d’évoluer avec les années et reconnu pour être un maitre dans sont domaine. Cela fait des années que je me félicite de ce choix car je n’ai plus de douleurs au mains et j’ai gagner en efficacité et confort.

    Même si Vim est disponible sous Windows, il y a des fonctionnalités que j’utilise qui ne sont compatible que sous Linux. Et en tant que développeur web, il y a des choses que je ne pourrai même pas développer sous Windows.

    Je pense qu’on n’arrivera jamais à un Linux  > Windows. Tout comme personne pourra dire que iOS > Android. Tout dépend de vos attentes et de votre utilisation. Linux ne sera jamais un meilleur Windows et inversement. Et j’ai envi de dire encore heureux.

    Android par sa popularité incroyable a encore une fois démontré que rien n’ai jamais acquis en informatique. Mais pourquoi ? L’applicatif de sont play store… Peut-être que celà évoluera avec les années. Sur beaucoup de domaines, la tendance va vers les Web apps, donc compatible sur tous les systèmes.

    A propos de Microsoft office, sans faire de publicité mais plutôt pour rendre service, sachez qu’il est compatible sous linux depuis sont navigateur web (one drive 5go gratuit). Cette outil m’évite un dual boot/machine virtuelle et même l’abonnement payant Office car il est gratuit et complet. Suffisant pour la plupart des usages où on ne peut pas utiliser LibreOffice… (professionnellement je n’ai pas eu le choix).

    Je suis complètement d’accord avec toi Frédéric et je suis content de ce changement. Je continuerai à te suivre comme d’habitude.

    Bonne journée,

  7. > Il n’y a pas que les bibliothèques. Si tu as besoin de développer le support d’un matériel spécifique, les réglages de compilation du noyau importent aussi.

    Les logiciels concernés doivent représenter une infime minorité. Et comme 99% des distribution se basent sur une distribution mère ou pseudo-mère (comme Ubuntu), je suis à parier qu’elles ne changent rien aux options de compilation.

    Donc on en revient aux librairies qui sont le principal point bloquant à la non-disponibilité de certains logiciels Windows ou Mac sur Linux. La dispersion et le gaspillage que tu dénoncent dans l’éco-système Linux sont bien réels mais n’ont rien à voir avec ça.

    > Quant aux paquets universels, c’est une mauvaise réponse à un vrai problème.

    Peut-être, je ne n’y ai pas vraiment réfléchi (même si intuitivement j’évite de les utiliser). Mais ça ‘a pas de rapport direct avec le sujet. Je ne l’es ai invoqué que pour dire que ce n’est pas l’hétérogénéité des système de paquetage qui va arrêter un éditeur puisqu’il a aussi cette solution.

    1. Les logiciels concernés doivent représenter une infime minorité. Et comme 99% des distribution se basent sur une distribution mère ou pseudo-mère (comme Ubuntu), je suis à parier qu’elles ne changent rien aux options de compilation.

      Tout ce qui est jeu de simulation de conduite par exemple. Mais c’est vrai que c’est assez nichesque.

      Il arrive parfois que certaines distributions choisissent d’activer en solo des options de compilation non activées ailleurs. Et si cela concerne un pilote de matériel, ça peut devenir emmerdant.

      Donc on en revient aux librairies qui sont le principal point bloquant à la non-disponibilité de certains logiciels Windows ou Mac sur Linux. La dispersion et le gaspillage que tu dénoncent dans l’éco-système Linux sont bien réels mais n’ont rien à voir avec ça.

      Les bibliothèques dont la version varie parfois grandement en fonction des principales distributions. Il suffit qu’un logiciel utilise une version d’une bibliothèque qui n’implémente pas ou plus une API donnée, et c’est la merde.

      La dispersion s’applique ici aussi. Ce qui ne peut rendre plus complexe le port de logiciels.

      Peut-être, je ne n’y ai pas vraiment réfléchi (même si intuitivement j’évite de les utiliser). Mais ça ‘a pas de rapport direct avec le sujet. Je ne l’es ai invoqué que pour dire que ce n’est pas l’hétérogénéité des système de paquetage qui va arrêter un éditeur puisqu’il a aussi cette solution.

      Sauf que les paquets universels ont déjà connu un sacré premier couac avec les snaps vérolés par un mineur de cryptomonnaie.

      https://www.reddit.com/r/linux/comments/8iupdz/caution_the_are_malware_snaps_in_ubuntu_snaps/

      Et comme il y a 3 standards, ça va pas aider non plus. Lequel choisir pour éviter de devoir tout réempaqueter par la suite ?

      Encore une fois, une fausse diversité qui est en réalité de la dispersion inhérente aux saints canons du libre.

      1. Les différentes versions de librairies ne seront un éventuel problème que lorsque les éditeurs de « monstres sacrés » décideront de sortir une version Linux (i.e. ré-écrire des dizaines de milliers de lignes de code ou plus parfois pour utiliser Qt, par exemple, en lieu et place des librairies équivalentes sous Windows). Et si cela arrive (on peut rêver), ça ne sera pas plus un problème que sortir un logiciel qui marche sous différentes versions de Windows. Et au pire il y a les snaps et les flatpacks pour régler ce problème (peu importe lequel il choisit, les deux sont possible dans n’importe quel distribution). De toutes façons, les éditeurs diront que c’est testé pour Ubuntu à partir de la 18.04 et s’il s’agit vraiment d’un monstre sacré et que ça intéresse du monde (ce qui n’est pas évident), je te prédis que beaucoup de distribution vont s’aligner sur les options de compilation et les versions de librairies de la distribution « validée » par l’éditeur.

        > les paquets universels ont déjà connu un sacré premier couac avec les snaps vérolés par un mineur de cryptomonnaie.

        Quel rapport avec les snaps ou plus généralement les paquets universels ? Dans cette affaire on parle de l’utilisation de logiciels qui ne proviennent pas d’un dépôt contrôlé par une distribution (ppa, AUR, etc..). Que certains, opposés à ces formats, en profitent pour les critiquer sur ce motif est malhonnête intellectuellement. Rien n’empêche une distribution de proposer des snaps/flatpacks dans ses dépôts officiels. Si on doit critiquer ces formats, faisons-le sur ce qui les caractérise (gaspillage de place engendré, sandbox, etc…), pas sur des trucs qui n’ont rien à voir.

        1. Joie, une commentaire à commenter 😉

          Pour la énième fois, la réécriture d’un logiciel, c’est déjà arrivé dans le monde Mac qui n’est que 5 fois plus gros en terme de part de marché que le monde bureautique linuxien. Donc même si c’est peu probable, cela pourrait arriver.

          Les snaps et flatpak ? Ces horreurs en terme de tailles et qui réinventent l’empaquetage en reprenant le principe des .app d’Apple ? 😉

          Déjà faudrait-il que Canonical ne soit pas racheté entre temps par un autre acteur… Je pense que Microsoft en ferait bien son diner 🙂

          Quel rapport avec les snaps ou plus généralement les paquets universels ? Dans cette affaire on parle de l’utilisation de logiciels qui ne proviennent pas d’un dépôt contrôlé par une distribution (ppa, AUR, etc..).

          Qu’il y a un manque complet ou presque de contrôle a priori des paquets universels proposés.

          Quant à AUR, étant archlinuxien depuis 9 ans, je peux te dire qu’il est contrôlé de près, loin du grand n’importe quoi que sont les PPAs au final.

          Que certains, opposés à ces formats, en profitent pour les critiquer sur ce motif est malhonnête intellectuellement.

          C’était juste la conséquence d’une non validation a priori des snaps.

          Rien n’empêche une distribution de proposer des snaps/flatpacks dans ses dépôts officiels. Si on doit critiquer ces formats, faisons-le sur ce qui les caractérise (gaspillage de place engendré, sandbox, etc…), pas sur des trucs qui n’ont rien à voir.

          Il est vrai que le mélange entre les paquets classiques et les paquets universels n’est pas des plus agréables. Surtout dans le cas de la Fedora 29 comme on peut le lire dans cette gazette de Distrowatch : https://distrowatch.com/weekly.php?issue=20181112

          Je cite :

          GNOME Software is the GUI application for installing additional software and installing updates. It works well enough, but there are some issues I would very much like to see fixed in future versions. One of the most annoying things is all the double entries for applications available from multiple sources (i.e. standard RPM packages and Flatpaks).

          Bref, y a encore du travail avant que les paquets universels – qui sont très peu nombreux actuellement – prennent le dessus sur l’empaquetage classique.

      1. Indispensable non, mais vu que beaucoup ne pense que par des numéros de version et pourvu qu’ils ont la version la plus a jour, bah le besoin de backport ce fut sentir, on pourrait dire ça autrement, debian pour faire plaisir a ses utilisateurs puisque c’est le point le plus important de sa charte, met a disposition des paquets plus récents dans ce dépôts sans que ça ait des inconvénients sur le reste du système.

         

         

        1. Il est vrai qu’utiliser une version encore maintenue par les développeurs, c’est tellement superficiel et tellement dépassé.

          Merde, je viens de faire exploser en vol mon niveau d’ironie et de cynisme.

          1. Quoi tu parles d’avoir genre la dernière version de libre Office qui pète la plupart du temps le style et les fonts de ton documents que t’as passe du temps a faire dans la précédente version supporté de ce programme…

             

            Merde moi aussi je deviens aussi cynique que toi…

          2. Je maintiens que l’OpenSuSE de l’époque, une 9.x m’avait cassé du matos.

            J’ai trouvé l’article en question : https://cyrille-borne.com/google-jarrive-ou-pas/

            Et je le cite :

            Il y a aussi quelque chose qui m’agace particulièrement chez Libreoffice c’est la présentation qui explose d’un poste un à l’autre, avec le décalage du texte, de certains objets, même si pour les objets je vais désormais travailler autrement, on le verra plus loin. Alors effectivement, et c’est ainsi que je contourne le problème, en passant par la génération de fichiers PDF que je balance à la main sur mes autres appareils. Vous noterez que le BORNE a l’art de revenir sur le lieu du crime. Ce qui m’agace encore plus chez Libreoffice c’est l’explosion de mes documents lors d’une mise à jour de Libreoffice et ça c’est complètement insupportable. La dernière fois j’ai repassé trente minutes mon cours suite à une montée de version.

            Mais il ne précise pas la totalité des symptomes rencontrés.

            Et petit aparté concernant un de tes billets : je pense que Microsoft rachetera Canonical, étant donné que le bash de la couche WSL est celui d’Ubuntu.

  8. Quelques réactions en vrac:

    – Le fait qu’il n’y ait plus grand chose (en surface) qui différencie les acteurs du domaine ne signifie-t-il pas tout simplement qu’un certain niveau de maturité a enfin été atteint ?

    – LXQt n’est-il pas le descendant de Lxde ?

    – Sinon, pour les systèmes d’empaquetage, celui de Solus est encore plus simple & convivial que celui de ArchLinux pour les raisons que tu as cité (les nouveaux bénéficient du recul nécessaire pour faire mieux que ce qui a été mis en place auparavant) et aussi par le fait qu’il était essentiel pour cette distribution de pouvoir attirer de nombreux contributeurs pour créer des paquets qui répondent aux besoins spécifiques de cette distribution (notamment le fait d’avoir des paquets « stateless »)

    – Quand à ta remarque sur les poids lourds du domaine non-libre comme Adobe Photoshop par exemple, je ne suis pas entièrement d’accord. Ils ne viendront pas tant qu’il n’y a pas suffisamment d’argent à se faire et supporter une plateforme en plus est un coût supplémentaire. Le mac à su se positionner comme machine pour les infographistes et à su évoluer comme machine tendance pour personnes huppées et windows est ultra-dominant donc pourquoi Adobe irait investir dans Linux ?
    Le problème n’est-il pas plutôt que les infographistes sont formés quasiment exclusivement sur des produits propriétaires et que du coup ils utilisent ce qu’ils connaissent, ce qui détourne les investisseurs potentiels des logiciels libres qui ne leur donnerait pas de retour suffisant sur investissement ?
    Krita est une solution libre qui n’a pas à rougir face à Photoshop dans le domaine du dessin numérique. Certes, il est moins polyvalent que son aîné (qui a eu des années pour s’installer confortablement et qui a bénéficié d’investissements conséquents) mais ça démontre bien que le libre peut faire des choses très impressionnantes malgré les moyens plus que modestes dont il dispose… Si plus d’acteurs décidaient de se tourner vers le libre, ce dernier pourrait concurrencer le propriétaire !

    1. – Le fait qu’il n’y ait plus grand chose (en surface) qui différencie les acteurs du domaine ne signifie-t-il pas tout simplement qu’un certain niveau de maturité a enfin été atteint ?

      Oui, en gros depuis 4 à 5 ans.

      – LXQt n’est-il pas le descendant de Lxde ?

      Oui et non. Cf le blog où on voit que LXTerminal a été mis à jour en septembre 2018 : https://blog.lxde.org/2018/09/23/lxterminal-0-3-2-released/

      – Sinon, pour les systèmes d’empaquetage, celui de Solus est encore plus simple & convivial que celui de ArchLinux pour les raisons que tu as cité (les nouveaux bénéficient du recul nécessaire pour faire mieux que ce qui a été mis en place auparavant) et aussi par le fait qu’il était essentiel pour cette distribution de pouvoir attirer de nombreux contributeurs pour créer des paquets qui répondent aux besoins spécifiques de cette distribution (notamment le fait d’avoir des paquets « stateless »)

      Je ne donnerai pas cher de la peau de Solus en ce moment, surtout avec le départ de son développeur principal, Ikey Doherty. C’était l’incarnation de Solus. J’espère que les développeurs restants pourront faire survivre le projet.

      Pour Photoshop, avec un OS historiquement orienté PAO et retouche photo, Adobe n’a pas hésité à réécrire au moins deux fois le code. Une fois pour la migration du 68k vers PowerPC, puis vers les processeurs Intel.

      Le monde des distributions Linux est trop fragmenté pour qu’un port soit envisageable. Il faut qu’au moins la moitié, voire les 2/3 des distributions bureautiques actuellement indexées sur Distrowatch disparaissent par fusion ou abandon.

      Krita a apparemment une interface conçue pour être ergonomique et ne se limite pas au moteur. Problème de 95% des solutions libres actuellement.

  9. Pour Photoshop, avec un OS historiquement orienté PAO et retouche photo, Adobe n’a pas hésité à réécrire au moins deux fois le code. Une fois pour la migration du 68k vers PowerPC, puis vers les processeurs Intel.

    Je ne connais pas les détails de l’histoire mais Apple ne pouvait pas se permettre de se passer des logiciels d’infographie et de PAO de Adobe et d’un autre côté, Adobe se devait de continuer à être présent sur cette plateforme que ce soit pour une question d’image  et de clientèle… Il y a certainement eu des arrangements entre ces sociétés. Apple à peut-être une part de marché relativement modeste mais (surtout à l’époque était leader sur cette clientèle spécifique et le rendement par utilisateur a toujours été bien plus élevé sur la pomme que sur les fenêtres).

    Le portage sur linux n’est pas un problème insurmontable de nos jours les applications Qt s’intègrent relativement facilement sur les environnements de bureau GTK+ et vice versa et puis quand on voit que des sociétés telles que Feral Interactive par exemple arrivent à vivre du portage de jeux sur mac et linux qui ont des parts de marchés très faibles et qui ne touche que des cacahuètes sur les ventes, cela signifie que le plus gros obstacle c’est la volonté… parce que les jeux comptent certainement pas parmi les applications les plus simples à porter sur des plateformes tierces (même si les nouvelles API facilitent certainement le travail).

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