En vrac’ de fin de semaine…

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac.

Côté logiciel libre, informatique et internet.

Côté culture ?

Bon week-end 🙂

8 réflexions sur « En vrac’ de fin de semaine… »

  1. Salut Fred,

    Concernant les failles Meltdown, Spectre et compagnie, il semblerait que les différentes versions du Raspberry Pi y soient immunisées de par le design respectif des coeurs ARM que l’on trouve dans les différents SoC utilisés.

    Source: https://www.raspberrypi.org/blog/why-raspberry-pi-isnt-vulnerable-to-spectre-or-meltdown/

    Du coup, le seul ordinateur qui n’est pas touché par ces failles, qui ne seront probablement pas bouchées avant 2019-2020 au mieux par les révisions hardware des différents concepteurs de puces, se trouve être un système bon marché, suffisamment ouvert sur le plan logiciel pour pouvoir en optimiser les ressources, et tellement flexible dans son utilisation qu’on peut en faire ce que l’on souhaite (domotique, cluster de calcul, robotique, ordinateur de bureau, etc…).
    Cerise sur le gâteau, le Raspberry Pi 3 pourrait survivre au bug de l’an 2038 (processeur 64-bits, donc possibilité de traiter des nombres entiers codés sur 64-bits), si sa longévité égale celle des Amiga et autres Amstrad CPC!

    Bref, ce serait parfait si un Raspberry Pi 4 sortait cette année, avec un SoC Broadcom Quad-Core (Hexa-Core ?) de Cortex A55 (également immunisés « a priori » de ces failles), avec une option 2 Go de RAM, et éventuellement avec un iGP un peu plus musclé (VideoCore 5?), le tout pour 50 Euros nu!

    Je rêve peut-être un peu, on verra bien comment les choses vont évoluer…

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    Concernant la SolydXK, outre le Flat Design adopté il y a un ou deux ans et qui ne me plaît pas, cette distribution n’a plus aucune raison d’exister aujourd’hui.

    A l’époque (2013-2014), on était en pleine mode Linux Mint (une grosse part de sa popularité venait du double rejet des nouveaux bureaux GNOME 3 et Unity), avec son interface graphique très élégante à l’époque et sa facilité d’installation assez déconcertante, alors que Debian 7 n’était il me semble pas aussi facilement installable qu’aujourd’hui.
    Cette distribution permettait d’avoir du choix, de combler un manque (bureaux Xfce et KDE pour une Linux Mint LMDE version 1).

    Mais en 2018, les choses ont bien changées.
    L’enthousiasme autour de la Linux Mint a disparu ou beaucoup faibli, et cette distribution est concurrencée fortement par toutes les dérivées d’Ubuntu (Ubuntu MATE bien sûr, mais aussi les Lubuntu, Kubuntu et Xubuntu).
    L’évolution de MATE remet a priori en cause l’existence de Cinnamon, surtout que la réaction communautaire épidermique envers GNOME 3 est retombée depuis le temps.
    De plus, Canonical, critiqué entre-temps pour son côté « propriétaire » dans le développement de ses solutions, n’a plus une image aussi négative que précédemment depuis son abandon complet de Unity et l’adoption de GNOME 3 et donc de Wayland, ce qui remet en cause l’intérêt de la dérivée stricte qu’est ou était la Linux Mint.
    Etait car la nature des « saveurs » de la Linux Mint a totalement changé en 5 ans, avec seulement des versions LTS basées sur Ubuntu, et une version LMDE qui je crois n’a plus grand chose à voir avec la première version.
    Enfin, le fameux piratage des dépôts (cas des iso vérolées) a soulevé la question de la sûreté de leur infrastructure, et de la capacité pour des petites équipes de pouvoir l’assurer (cela ne concerne pas uniquement la Linux Mint, il y a eu le « lanceur d’alerte » sur LinuxFR qui avait soulever un problème du côté de la Mageia le printemps passé je crois).

    Certes, SolydXK est aujourd’hui basée sur Debian, ce qui en fait une simple dérivée qui n’apporte pas forcément grand chose de plus qu’une Debian justement (Debian 9 est très simple d’installation, et la configuration post-install ne dure pas franchement longtemps) ou qu’une Ubuntu. Mais, à sa création, il y avait ce lien avec la Linux Mint, dont le projet a, je suppose, bien profité lorsque cette dernière était vraiment à la mode.

    Tout ça pour dire qu’une page est en train de se tourner pour l’histoire des distributions GNU/Linux avec la fin de l’engouement autour de la Linux Mint et des distributions associées.
    Et que les choses peuvent très vite changées, notamment en ce qui concerne les distributions populaires (je pense notamment à Manjaro, qui vit un peu la même chose en ce moment).

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    Ouf, désolé pour le pavé. J’ai voulu écrire sur des sujets que je connais un peu, et je me suis un peu laisser emporté.

    Bonne soirée et à une prochaine.

    1. Salut,

      Je ne suis pas tellement d’accord avec toi concernant SolydXK. Pour moi, les « vraies » dérivées Debian sont SolydXK, MX, LMDE… Ubuntu et Linuxmint sont moins exigeants au niveau de la politique de sécurité et stabilité.
      Et puis, même si j’adore et tourne sous Debian, on va pas se mentir; malgré la facilité d’installation renforcée au fil du temps, l’expérience utilisateur est un peu laissée pour compte (y compris sur leur site d’ailleurs). Quand on installe une Debian, c’est spartiate de base et on a généralement que le minimum vital.
      Une distribution un peu jolie et user-friendly avec quelques outils spécifiques, ça compte pour le novice.

      1. Salut Zorzi,

        Concernant ton affirmation, selon laquelle Ubuntu et Linux prennent moins au sérieux la sécurité et la stabilité que Debian, je ne vois pas trop où est le problème en fait.

        En effet, même si Ubuntu semble être basé sur Debian Testing ou Stable (donc évidemment moins stable), il semble tout de même que cette distribution est suffisamment stable et sécurisée pour être utilisée sur des serveurs et que des éditeurs de logiciels pro certifient leurs logiciels pour cet OS.

        Pour Linux Mint classique en revanche, on peut avoir de sérieuses réserves quand à ces deux critères, avec le support uniquement communautaire (si le système casse, il n’y a pas de risque financier de même ampleur pour l’équipe derrière Linux Mint, contrairement pour le cas de Red Hat ou d’Ubuntu justement, qui vendent une assistance technique pour leur distribution serveur) et la gestion d’une infrastructure propre sans en avoir forcément suffisamment les moyens, menant à de possibles failles de sécurité dans le cas du téléchargement d’ISO (l’attaque que j’ai mentionnée dans mon premier message a eu lieu début 2016, ce qui commence malgré tout à dater).
        On peut encore parler du fait que la Linux Mint perd la compatibilité certifiée pour les logiciels pro, et également au passage la marque « Ubuntu » (aucun support d’aucune sorte de la part d’une entreprise), ainsi que le problème des dépôts propres qu’il faut gérer (à vérifier, vue que je me suis intéressé à ce sujet dans ma période Manjaro, qui elle fonctionne entièrement sur ces propres dépôts).

        En fait, je fais à Linux Mint (tout comme à tout un tas d’autres distributions, Manjaro en tête), les reproches suivant:
        – Etre dérivée d’une distribution mère solide, avec un support financier et/ou organisationnel fort derrière, sans pour autant en reprendre les avantages (infrastructure en utilisant les mêmes dépôts (au lieu d’en créer des nouveaux et de perdre de l’énergie et du temps à les gérer), certification quasi-automatique de logiciels pros, pérennité du projet en étant entièrement adossé à une distribution aux fondations solides, etc…).
        – Ne pas apporter quelque chose de fondamentalement nouveau par rapport à la distribution mère, et qui soit facilement reconnaissable comme tel par n’importe qui, développeur comme simple utilisateur lambda (en gros, ne pas être une simple customisation d’une distribution déjà existante, en changeant juste le thème graphique et deux-trois logiciels sans apporter grand chose de plus).

        Ainsi, pour toute personne souhaitant passer à GNU/Linux, tout en voulant quelque chose de facile d’utilisation, je lui conseillerai plutôt une des différentes variantes officielles d’Ubuntu plutôt que Linux Mint, ou je ne sais quelle autre distribution dérivée, car ces variantes font tellement bien le job qu’il n’y a pas vraiment besoin d’aller chercher plus loin (en plus du fait que, depuis que Canonical a cédé sur Unity et Mir, il n’y a plus de raison valable de cracher sur Ubuntu et son développeur principal).

        C’est notamment le cas de la Ubuntu MATE qui reprend l’esprit de la Linux Mint au niveau du bureau, avec un gestionnaire de logiciel qui ne fait pas doublon avec d’autre comme Synaptic par exemple, tout en ayant l’avantage de taille d’être une dérivée Ubuntu officielle, avec tout ce qui va avec.
        C’est justement pour cela que Linux Mint, qui récemment semble se recentrer sur Cinnamon, MATE et Xfce, en abandonnant KDE pour la prochaine version, devrait selon moi carrément abandonner la base Ubuntu pour se concentrer sur la base Debian, car, bien que sans elle Ubuntu MATE n’aurait jamais exister (c’est Linux Mint qui a en grande partie populariser MATE à l’époque, permettant aujourd’hui à ce DE de se développer et de menacer directement les DE concurrents, et en particulier Cinnamon; le jeu d’icône sur Ubuntu MATE est une version légèrement modifiée de celle que l’on trouve sur Linux Mint), elle a finit par être dépassée par d’autres distributions, qui ont su apporter quelque chose en plus que ce que proposait Linux Mint.

        Pour résumé: pour un débutant qui veut juste découvrir les systèmes GNU/Linux au sein de la galaxie du Logiciel Libre sans prise de tête, je conseillerais par principe (K/X/L)ubuntu (MATE).

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        Par contre, pour une personne cherchant en plus la stabilité, et qui adhère aux principes du Libre mais aussi à d’autres valeurs, et donc qui cherche un système d’exploitation en accord avec ses convictions, c’est vrai qu’Ubuntu n’est plus vraiment la distribution idéal.

        Dans ce cas, Debian serait le meilleur choix (grâce à la non-restriction de redistribution du logiciel imposée par la législation US, et son Contrat Social).
        Certes, Debian demande un tout petit peu de travail, mais n’importe quel utilisateur un tant soit peu familier avec les ordinateurs, et qui s’intéresse un minimum au sujet, peut s’en sortir sans y passer trop de temps, et le cas échéant arrive à trouver les informations nécessaire sur le web (chez moi, j’ai juste eu à paramétrer mon bureau Xfce (environ 20 minutes pour trouver la configuration que je souhaitais, et à installer le Wi-fi, qui par contre a été un peu plus galère). En gros, il s’agit de la grosse majorité des utilisateurs qui s’intéressent à Debian.

        Cependant, pour les quelques utilisateurs débutants qui ne veulent absolument pas passer des heures à chercher des informations sur le Web et à configurer son installation pour qu’elle marche, et qui veulent une solution jolie, bien intégrée et pourtant stable, c’est vrai qu’une Debian pure risque de les déboussoler un peu trop, et qu’une distribution dérivée de Debian est nécessaire pour au moins leur permettre de découvrir à leur rythme les différents aspects d’une distribution Debian.

        Si on reprends les deux reproches que je peux faire à des distributions, pour le moment, SolydXK n’est vraiment pas a priori un bon choix (dépôts peut-être distincts, mais surtout intérêt relativement moindre par rapport à d’autres distributions « user friendly » basée sur Debian). Du coup, je vois juste pas ce qui justifie qu’on utilise SolydXK plutôt qu’une autre distribution.
        MX Linux, que je connais assez mal, ne semble pas faire mieux suivant ces critères (apparemment, n’est pas conçue pour les ordinosaures comme la antiX, et semble posséder un système de paquet propre, à vérifier).

        Par contre, une distribution que je recommanderais chaudement est la DFLinux, qui est en quelque sorte la successeur de HandyLinux, et en hérite quelque propriétés:
        – Cette distribution est juste une Debian avec des outils qui simplifie son installation et son utilisation (avec probablement l’idée de permettre, par l’apprentissage, à l’utilisateur de pouvoir s’en passer un jour, et ainsi d’utiliser une Debian pure).
        – Cette distribution apporte en plus un aspect pédagogique grâce aux documents disponibles (cahiers du débutant) et la communauté Debian Facile sur laquelle DFLinux s’appuie.

        Donc, à priori, pour un utilisateur débutant qui souhaite la stabilité et la liberté du Libre, sans se prendre tout de suite le choux mais en apprenant à son rythme (ou même en apprenant rien du tout, ce qui est tout aussi valable finalement), je recommanderais plutôt une DFLinux qu’une distribution comme la SolydXK, qui n’apporte pas grand chose de plus à une Debian par rapport à la première.

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        Du coup, une question se pose: quel avenir pour Linux Mint?

        Comme je l’ai déjà dit, il faudrait que seule la LMDE soit conservée, la base Ubuntu ayant une concurrence beaucoup trop forte.

        Apparemment, la LMDE semble être très proche d’une Debian, avec juste l’ajout d’un dépôt qui contient tous les logiciels propres à la Linux Mint (Cinnamon, X-apps, etc…). Si cela garantie une compatibilité maximale avec la base Debian, un des deux écueils sera passé.

        Reste l’ajout d’une fonctionnalité propre à la distribution, qui justifierait son adoption.
        Une piste à explorer serait l’utilisation de paquets Flatpak (le gestionnaire de paquets de la Linux Mint semble les gérer depuis déjà un petit moment) pour avoir des logiciels clés (navigateurs web par exemple) à jour, sans toucher le système de base, basé sur Debian Stable, ni devoir gérer les dépôts et les versions des logiciels (soit en ayant recours au backport, soit carrément au Pinning, en reprenant des paquets du dépôt Sid, ce qui selon moi pourrait poser des problèmes au gestionnaire de paquets et mener à des instabilités ou des crashs).
        Cela permettrait, en créant un dépôt Flatpak propre contenant simplement une centaine d’applications, de séparer les logiciels de base (paquet .deb dans le dépôt stable) des logiciels à mettre à jour absolument (paquets Flatpak), et de pouvoir installer les dernières versions de ses logiciels préférés sans faire de grosses manipulations, ni risquer de casser son système!

        A voir donc comme cela va évoluer.

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        Bonne nuit.

        1. Salut,

          J’ai un peu testé la DFLInux et je trouve aussi que c’est du très bon boulot, avec une petite sélection logicielle plus confortable que l’install de base Debian.

          Comme toi, j’ai tendance à penser que Linux Mint devrait se consacrer exclusivement à la LMDE. Au passage, j’aime beaucoup cette dernière que je privilégie pour mes proches qui me demandent de leur installer Linux. Je suis à peu près sûr qu’une mise à jour ne viendra pas y foutre la pagaille.

          Mon coeur balance en ce moment entre SolydK et la dernière MX 17 qui semble montrer une belle maturité.

          A bientôt.

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