Jean-Philippe Smet n’est plus ? Le nécro-commerce musical se frotte déjà les mains…

C’était prévisible. Le plus belge des rockeurs français du début des années 1960 est parti peu après Jean d’Ormesson.

Heureusement pour l’académicien qui – dans le cas contraire – n’aurait eu droit qu’à un entrefilet en bas de page des quotidiens nationaux. Déjà, ses ami(e)s vont venir alimenter le « bal des pleureuses médiatiques » et louer son talent.

Oui, j’emploie cette expression sexiste selon les personnes qui considèrent que l’on doit aseptiser la langue française et ne plus dire aveugle mais non-voyant, que l’on doit mettre en place l’écriture inclusive au nom de la lutte contre les discriminations sexuelles en oubliant que cela en fait une bouillie indescriptible et inaudible pour les personnes utilisant des lecteurs d’écrans à cause d’une cécité ou d’une vue défaillante.

Mais inutile de revenir sur la bêtise liée au proverbe qui veut que « la route de l’Enfer soit pavée de bons sentiments ». Il y aurait de quoi remplir des bottins.

Derrière la tristesse réelle ou simulée des anonymes et des célébrités, il se cache quelque chose de plus ignoble, que l’on aime ou que l’on se contrefoute des créations de Jean-Philippe Smet : la préparation des albums hommages, des compilations (et il y a de quoi faire avec une carrière qui court sur près de 60 ans), des enregistrements inédits.

En clair, le bon vieux nécro-commerce qui nous propose depuis des années ce genre de pépites soit disant trouvées par hasard.

D’ici la mi-juin 2018, les albums « hommages » vont fleurir dans les rayons. Ils se vendront comme des petits pains, les fans – peu importe leur sexe biologique apparent – se jetteront dessus. Comme des personnes affamées se jettent sur un crouton de pain.

C’est la vie après tout, non ? À moins que le commerce ne doive continuer. 30 ans après sa mort, il y a toujours des albums hommages à Iolanda Cristina Gigliotti alias Dalida. Près de 40 ans après sa mort accidentelle en mars 1978, les radios passent encore Claude François.

Bref, le nécro-commerce va fonctionner à fond. Pour le plaisir des vendeurs de galettes plastifiées.

Pour reprendre ce que disait Pierre Desproges dans un de ses spectacles :

J’ai pas peur de l’avouer, j’avais quarante ans passés, eh bien, le jour de la mort de Brassens, j’ai pleuré comme un môme. J’ai vraiment pas honte de le dire. Alors que – c’est curieux – mais, le jour de la mort de Tino Rossi, j’ai repris deux fois des moules.

Je n’étais pas bien vieux quand Georges Brassens est mort, mais pour moi, ce fut la mort de David Bowie qui me fit cet effet. N’étant pas friant des coquillages, je les remplacerai par des nouilles. C’est plus économique soit dit en passant.

Mes condoléances aux personnes qui aimaient sincèrement les créations chantées par Jean-Philippe Smet. Et aussi aux personnes qui – comme moi – n’en ont rien à faire.

Allez, bonne journée sans télévision et radio !

34 réflexions sur « Jean-Philippe Smet n’est plus ? Le nécro-commerce musical se frotte déjà les mains… »

  1. J’attends le tweet de Pascal Nègre qui nous rappellera « qu’avec Johnny c’est une des dernières légendes , artiste et poète , qui disparaît ! Ses plus grands succès sont chez Universal ! RIP ».

    1. Poète ? Heu non, ce type n’a jamais rien écrit, que ce soit de la musique ou des textes, d’autres écrivaient pour lui… Déjà qu’il avait du mal à dire des truc intelligents ! Bref ce type était un imbécile qui n’avait pour seule qualité d’être bon sur scène. Bref, il était très largement sur-coté selon moi…

  2. Bonjour,

    « les albums « hommages » vont remplir dans les rayons » –> « vont remplir les rayons » serait plus élégant.
    « Ah moins que le commerce doit continuer » –> À moins que le commerce ne doive continuer

    Comparer Brassens (Auteur, compositeur, interprète), à J.P. Smet (seulement interprète), c’est un peu comparer Gainsbourg à Sheila, le caviar aux Œufs de lump, le champagne au vin mousseux, etc…

    Sinon, les moules, c’est pas vraiment plus cher que les pâtes 🙂

      1. Je ne voudrais pas te sembler lourd, mais « Ah moins que le commerce doive continuer », le « Ah moins », ce devrait être « À moins », et « le commerce doive continuer », « le commerce ne doive continuer ».
        Sauf erreur de ma part, bien sûr. J’étais nul en rédac à l’école, et archi-nul en orthographe, mais en moins de 50 ans, je me suis soigné (le secret, c’est la lecture).
        Celà dit, je reconnais que c’est facile de pointer les erreurs des autres, beaucoup plus que de ne pas en faire soi-même.

  3. @ Monsieur Pierrot
    vous écrivez : « Celà dit, je reconnais que c’est facile de pointer les erreurs des autres, beaucoup plus que de ne pas en faire soi-même ».
    Depuis je cherche si un accent est nécessaire sur le a de cela…
    J’ai un doute. Eclairez-moi, mais ne m’allumez pas.

    1. Vous avez tout à fait raison, « Cela » ne prend pas d’accent ! Ce qui illustre magistralement le fond de la proposition : c’est facile de pointer les erreurs des autres, beaucoup plus que de ne pas en faire soi-même 😉
      La confusion vient de « çà et là », qui eux prennent l’accent.

      Cela dit donc, l’accent grave est proposé par la fameuse réforme de l’orthographe que personne n’applique 🙂

      Merci pour cet éclairage.

  4. Qu’on aime ou qu’on aime pas, on ne peut que saluer sa carrière. Capable de remplir plusieurs fois de suite un stade : cela rejoint d’ailleurs un précédent commentaire, on a vu mieux comme salle de spectacle d’ailleurs, à moins effectivement que johnny soit plus un sportif (avec tout le cocktail de produits interdits qui va bien) qu’un artiste.
    Mais voilà, sa carrière, on ne peut lui enlever et des johnny, qu’on aime ou qu’on aime pas (perso je suis pas fan à part les titres les plus connus, accompagné d’une bonne section de cuivres, ça donne pas mal), y’en aura pas deux.
    Par contre, on parle d’hommage national pour ses obsèques (why not), mais pas pour d’Ormesson?

  5. Bonjour,
    Je ne suis pas un auditeur de Johnny, maintenant de là à dire que je n’aime pas … certes il y des morceaux qui n’ont provoqués aucune émotion, mais d’autres (étant né dans les années 70) pour lesquels j’ai tendu l’oreille.
    Le gars a 60 ans de carrière, a traversé les décennies avec la même ferveure envers sa musique et ses fans, et c’est remarquable.
    Je suis curieux néanmoins, de savoir ce qu’aime ce qui dise qu’ils n’aiment pas ?

    1. « Je suis curieux néanmoins, de savoir ce qu’aime ce qui dise qu’ils n’aiment pas ? »

      Beethoven, Mozart, Schubert, John Coltrane, Miles Davis, The Beatles, The Velvet Underground, Pink Floyd, Dylan, Jimi Hendrix , Bach, Schütz, Brassens, Nougaro, Verdi, Bob Marley, Kraftwerk, Stones, Led Zep’, Haendel, Puccini, Monteverdi, …

      Entres autres.

      (*) : (Johnny Hallyday lui a certes piqué et défiguré « Hey Joe » mais l’a programmé en première partie d’un de ses concerts.

      http://www.huffingtonpost.fr/2017/12/06/quand-johnny-hallyday-lancait-jimmi-hendrix-en-france_a_23298792/

    2. Perso je n’ai jamais aimé la musique et les chansons de Johnny mais j’ai des gouts musicaux tellement éclectiques et variés que je ne pourrais pas faire un résumé ici lol.
      Ça part dans tous les sens ( classique, jazz, pop, rock, hard-rock, variété française et internationale, des trucs totalement underground et WTF, etc… )
      En ce moment en chanteur français, j’écoute et j’apprécie Romain Humeau par exemple.
      Sinon dans les anciens chanteurs français de la génération de JH, je voue une admiration sans borne à William Sheller ( en espérant qu’il disparaisse le plus tard possible vu son talent intact et sa santé fragile )
      Voila 😉

    3. Ah c’est simple, tout ce qui n’est pas commercial:
      (désolé, mais il s’est fait un paquet de fric depuis un petit bout de temps, sans jamais se remettre en cause. Et son cancer a servi pour vendre encore plus.)

      Perso les artistes que j’écoute:
      – Beruriers Noirs
      – Les Sales majestés
      – Les Sheriff
      – Les secrétaires volantes
      – The Exploited
      – Trust
      – Scorpions
      – Simon and Garfunkel
      – Tagada Jones
      – Parabellum
      – Depeche Mode
      – Beatles
      – Rolling stones
      – Les Ramoneurs de Menhirs
      – Plantec
      – Brassens
      – Queen

      Alors franchement, faut arrêter de croire que johnny était une référence. Un genre musical ne se construit pas grâce à une seule personne.

  6. Pas fan de Johnny, j’apprécie néanmoins quelques chansons de lui.
    Je suis allé le voir en concert l’année dernière, par curiosité, et je n’ai franchement pas été déçu.
    Le bonhomme de 73 ans s’est donné à fond sur scène, certes en decàs de ce qu’il a certainement pu donner autrefois, mais franchement c’était vraiment pas mal.
    Pour avoir mené une carrière comme il a su le faire, il a dû être beaucoup plus intelligent que les personnes et les propos le dénigrant…
    Enfin bref, ce personnage nous a accompagné le long des années, et ses interprétations entendues ici et là malgré nous, ont un tant soit peu participé à la bande sonore de nos vies… et tant pis pour ceux qui ont repris des moules ou des nouilles, il demeure une icône!

    1. Dans mon cas c’est totalement subjectif.
      Bref je débranche mon cerveau et j’écoute -> si cela me plait je garde, sinon tant pis. Et c’est le cas de la musique de Johnny qui ne m’a jamais épinglé les oreilles
      Par contre j’aime bien Eddy Mitchell lol !
      Donc il ne faut chercher aucune logique là-dedans 🙂

  7. C’est quoi une musique qui n’est pas commerciale? Vous croyez sincèrement que ceux qui font des disques se foutent de les vendre ou pas?
    A partir du moment que vous êtes publié sous un label, avec un contrat avec une maison de disque, ben vous êtes une musique commerciale : alors les beatles, les rolling stones, les queen, dire qu’ils ne sont pas commerciales, lol…

    1. Une musique faite pour le plaisir, pas pour le fric.
      Vous connaissez le label Folklore de la zone mondiale ? C’est exactement pas ce que vous décrivez.

      Pour les beatles, queen et les rollings stones, étant donné qu’ils ne jouent plus, ce n’est pas à eux qu’ils faut s’en prendre mais à leurs maisons de disque.

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