Y a-t-il une « malédiction » sur les installateurs automatisés d’Archlinux ?

Archlinuxien à temps plein depuis début 2009, je n’ai aucun problème à installer manuellement une Archlinux que ce soit pour une expérience en machine virtuelle ou sur une machine réelle, même si l’UEFI est un brin laxatif en ce qui me concerne.

Au fil des années, il y a toujours eu des projets pour contourner la méthode d’installation officielle – et un brin longue – qu’on peut résumer ainsi : RTFW, soit Read The Fine Wiki.

Un des plus anciens ? Le projet Archboot qui connait désormais une version par an. Depuis le milieu des années 2010, il y a eu des projets qui sont désormais soit abandonnés soit en piteux état.

Dans les projets abandonnés ? Feliz. Sa créatrice, Elizabeth Mills l’a annoncé en juillet 2018 sur le github du projet en laissant la communauté prendre le relai :

And, finally, an anouncement from the creator of Feliz. I am no longer able to maintain Feliz, so I hope that many people will clone Feliz and release their own versions to keep the dream alive.

Elizabeth Mills
22nd July 2018

Autre projet abandonné, Revenge Installer, installateur du projet RevengeOS. En octobre 2017, l’un des fondateurs quittait le projet, partant à la recherche de personnes pour prendre le relai, dixit une brève de Distrowatch.

La distribution est désormais déclarée morte par Distrowatch. D’ailleurs, le Zen Installer qui a pris la suite ne semble pas être en meilleure santé. Au 8 septembre 2018, quand j’écris cet article, la dernière modification remonte à avril 2018… Paix à ses octets ?

Autre installateur, Architect Linux. Même s’il a une deuxième vie dans sous la forme de l’ignoble (désolé, mes mains ont dérapé sur le clavier) Manjaro Architect (cf le bas de la liste), la page Sourceforge concernée est claire : le projet est inactif.

Ce qui nous amène donc à la dernière étoile montante en date pour les installateurs, à savoir Arch-Anywhere devenue Anarchy Linux.

Même si je fais partie du top 5 des contributeurs au projet (en septembre 2018) – via la maintenance de la traduction française et quelques correctifs plutôt simples – on sent que le projet n’est pas au mieux de sa forme.

Outre le fait que depuis janvier 2018, il soit impossible de recompiler l’image ISO graphique du projet à cause de modifications insérées dans les outils d’Archlinux, le dépôt tiers a trop tendance à partir en cacahuète. C’est encore le cas en ce début septembre 2018.

Ce qui rend impossible la vie des personnes voulant utiliser cet outil pour installer rapidement une Archlinux. Le github est au ralenti ce qui n’est pas franchement une très bonne nouvelle 🙁

Sa communauté Facebook ? Pas franchement mieux, au point qu’une mise au point a été postée.

J’avoue que je ne vais plus qu’une ou deux fois par semaine sur le github du projet pour voir s’il y a de l’activité, mais c’est à chaque fois une déception… J’essaye néanmoins de compiler régulièrement des images ISO en version CLI, au cas où j’en aurais besoin.

Et Cnchi, l’installateur d’Antergos ? Quand il ne sera plus en version 0.xx.y, ça sera quand même mieux 😉

À croire qu’il y a une forme de malédiction pour les installateurs automatisés pour Archlinux et sa famille, avec le contre exemple flagrant de Calamares. Il faut bien une exception qui confirme la règle, non ?

7 réflexions sur « Y a-t-il une « malédiction » sur les installateurs automatisés d’Archlinux ? »

  1. Pour moi c’est un mal pour un bien
    Ce genre de distribution n’étant pas à la porté de tout le monde à maintenir un fois installée, je trouve cette forme de « ticket d’entrée » nécessaire.
    Un installeur graphique pour Slackware, Gentoo, Arch, les BSD, d’accord. Et après ? Tu te débrouille comment avec les outils ?
    Ces distributions sont faites pour les gens qui savent se retrousser les manches, lire de la doc, et on un minimum de connaissances, de culture Unix/Linux
    Pour moi, ce ne sont pas des distributions accessibles à tous (et doivent le rester) et celui qui sait se débrouiller avec le wiki voire 2-3 tutos n’aura pas de problème

    PS : Et pour ceux qui pourraient arriver avec leurs gros sabots, je ne parle pas de debugger un SegFault, un kernel panic ou un fichier de conf ou service qui fait des siennes, juste de partitionner à la mano, chrooter, installer la base du système, le/les utilisateurs, l’environnement de bureau, les softs

  2. Personnellement, maintenant j’utilise Manjaro, mais j’ai été longtemps utilisateur d’archlinux que j’ai toujours installé a la main, car au final je vais plus vite a installer la base puis lancé mon script post installe que de me battre avec les installateurs automatisé pour avoir l’os que je voulais, maintenant je suis passé sur Manjaro plus par manque de temps pour réinstaller ma bécane qu’autre chose.

  3. Pourquoi s’acharner à ce point sur Archlinux ?

    Le projet est conçu pour faire l’installation à la main, la maintenance et l’utilisation sous-entendent que l’utilisateur sait se débrouiller seul ou avec la doc.

    Les outils évoluent souvent et cassent le fonctionnement des installeurs.

    Quid des upgrades par la console si pamac n’est pas installé par défaut ? Utilisation d’AUR ?

    Tôt ou tard, l’utilisateur devra apprendre à gérer son système, autant le faire à son rythme dès l’installation plutôt qu’apprendre à la dure plus tard (et pas forcément au moment qu’on souhaiterait : xorg qui plante avant une présentation …)

     

    Il y a beaucoup de rolling à présent qui proposent « officiellement » et j’insiste sur ce point des installateurs : openSUSE et Solus par exemple, et les fixed simplifient de plus en plus les upgrades pour rendre le saut de version très discret.

    On est loin du bricolage de version d’installeur maintenu très bizarrement.

     

    Ceux qui veulent vraiment utiliser Arch doivent se familiariser avec le système et la doc, pour les autres solutions, même manjaro et Antergos, c’est assez bancal et ça cassera à un moment ou un autre (cf les expériences utilisateurs des packs de mise à jour énorme sur le forum manjaro …)

    On en revient à faire confiance aux membres de l’équipe pour que le système fonctionne bien au quotidien, mais qui peut garantir 0 plantages critiques en fonctionnement réel sur une multitude d’hardware et d’utilisation différents ?

    1. Je répondrai sur un point précis :

      Ceux qui veulent vraiment utiliser Arch doivent se familiariser avec le système et la doc, pour les autres solutions, même manjaro et Antergos, c’est assez bancal et ça cassera à un moment ou un autre (cf les expériences utilisateurs des packs de mise à jour énorme sur le forum manjaro …)

      La seule fois où Manjaro a été vraiment bien emmerdée, ce fût à l’époque de l’énorme mise à jour bien chiante d’avril 2017.

      Fréquentant le forum de Manjaro.org, les cas de casses ? Des personnes qui utilisent des noyaux en fin de vie, d’autres qui ont mis 15 trillions de paquets en provenance d’AUR ou encore d’autres qui ont tellement modifié leur installation que c’est devenu une bombe à retardement.

  4. Salut. Petite question juste pour comprendre, que reproches tu a manjaro architecte ?

    Ça fait plusieurs fois que je te vois pester contre et du coup, je voudrais comprendre.

    Je l’ai déjà utilisé par le passé et je dois avouer que dans l’ensemble ça tourne correctement. Je précise dans l’ensemble car j’ai eu plusieurs fois des installations qui ont foiré car il ne trouvait pas les bon packages.

    En général quand ça foire je retourne sur calamares mais je test régulièrement par curiosité de ce qu’ils rajoutent dans les versions plus récentes.

    À plus

  5. Autant j’ai du mal avec certain de tes articles, autant le meilleur installateur d’Arch à ce jour est, selon moi, ton guide d’installation.

    Clairement le Wiki est beaucoup trop dense pour une instal « rapide », et un installateur automatique ne peut pas prendre en compte tous les trucs spécifiques d’Arch. Ou alors il propose sa propre distrib, mais dans ce cas ce n’est plus qu’un simple installateur…

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