Le problème des distributions GNU/Linux parasites… Inhérent au logiciel libre ?

Dans l’ADN du logiciel libre, il y a la liberté de prendre le code d’un logiciel et de le forker. Dixit les quatre libertés définies par la Free Software Foundation, c’est la liberté 3, que je recopie ci-dessous :

la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l’accès au code source est une condition nécessaire.

Cependant, cette nécessaire liberté est utilisée d’une manière plus qu’abusive… Spécialement dans le petit monde des distributions GNU/Linux à utilisation bureautique, je mets volontairement de côté les distributions spécialisées, où cela devient paroxystique et caricatural.

On arrive ainsi à une propagation de distributions parasites qui générent un tel bazar qu’une araignée n’y retrouverait pas ses petits.

Pour parasite, je prends la définition suivante, celle de l’adjectif, dixit le Larousse en ligne : « Qui se développe de façon gênante et inutile ».

D’ailleurs, il faut dire les choses comme elles sont, toutes ces distributions qui n’apportent strictement rien, ça me brouille l’écoute (oui, il y a une contrepèterie).

Des exemples ? On peut prendre les distributions qui reproduisent le schéma de la Linux Mint, qui a conçu l’environnement Cinnamon. À savoir une base ubuntu avec Cinnamon au-dessus. Deux exemples me viennent à l’esprit : la médiocre (oui, je suis dans une période de bonté) Micro-R OS dont j’ai parlé en septembre 2014 ou encore Cubuntu (rien que le nom, bref)…

Qu’apportent les dites distributions par rapport à une Linux Mint sur laquelle Cinnamon est conçu ?  Il faut se souvenir que le site officiel de Cinnamon, c’est cinnamon.linuxmint.com, non ? Alors, quel apport ?

Rien du tout. D’ailleurs, n’est-ce pas mieux d’utiliser la distribution qui est la base officielle de Cinnamon ? Simple question de rhétorique. J’aurais toujours tendance à préférer l’original à une copie qui pourrait s’avérer mal fagotée, pour ne pas dire finie à l’urine.

Mais continuons, toujours avec une base Ubuntu et KDE SC, donc la Kubuntu, saveur officielle reconnue par Canonical en tant que telle. Ce fut aussi la première saveur officielle, dès 2005 avec la Kubuntu 5.04 qu’on peut toujours récupérer.

On peut trouver NetRunner par exemple. J’avoue que je n’ai jamais compris l’intérêt de réinventer la Kubuntu, mais passons.

D’ailleurs, je vous laisse explorer la liste de 67 distributions indexées par Distrowatch encore vivantes et basée sur Ubuntu. Y a de quoi s’arracher la perruque… Vous comprendrez pourquoi parfois je n’hésite pas à assassiner certaines distributions.

Un autre exemple ? Les distributions GNU/Linux proposant une interface « à la MacOS-X ». L’une des plus abouties et des plus utilisables, c’est elementaryOS. Cependant, cela n’empêche pas l’existence de distributions parallèles qui n’apportent rien au schmilblick ou presque, et dont j’ai parlé le 25 novembre 2014. Le duo TrentaOS/Pearl OS.

C’est comme le projet KaOS qui est assez intéressant, mais qu’apporte-t-il de plus que le projet Chakra ? Le principe est le même : une base archlinux avec KDE SC.

Je présente régulièrement des distributions sur le blog. En gros, une à deux par semaine quand l’actualité s’y prête. Mais il faut savoir qu’il m’en faut parfois 3 ou 4 pour faire un article. Quel intérêt de présenter l’énième clone de Linux Mint ? Ou celui d’une Xubuntu ? Moins l’infini en restant généreux ? 🙂

Je dois dire qu’en cette année 2014, je n’ai trouvé que peu de distributions vraiment innovantes, qui apportait quelque chose au logiciel libre, comme par exemple avec un environnement de bureau différent (comme avec l’evolveOS et son Budgie Desktop).

Sauf erreur de ma part, ce doit être la seule qui a proposé quelque chose de vraiment novateur pour l’utilisateur final avec la HandyLinux et la Emmabuntus.

J’ai bien aimé aussi le retour de la Pisi Linux qui a apporté un peu de fraicheur au monde des rolling releases. Les alternatives aux principales grandes distributions GNU/Linux officielles (Ubuntu et ses saveurs officielles, Debian GNU/Linux, Fedora Linux, Archlinux et Manjaro Linux, OpenSUSE, Gentoo Linux, Slackware) sont malheureusement trop souvent d’un intérêt proche de zéro et n’apportent rien au schmilblick de la vulgarisation du logiciel libre.

Qu’on le veuille ou non, il faudra un jour qu’une purge se fasse et que les projets, qui parasitent les grands noms déjà bien établis et qui se sortent les doigts du fondement pour aider à la popularisation du logiciel libre, disparaissent.

C’est vrai, il est largement mieux de concentrer les forces pour faire avancer des projets. « L’union fait la force », c’est vraiment trop compliqué à comprendre ?

Il faut croire que oui. Il est vrai que je parle du point de vue de l’utilisateur lambda, celui qui a connu la grande époque des premières Red Hat Linux (avant qu’elle ne devienne Fedora Linux), et pour qui la Mandrake Linux 5.1 était révolutionnaire car elle proposait KDE 1.0…

Désolé, le vieux con tout juste quadra en 2014 que je suis s’est laissé emporter par ses souvenirs 🙂

30 réflexions sur « Le problème des distributions GNU/Linux parasites… Inhérent au logiciel libre ? »

  1. Oouch, c’est gravement triste de voir des gens gaspiller du temps, et possiblement de l’argent dans un hébergement juste parce-qu’ils pensent maitriser trois tweaks graphiques… Peut-être qu’ils s’ennuient, ou qu’ils manquent d’humilité ? D’inspiration c’est certain haha.

    Distrowatch, et la Timeline sont tout à fait polluées ! Je suis pour dire qu’ils devraient se montrer plus exigent au niveau du « Recensement » de ces expressions… singulières.

    Faudrait pas laisser les in-avertis dans leur illusions à l’égard de la technologie, ça serait difficile, mais… pas impossible de les canaliser vers des besognes de maintenance paquets et de rapports de bug :/ En espérant que l’éducation évolue en faveur d’un partage cohérent, ce qui révèlerait des compétences certaines !

  2. t’as pas l’impression de tourner un peu en rond , non? Ça fait longtemps déjà que tu nous répète cette même rengaine de forks inutile. De toute évidence, un énième port à ce sujet n’y changera rien. Mieux vaut changer de disque. Pourquoi ne pas parler des zizis poilus par exemple?

    1. quel courage de poster en anonyme (oui parce que anonyme ou zizi poilu) comme dit Fred, c’est comme un programme informatique, si y a une erreur de syntaxe, c’est pas parce qu’on en parle plus que le programme va se déboguer tout seul. de temps en temps faut remettre le couvert pour relancer le débogage.

  3. Si des mauvais forks apparaissent, c’est plutôt la faute à la la distrib mère qui ne sait pas rassembler ses utilisateurs dans une même communauté. Les forkeurs font ce qu’il veulent, vous ne les forçerez pas à rejoindre une distribution existante si ils n’arrivent pas à s’y identifier.

      1. Effectivement j’en connais un qui ont l’égo assez grand pour poster des articles dans un blog au lieu de mutualiser leur talents de rédaction dans un forum ;p

      2. Bonjour,

        En fin de compte qui utilise ces distributions éphémères ?
        Celui qui l’ a développé (??) et quelqu’un de ses potes.
        Certainement pas le nouveau qui veut passer à Linux, celui qui connait, je ne suis pas persuadé car après un ou deux essais on revient vers les maisons mères.

        A part encombrer les listes de Distrowtach .

        Peut être éviter d’en parler et les laisser sombrer dans les abîmes cloudiennes.

  4. Personnellement j’avais pensé faire une page pour présenter ma nouvelle distri maison basée sur Ubuntu : la Patubuntu. Je pensais faire tout un laïus sur une page html 5 en design responsive one page. Je pensais faire tout un flan pour la sortie de ma version 14.04.1 et, proposer comme lien de téléchargement le lien suivant : ftp://ftp.free.fr/mirrors/ftp.ubuntu.com/releases/14.04.1/ubuntu-14.04.1-desktop-amd64.iso

    Je pensais faire tout cela pour me moquer des distri qui n’apportent rien… mais je n’ai pas eu/pris le temps de le faire. Dommage, ça m’aurait au moins fait un peu rigoler.

  5. Bonjour Frédéric,

    Je suis quelqu’un de très optimiste. On est demain le 01/12, dernier mois de l’année, pourquoi ne pas faire un article récapitulatif sur l’année qui a vu l’émergence (et non la naissance) de bonnes et intéressantes distributions ?

    Il y a eu de très beau projets cette année mais je peux me tromper dans les dates : HandyLinux, Emmabuntus, Raspian…

    Tcho !

  6. En parlant de nouveaute, est ce que tu peux nous donner ton analyse concernant TempleOS, qui est un os libre et aussi open source? Je trouve que c’est formidable ce qu’il a fait, malgre le fait qu’il y a tant de haine envers lui sur le net. Ecrire un OS fonctionnel de A a Z, et non juste un noyau et tout ca en 10ans, ca merite un peu d’attention je pense. Merci encore pour tous tes articles.

  7. J’aime bien cette phrase : « Sauf erreur de ma part, ce doit être la seule qui a proposé quelque chose de vraiment novateur pour l’utilisateur final avec la HandyLinux et la Emmabuntus. » 🙂
    @ Cascador, je te cite : « Il y a eu de très beau projets cette année mais je peux me tromper dans les dates : HandyLinux, Emmabuntus, Raspian… », HandyLinux est née en 2013, mais je t’accorde qu’il à eu des actus et elle a pas mal évolué en 2014. 😉
    Pour Emmabuntus, elle existe depuis environ 2011, mais oui elle aussi continue d’avancer et d’évoluer (en bien). 😉

    1. Je sais tout cela mais je considère l’année 2014 non pas comme leur naissance mais leur exposition et leur reconnaissance auprès de la communauté.

  8. Ah oui ok, effectivement vu comme ça je suis assez d’accord avec toi.
    Même si c’est surtout vrai pour HandyLinux, étant plus jeune que Emmabuntus qui a été reconnue plus tôt du coup (vers 2012/2013). 😉

  9. @ Fred,
    que penses tu de PcLinuxOs, cette rolling-release atypique avec ses paquets RPM gérés par apt et synaptic,
    outils Debian.
    Il me semble ne jamais entendre parler de cette distro qui existe pourtant depuis 2003, et qui, c’est une exception, n’est pas passée à systemd ?

    1. La PCLinuxOS ? Je n’en pense pas grand chose. Elle ne m’a jamais attiré, car j’avoue l’intérêt d’utiliser apt et synaptic pour gérer du RPM me semble un peu étrange…

      Quant à l’utilisation ou pas de systemd, pour tout dire, cela commence à me casser les noix d’en entendre parler à tout bout de champ.

  10. Oui, je comprends pour systemd, c’était surtout pour citer une des particularités de cette distro.

    Et c’est vrai aussi qu’elle ne semble pas attirer grand monde, en tous cas chez les utilisateurs Francophones.

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