Les installateurs conviviaux pour Archlinux, c’est la fête du slip à la taille XXL ?

Étant un  vieil utilisateur d’Archlinux – j’ai commencé à utiliser la distribution GNU/Linux qui est devenu synonyme d’OS en mise à jour en flux constant, largement avant que Microsoft ne reprenne ce principe pour son espiogiciel géant MS-Windows 10.

En octobre 2014, j’exprimais tout le bien que je pensais de cette idée d’un installateur graphique pour Archlinux. J’ai depuis décidé de revoir un peu ma position, en la modérant très légèrement, même si je considère que cela cache le côté « technique » de la Archlinux.

Je tiens que pour écrire ce billet, j’avais besoin d’un album bien couillu, j’ai nommé « My Arms, Your Hearse » (« Mes bras, ton corbillard », tout un programme) d’Opeth sorti en 1998, l’album le plus dur de la discographie du groupe avec « Deliverance ». Fermons cette parenthèse rapide.

Pour mémoire, l’expression « fête du slip » désigne : un comportement sans-gêne, une situation qui dégénère ou devient absurde, un relâchement total. Merci au Wiktionnaire pour la définition.

Il y a deux méthodes principales pour installer une Archlinux. La traditionnelle, qui veut qu’on utilise les scripts d’installation. C’est la plus longue, et celle qui laisse le plus de maîtrise à l’utilisateur. C’est celle aussi qui demande le plus de connaissances.

Mais elle est considéré comme rébarbative, ce que je comprends aisément. Même si je propose régulièrement des tutoriels, je peux comprendre que des personnes voulant passer à Archlinux préfère avoir quelque chose de plus automatisé à se mettre sous la souris.

C’est ici que le bât blesse. C’est une fête du slip monstrueuse, car on trouve tout et n’importe quoi.

Un des premiers projets d’installateurs conviviaux dont je me souvienne, c’est le projet jadis connu sous le nom de CinnArch dont je parlais en août 2012, devenu depuis l’Antergos, dont le dernier billet que j’ai fait dessus n’était pas des plus tendres. C’était en décembre 2014. Faudra que je vois si des progrès ont été fait sur la NumixOS, car c’est plus une vitrine commerciale pour ce jeu d’icones qu’autre chose.

Comme si la situation n’était pas encore assez compliqué, il y a d’autres installateurs, plus léger qu’Antergos – ce qui n’est pas difficile – comme evo/lution. Quand j’ai fait ce billet en décembre 2014, j’étais pas trop mécontent du résultat. J’avoue que par la suite, j’ai utilisé cet installateur ponctuellement. La conclusion de mon billet était la suivante :

Donc, si vous n’avez pas envie d’utiliser les tutoriels que je vous propose ou encore de suivre le wiki pour installer une Archlinux, cette méta-distribution vous sera bien utile. Autant dire que c’est un outil que je suivrais de très près en 2015.

Aujourd’hui, j’ai appris que le projet evo/lution était abandonné au profit d’un autre, Architect Linux. À ce que j’ai compris, c’est une réécriture du projet précédent. Mais au lieu de conserver le nom déjà connu, on repart de zéro… Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Il est vrai que depuis la version de décembre 2014, l’installateur n’avait plus beaucoup bougé et était presque inutilisable 🙁

Pour le moment, le site officiel du projet Architect Linux est une page sur le réseau social fantôme Google Plus.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression d’être un peu paumé sur le coup… Dans un billet « en vrac' » du 22 août 2015, j’ai parlé du projet « Achoo ». En gros, le même principe que evo/lution Architect Linux, mais en mode texte uniquement. J’ai pu le tester rapidement, c’est pas trop mal.

Depuis l’enregistrement de la vidéo, le 23 août 2015, l’installateur a encore été largement amélioré.

Vous pensiez que la situation n’était pas encore assez complexe ? Détrompez-vous et repentez-vous. Bref, dernier projet que je vais aborder, c’est Arch Anywhere. C’est un projet très jeune qui propose d’installer une archlinux en un claquement de doigt ou presque. Merci à Nicolas Roelandt pour un article posté sur le réseau social fantôme, j’ai nommé Google Plus. Sans cet article, je n’aurais jamais entendu parlé de ce projet qui veut proposer des ISOs deux fois par mois.

Bref, vous comprenez qu’il y a de quoi perdre son sang froid devant un tel bazar. Je n’ai pas parlé du projet Calamares, pour une simple et bonne raison : mis à part la nichesque BBQLinux, aucune distribution Archlinux « pure et dure » ne l’utilise.

Pour finir en musique, une des meilleures versions en concert du titre « Demon of the Fall » d’Opeth, tirée de « My Arms, Your Hearse ». Quand on est énervé, ça soulage 🙂

29 réflexions sur « Les installateurs conviviaux pour Archlinux, c’est la fête du slip à la taille XXL ? »

  1. Rien ne vaudra jamais le wiki. Savoir vraiment ce qu’on a installé et activé permet de gérer au long cours les modifications de paquets qui arrivent en continu. Malgré l’absence de grosses modifications depuis l’arrivée de systemd et le passage de /sbin à /bin, il y a toujours un petit quelque chose à faire pour surfer la vague proprement.
    Les installeurs sont une plaie à mon sens, on retrouve invariablement leurs utilisateurs sur les forums.
    Je ne veux surement pas dire que Arch se mérite dans un élan d’élistisme mal placé. Je veux par contre bien souligner qu’un archer qui a pris le temps de lire et de comprendre le wiki sait et saura se débrouiller.
    Pour les autres, on aidera, encore et toujours.

    1. Ah! Les wiki… outils précieux, c’est devenu un réflexe automatique dès lors qu’on ne comprend pas quelque chose dans Linux.
      Il existe pourtant de nombreuses pages d’aide dans Linux: les « man pages »…
      Cela devrait normalement suffir pour s’en sortir…
      Mais les pages man sont tellement mal foutues, obscures, inbuvables et incompréhensibles que cela me fiche à chaque fois un sacré mal de tête et mal aux yeux!!
      C’est vraiment difficile de faire pire…

    2. Bonjour,

      On peut très bien apprécier un installateur graphique et être parfaitement au fait de ce qui se passe dans sa distribution. Et Personnellemen je considere que l’utilité de l’installateur réside d’une part dans le côté pratique mais aussi dans le cote rapidité de la chose.
      Pour être un amoureux de linux depuis des lustres je trouve que bien trop d’utilisateurs d’Arch voit d’un mauvais oeil cette utilisateur graphique et de ce fait la démocratisation de la distribution qui inexorablement passe par cette étape.
      Installer Arch à la mano, même si personne ne l’avoue , ça fait bien , genre bobo geek linuxien et beaucoup partirait si Arch devenait simple à utiliser… C’est bien dommage car elle dispose de nombreuses qualités… (Trollesque non!)

      1. Pour être un amoureux de linux depuis des lustres je trouve que bien trop d’utilisateurs d’Arch voit d’un mauvais oeil cette utilisateur graphique et de ce fait la démocratisation de la distribution qui inexorablement passe par cette étape.

        Oh, la vieille attaque classique.

        Le problème est souvent que ces installateurs sont incomplets. Ils permettent d’installer une base, mais il faut broder autour par la suite.

        Installer Arch à la mano, même si personne ne l’avoue , ça fait bien , genre bobo geek linuxien et beaucoup partirait si Arch devenait simple à utiliser… C’est bien dommage car elle dispose de nombreuses qualités… (Trollesque non!)

        On va dire que c’est lundi, donc un troll de très faible niveau 😀

  2. Sinon pour parler d’autre chose : je ne sais pas si vous avez remarqué mais j’ai bien peur qu’il soit arrivé quelque chose de grave aux créateurs de la « 0linux », étant donné que depuis très longtemps les paquets ne sont plus mis à jours, qu’il n’y a plus aucune activité sur le site et le forum et que les responsables ne donnent plus signe de vie…
    C’est très inquiètant… Si quelqu’un pouvait essayer de savoir ce qu’ils sont devenus ce serait sympa.

    Merci et bonne nuit les amis.

  3. Bonjour,

    Superbe article promotion du groupe Opeth avec un passage sur des installateurs graphiques pour ArchLinux, belle prouesse technique.

  4. ‘LLo,
    De toute façon, « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » a toujours été +/moins le mot d’ordre, & l’on ne découvre les moyens de simplifier qu’avec un brin d’expérience en général !
    Ps: Calamares est présent comme plan B dans la dernière Manjaro (& fonctionne comme un charme ici, hors-redmondie !)

  5. Hello à Tous,

    Moi je pense que si on veux une Arch toute prête il faut faire la promo de MANJARO point final.

    Arch est vraiment pour ce qui veulent savoir ce qui s’y passe mais comme la plupart des utilisateurs ne s’intéressent pas au Système en lui même, pourvu qu’il puisse faire tout ce qu’ils veulent avec.
    La seule chose c’est la simplicité d’installation des applications dont ils auront besoin. Mais il faut les convaincre que sous linux on utilise un APP STORE. Je crois que c’est cela la bonne appelation comme pour IOS et ANDROID.

    Quand le monde linux aura compris cela , les gens ne se poseront plus de questions.

    La simplicité de LINUX c’est son APP STORE ou PLAY STORE…

    1. L’idée d’installer des logiciels depuis un dépôt est une idée puissante et qui fait la force de Linux c’est certain.
      Normalement ça évite de s’exposer à des saletés de toutes sortes comme quand on télécharge un programme depuis un site X et qu’on l’installe dans window$.
      Le « Google Play Store » dans Android c’est une façon de faire qui s’inspire de cela et qui fonctionne bien c’est cartain.
      Par contre le seul petit problème c’est que Google est une entreprise commerciale, et qu’il est un peu difficile d’être ami avec Google quand on connaît leurs pratiques pour le moins douteuses concernant le [non-]respect de leurs utilisateurs, de leurs habitudes et de leur vie privée…

  6. Comparé aux autres [vieilles] distributions Arch est encore un système jeune et expérimental.
    Certes un immense potentiel mais qui n’est pas à la portée de tout le monde.
    Pour apprécier Arch déjà il ne faut pas avoir peur de mettre ses mains « dans le cambouis ».
    Et puis il faut aimer la « chasse aux bugs » étant donné que les versions des paquets sont très récentes (« cutting-edge ») et souvent « instables ».
    Pour ceux qui ont du temps libre, qui ont envie d’en apprendre davantage sur Linux et qui n’ont pas peur de casser quelque chose c’est OK!
    Par contre pour quelqu’un qui utilise chaque jour son ordinateur comme outil de travail c’est NON, ou bien vous êtes fou?

    1. ArchLinux est né en 2002, Debian et Slackware en 1993, RedHat en 1994. Ubuntu est dans ce cas plus expérimentale qu’Archlinux, car née en 2004.

      Certes un immense potentiel mais qui n’est pas à la portée de tout le monde.
      Pour apprécier Arch déjà il ne faut pas avoir peur de mettre ses mains « dans le cambouis ».

      Qui a dit le contraire ? 🙂

      Et puis il faut aimer la « chasse aux bugs » étant donné que les versions des paquets sont très récentes (« cutting-edge ») et souvent « instables ».

      Ah, il n’y a pas de dépots « tampons » qui permettent aux logiciels d’être vérifiés avant d’être rendu disponibles ? Merdre, on m’aurait menti depuis plus de 6 ans ?

      Pour ceux qui ont du temps libre, qui ont envie d’en apprendre davantage sur Linux et qui n’ont pas peur de casser quelque chose c’est OK!

      On casse plus facilement d’autres distributions que la Arch. Les seules fois où mon archlinux a été limite irrécupérable ? La grande fusion des répertoires « bin » et un changement de glibc un peu chatouilleux. 2 fois en 6 ans, c’est rien.

      Par contre pour quelqu’un qui utilise chaque jour son ordinateur comme outil de travail c’est NON, ou bien vous êtes fou?

      Tiens, encore cette légende urbaine ? C’est toujours mieux d’avoir un problème de temps en temps que de risquer de tout perdre tous les 6 mois à un an, non ?

      1. Alors là oui tu as raison Ubuntu est encore plus récent et plus expérimental qu’Arch, et ça se sent !
        N’importe quel utilisateur qui a un peu l’habitude d’utiliser Debian pourra ressentir une sorte de « malaise » difficile à décrire en utilisant Ubuntu.
        Ce que fait Ubuntu avec les paquets Debian je n’en sais rien, mais pour faire un comparatif avec une émission de télévision connue je dirais qu’Ubuntu c’est plutôt « cauchemard en cuisine » vu le résultat final…
        Tu n’as cassé ton Arch que 2 fois en 6 ans ?
        Y’a pas à dire tu dois vraiment être balèze comme geek…
        Je m’incline respectueusement. 😉

        1. Alors là oui tu as raison Ubuntu est encore plus récent et plus expérimental qu’Arch, et ça se sent !

          😀

          N’importe quel utilisateur qui a un peu l’habitude d’utiliser Debian pourra ressentir une sorte de « malaise » difficile à décrire en utilisant Ubuntu.

          Des aigreurs d’estomac avec le résultat obtenu ?

          Ce que fait Ubuntu avec les paquets Debian je n’en sais rien, mais pour faire un comparatif avec une émission de télévision connue je dirais qu’Ubuntu c’est plutôt « cauchemard en cuisine » vu le résultat final…

          C’est assez imagé 🙂

          Y’a pas à dire tu dois vraiment être balèze comme geek…
          Je m’incline respectueusement. 😉

          Et encore, je suis en testing sur mes trois machines avec Archlinux…

  7. au niveau stabilité , il faudrait revoir les critères . quand on voit l’état de la dernière debian: c’est un gruyère!
    il manque des paquets importants , tout simplement parce qu’au moment du gel ils n’étaient pas prêts , ils ont été purement supprimés de la distribution.
    pour moi arch est plus sure.
    et pour ma part j’ai trouvé la meilleure distribution et je l’utilise en continu depuis plusieurs années , une arch améliorée: Antergos .

    1. Le gruyère est un fromage non troué. C’est l’emmental qui l’est !

      Antergos tient plus – pour moi – d’un installateur avec un lightdm aussi léger qu’une éléphante enceinte et une vitrine commerciale pour Numix que d’une archlinux classique.

    2. Au sujet de la dernière Debian 8 « Jessie » je compte faire une vidéo, en m’inspirant de Fred, pour montrer une méthode qui permet de l’utiliser en évitant les dépendances à systemd, en utilisant SysVinit + OpenRC, et qui permet d’utiliser XFCE et le reste sans soucis! 🙂

  8. 3 secondes pour remplacer le thème d’icons et 10 pour installer Gdm plus approprié à gnome et ses multiples interfaces.
    ah! j’oubliais pour Otacon, il m’arrive d’aller sur le forum d’Arch… c’est pour aider les débutants archés 🙂

  9. aucune , tout ce dont j’ai besoin y est !
    au contraire , sur d’autres distro il faut un temps fou pour enlever ce dont on a pas besoin , compte tenu des dépendances tentaculaires.
    au moins sur Arch c’est relativement aisé.
    a propos de logithèque , prochainement sur antergos , une nouvelle interface clickodrome pour gérer les logiciels et les mises à jour .

    1. J’avoue que je préfère une installation complète de gnome et non la version allégée proposée par défaut par la NumixOS Antergos.

      Quant aux cliquodromes, reste à savoir s’ils seront aussi fonctionnel qu’un pamac ou un octopi.

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