L’Arquetype CRT ou comment la Manjaro Linux devient pour de bon une base pour les dérivées.

Il y a dans les distributions GNU/Linux historiques (celles nées entre 1992 et 2002) une qu’on peut aisément qualifier de grand-mère. C’est la Debian GNU/Linux. Sa fille la plus connue Ubuntu a servi de base à une tripotée de dérivées, dont la plus célèbre est la LinuxMint.

Il y a désormais une autre distribution qui peut s’énorgueillir de ce titre, c’est la Archlinux. Elle a une fille célèbre, la Manjaro Linux. Il y a aussi des distributions de niche comme la BBQLinux, la ArchBang, la Bridge Linux, ou des enrobages à la Antergos ou encore la evo/lution. J’ai dû en oublier une ou deux au passage, toutes mes excuses.

Cependant, la Manjaro Linux est elle aussi la base d’au moins deux distributions dérivées. La première, c’est la version rolling release de la NetRunner – un clone de la Kubuntu sur le principe – qui n’a pas été mise à jour depuis fin 2014. La deuxième, c’est la version dite CRT de l’Arquetype Linux. J’ai déjà parlé de cette distribution basée sur la Fedora Linux en février 2015 dans un article assez cinglant.

Faisant un tour des distributions dont j’ai parlé depuis début 2015, j’ai pu lire que l’équipe cédait à la mode de la distribution en rolling release. On peut télécharger la Arquetype CRT en proposant une Manjaro Linux 0.8.13 avec Plasma 5.3.1.

Par curiosité, j’ai récupéré l’image ISO pour voir ce que propose cette distribution.

[fred@fredo-arch ISO à tester]$ wget -c https://arquetype.org/isos/Arquetype-CRT-kde-0.11.01-x86_64.iso
–2015-08-01 17:43:08– https://arquetype.org/isos/Arquetype-CRT-kde-0.11.01-x86_64.iso
Résolution de arquetype.org (arquetype.org)… 37.247.121.166
Connexion à arquetype.org (arquetype.org)|37.247.121.166|:443… connecté.
requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 OK
Taille : 2466250752 (2,3G) [application/x-iso9660-image]
Sauvegarde en : « Arquetype-CRT-kde-0.11.01-x86_64.iso »

Arquetype-CRT-kde-0 100%[=====================>] 2,30G 3,57MB/s ds 12m 47s

2015-08-01 17:55:56 (3,06 MB/s) — « Arquetype-CRT-kde-0.11.01-x86_64.iso » sauvegardé [2466250752/2466250752]

J’ai utilisé VirtualBox 5.0 avec la machine virtuelle classique : 2 Go de mémoire vive, 128 Go de disque et 2 CPUs virtuels.

L’installateur est Thus, donc c’est une Manjaro Linux de la branche 0.8, mais le noyau proposé, un 3.19 fait pencher vers une Manjaro Linux 0.8.13 « améliorée ».

Sans oublier que l’installateur n’a pas été complètement adapté. On peut lire au niveau du partitionnement du disque « Manjaro » en lieu et place d’Arquetype.

Il y a cependant un réglage mal fait, qui provoque un verrouillage de l’écran trop rapide. Ennuyeux quand l’installateur est en route. Surtout que cela m’a pourri la vie lors de l’installation primaire en vue de la rédaction de l’article. Installation que j’ai poubellisée au bout du cinquième verrouillage…

Octopi au premier démarrage nous annonce 345 mises à jour… Et quand on lance Octopi, on a droit à un message dans la section « actualités » comme quoi la distribution ne semble pas être compatible avec Octopi… Oups ! Le plus marrant ? C’est que l’image ISO est sortie le 5 juillet 2015. Une moyenne de 10 mises à jour en quotidien… Rolling release poweeeeeeeer !!!!!

Sans oublier le clavier défini en agencement qwerty espagnol au lieu d’azerty français… Je m’en suis aperçu quand j’ai ouvert une konsole pour effectuer les mises à jour en ligne de commande.

Pour les mises à jour pour limiter les problèmes techniques ? Dans une konsole :

sudo pacman-mirrors -g
yaourt -Syua

Côté nombre de paquets, le passage de Plasma 5.3.1 vers la version 5.3.2 n’est pas passé inaperçu. Un petit Go de téléchargement plus tard, les paquets sont installés, et on peut redémarrer sous la Arquetype CRT avec Plasma 5.3.2.

L’occasion de la capturer en vidéo… Et aussi de la comparer avec la Manjaro Linux KDE 0.8.13 installée en parallèle par pure curiosité intellectuelle.

Les mauvais points :

  1. Même si on demande le clavier français à l’installation, on se retrouve avec un clavier en espagnol.
  2. LibreOffice n’a pas la traduction récupérée à l’installation.
  3. Les icones ne sont pas très logiques. Désolé, mais une icone de dossier avec le mot corbeille dessus, c’est moins parlant qu’une icone qui représente une vraie corbeille.
  4. Le gestionnaire de paramètres Manjaro a disparu, ce qui est dommage si on a besoin de gérer le noyau ou encore les paquets linguistiques.
  5. L’utilisation du noyau 3.19 qui n’est plus supporté que par les équipes de Canonical car c’est le noyau des Ubuntu 15.04, donc supporté jusqu’en janvier 2016, contrairement au noyau 3.18 qui est un LTS et qui sera supporté jusqu’en janvier 2017, dixit kernel.org.
  6. On a l’impression de se retrouver avec une distribution GNU/Linux améliorée avec une logithèque telle qu’on sait que la moitié ne sera jamais utilisée.

Les bons points :

  1. Une logithèque un peu plus complète, parfois un peu trop, comme avec la présence de Dropbox ou encore VirtualBox, et parfois un brin « meilleure » : Clementine à la place de Cantata.
  2. Tout est prévu pour les services en ligne connus : Dropbox ou encore Steam.

J’avoue que l’intérêt de cette distribution me passe au dessus de la tête. Surtout qu’il y a une ISO officielle de la Manjaro Linux avec Plasma 5… Dixit les notes de publication de la Manjaro 0.8.13 :

New in KDE

With this new release of Plasma 5 providing a visually updated core desktop experience that is easy to use and familiar to the user.[…]Plasma 5.3 introduces a new major version of KDE’s workspace offering.

Est-ce besoin de traduire ? Même si on a des bases très limitées en anglais, on comprend que la Manjaro Linux 0.8.13 propose déjà Plasma 5.3, et qu’avec l’application des diverses séries de patchs hebdomadaires, on arrive à quelque chose d’aussi utilisable sinon plus que l’Arquetype CRT.

Je concluais le précédent article sur l’Arquetype ainsi :

Ne serait-il pas mieux d’installer une Fedora Linux 21 avec KDE, de rajouter les dépots RPMFusion pour avoir un ensemble plus utilisable au final ?

J’avoue que je me pose un peu la question… Le seul point positif, c’est que ce n’est pas une énième dérivée d’Ubuntu !

Je pourrais reprendre la même conclusion, en disant que ce n’est plus une énième dérivée d’Ubuntu, mais une dérivée de Manjaro Linux dont l’existence tient plus de l’opportunité et de la volonté de suivre la mode des rolling release qu’autre chose.

Après à vous de voir, mais c’est une distribution qu’on peut largement oublier. Autant préférer l’original, la Manjaro Linux KDE à cette copie. Quitte à rajouter à la main via Octopi les outils en fonction des besoins. Ce qui donnera un ensemble dont la pérénité sera meilleure.

9 réflexions sur « L’Arquetype CRT ou comment la Manjaro Linux devient pour de bon une base pour les dérivées. »

  1. Fatiguant ces dérivées de dérivées…pas besoin d’être développeur pour comprendre les inconvénients que ça implique, ne serait-ce qu’au niveau du cycle de vie de la distribution.

    Mint pourrait être tellement mieux si elle était basée directement sur Debian (nan, l’effort fourni sur LMDE, à l’heure actuelle, c’est pas suffisant).

  2. Foutage de gueule en beauté, il suffit de changer les noms et l’arrière plan de démarrage et paf c’est une distro ça. Mais je fais la même chose avec manjaro-tools, c’est très facile. Si la distro est abandonné c’est pas trop grave il suffit de reprendre l’utilitaire de config manjaro et ça redeviendra une Manjaro avec KDE… Bref une édition communautaire qui se prends pour une distro… Pitoyable

    1. Si tu n’avais pas trouvé la réponse, tu n’aurais pas pu poster le commentaire.

      Sinon, la Manjaro Linux KDE est une « saveur » officielle de la Manjaro Linux, cf la page de téléchargement : http://manjaro.github.io/download/

      Pour la Mint, c’est surtout l’apport d’un environnement maison (bien que porté un peu partout) et surtout les paquets non libre du genre lecture mp3 ou Adobe Flash préinstallés qui font la différence.

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