Le noyau linux-libre, un cul-de-sac à terme ?

J’ai pu lire sur Phoronix qu’à peine sorti, le noyau linux 4.14 avait été disséqué pour enlever les micrologiciels et bouts de code précompilés nécessaire au fonctionnement de nombre de matériels.

Le projet Linux-libre veut proposer un noyau complètement débarrassé de ces bouts de code. C’est un choix qu’on peut comprendre sur le plan éthique, même si cela peut entraîner soit le non-support soit un support imparfait du matériel que l’on a parfois acheté à des prix qui font mal au fondement.

Cependant, on peut lire sur l’article de Phoronix la phrase suivante qui résume bien le noeud du problème concernant la production du noyau « libéré » :

There were also complications around upstream Linux 4.14 having dropped their in-tree firmware code.

Une traduction rapide :

Il y avait aussi des complications autour de Linux 4.14 en amont ayant abandonné leur branche du code pour les micrologiciels.

Mais il reste un problème de taille… Le noyau 100% libre ne saurait être vraiment utilisable sans problème sans du matériel qui est lui aussi 100% libre…

Cela veut dire proposer entre autre sous licences libres :

  • Un bios / uefi
  • Un microprocesseur
  • Un circuit son
  • Un circuit graphique
  • Un circuit réseau filaire
  • Un circuit réseau pour le wifi

Le tout se branchant sur une carte mère libre… Et si on regarde, cette liste est loin d’être remplie… Sauf erreur de ma part, il y a bien un bios libre, c’est CoreBoot et sa variante LibreBoot.

Pour les microprocesseurs, il y a le projet RiscV avec une création bien avancé, LowRisc. Il y a aussi d’autres projets basés sur l’architecture Sparc, comme OpenSparc par exemple, mais comme c’est sous la coupe d’Oracle…

Pour tout ce qui est audio, graphisme ou encore le réseau, c’est pas franchement la joie. Le projet Open-Source Graphics ayant disparu vers 2010-2012…

Même si un ensemble de composants 100% libre avec pour résultante un ordinateur 100% libre, il faudrait alors se pencher sur les périphériques les plus courants comme les imprimantes… Et quel serait le prix de production et donc de commercialisation de tels produits ?

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augures, il est à craindre que les noyaux 100% libre ne soient à terme un cul-de-sac, surtout sur du matériel récent qui contient des parties non libres pour éviter de produits contrefaisants, comme des Core i7 en 2010…

J’espère juste me tromper !

13 réflexions sur « Le noyau linux-libre, un cul-de-sac à terme ? »

  1. Sur du matériel pas trop récent il passe bien le noyau libre, sans perte de fonctionnalité ou de puissance, j’entends. C’est sûr que question matériel libre on est encore loin du compte mais qui sait? Quand j’ai débuter linux c’était parfaitement inutilisable pour la plupart des gens et maintenant c’est à la portée d’un très grand nombre.

    1. Je suis d’accord que si tu as du matos de 4 à 5 ans, ça peut aller. Mais pour du matos plus récent, c’est souvent plus les emmerdements sans fins qu’autre chose.

      Quant au matos libre, il suffit de voir comment les projets de circuits graphiques libres se sont plantés en beauté. Je ne pense pas voir avant bien 10 ans un ordinateur 100% au niveau de ses composants de base. J’espère juste me tromper.

      1. bonsoir ,
        il me semble qu’en fait il s’agit des vieux firmwares présents initialement dans le source kernel git, il devrait être sur un autre git à l’extérieur .

        de ce fait , ils ont simplement et purent eu raison de supprimer ces anciens blobs de cette partie du kernel , car cela incitent à continuer dans cette voie.

        1. Bonjour,
          Ce n’est pas tout à fait cela. Dans le noyau officiel il y avait à la fois une arborescence « firmware » et l’appel à un dépôt git externe. Il a été décidé de supprimer l’arborescence firmware du noyau. Désormais les firmwares nécessaires à certains pilotes sont uniquement dans leur propre dépôt git ce qui facilite la tâche des mainteneurs des distributions pour empaqueter d’un côté le noyau et d’un autre les fimwares (linux-firmware). Pour l’utilisateur final cela ne change rien puisque la plupart des distribution fournissent un paquet linux-firmware séparé depuis des années.
          Cela facilite également le travail sur des projets comme celui cité par Fred consistant à fournir un noyau entièrement libre.

      2. C bien le problème de LINUX , d’avoir 5 ou pire 10 ans de retards sur les drivers dans le kernel, ça donne pas envie à personne de migrer sur cette plateforme.

        Pourtant on est milliers à vouloir migrer sur LINUX .

        1. Ne pas avoir envie mais le vouloir quand même un peu quoi 😀 …

          Quand on veut, on fait et c’est là qu’on se rend compte que le tableau n’est pas si noir qu’on le croyait.

          A titre d’exemple, j’ai récemment reçu un thinkpad x270 au boulot et il tourne très bien sous Debian stable…

        2. Bonjour,
          Les distributions Linux majeures (Debian, Ubuntu, RedHat, Fedora, Arch, etc.) s’installent généralement sur n’importe quelle machine récente.
          Les blocages à l’installation sont dues aux restrictions imposées par les constructeurs : UEFI verrouillé, secure boot non désactivable et autres joyeusetés pour empêcher le client d’avoir un appareil fonctionnel (defective by design).
          Les problèmes de fonctionnement concernent essentiellement certaines puces Wi-Fi, le reste fonctionne très bien avec les pilotes libres.
          Pour les périphériques externes il faut juste s’assurer qu’un pilote libre existe ou que le constructeur fournit un pilote pour Linux (notamment pour les imprimantes).

          1. C’est un peu simplificateur ton « defective by design ». Il y a aussi le fait que sans certains blobs, on peut tomber sur des contrefaçons comme les core i7 que j’ai cité en fin d’articles.

            Les imprimantes sont un cas spéficiques. Mais la plupart des fabricants de circuits n’en ont souvent rien à foutre des quelques pourcents d’utilisateurs et d’utilisatrices d’OS autre que MS-Windows.

  2. Salut Fred!

    Un poil hors-sujet, mais étant donné que Firefox 57 « Quantum » est censé sortir demain, ce serait intéressant d’avoir un petit comparatif final.
    Une candidate est sortie hier sur le FTP de Mozilla dans /pub/firefox/candidates/57.0-candidates/build4/ (j’ai pas mis le lien entier, avec les antispams vouala quoi…)

  3. Bonjour,

    @reylias

    tu peux installer installer le « blobs » propriétaires pour ne pas avoir du souci.
    Par exemple Fedora en installent quelques-un Debian non, mais on peut les rajouter.
    Ce n’est pas difficile, et ce n’est pas un élément bloquant à l’utilisation d’une distribution GNU\Linux.

  4. > Mais il reste un problème de taille… Le noyau 100% libre ne saurait être vraiment utilisable sans problème sans du matériel qui est lui aussi 100% libre…

    Je n’ai pas compris cette partie, pour moi on peut faire tourner un logiciel libre sur du matériel non-libre. Le problème ici ce sont les matériels qui demandent des firmwares non-libres, par exemple qui doivent être fournis par le noyau lors de leur initialisation. Il en reste une fournée (on pourra citer beaucoup de cartes wifi), et l’idée des noyaux « sans firmware » est de s’assurer qu’on ne les utilise pas. Mettre un peu de pression sur les constructeurs pour qu’ils libèrent leur firmware.

    Quant à la nécessité d’avoir une machine de 4 ou 5 ans, là encore ça n’a pas de rapport avec les firmwares non-libres, c’est une question de pilote tout court. En dehors des cartes graphiques il me semble que ce problème diminue aussi (mais c’est juste mon feeling et comme je joue en Thinkpad, je suis biaisé). On pourrait même citer des périphériques et des architectures qui fonctionnent d’abord sous Linux. Reste cependant le temps d’intégration dans les distributions ; là encore amélioration avec le principe des noyaux LTS (comme ce fameux 4.14).

    1. Simple remarque : tu penses que la pression jouera sur les constructeurs ? Tant que le Linux bureautique restera à moins de 5% ou 10% de parts de marché, les constructeurs se contenteront – à raison – de faire un doigt d’honneur aux utilisateurs d’OS autre que MS-Windows.

    2. alors , la encore certains non pas compris

      historiquement il y a eu un répertoire /firmware dans les anciennes version de linux , le passage sur Git les conservent , et cela portent surtout sur de vieux blob / drivers ,
      il n’a *rien* a y faire dans le source kernel , les blobs & firmwares sont doivent être développé sur un autre Git , et non celui du Kernel

      cela aurait du être fait depuis longtemps

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