Emmabuntüs 3 : le retour de la distribution GNU/Linux anti-gaspillage.

Ah, l’Emmabuntüs… J’avais déjà parlé de sa version 3 quand elle était en bêta, et quelques mois auparavant lors d’une révision de sa version 2. Comme sa version 2, la Emmabuntüs se base sur la Xubuntu LTS à savoir la 14.04 pour la version 3, la version 2 étant basée sur la Xubuntu 12.04 LTS.

Avec la Handy Linux, c’est une distribution qui est dédiée, mais pas uniquement, aux vieilles machines et à leur recyclage pour éviter des scandales écologiques comme celui de la pollution au Ghana.

Ayant été invité par un des développeurs principaux de la distributions à aider au débogage de cette version, j’ai eu droit en avant première à une image ISO de la version 3. J’ai récupéré l’ISO en 64 bits, sachant qu’il existe aussi une version en 32 bits. Et non, je ne donnerais aucun lien, étant donné que la publication officielle est prévue pour le premier septembre 2014.

Donc, c’est avec environ 48 heures d’avance  que je vais vous présenter en capture d’écran et en vidéo la nouvelle version de la Emmabuntüs qui aura été longue à déboguer. Seule information que je peux vous donner, c’est que la première version finale est la cinquième release candidate.

Il y avait de nombreux petits bugs dans la version bêta dont j’ai parlé en juin 2014, et qui ont été corrigés : le menu de démarrage est entièrement francisé, la résolution écran est correcte dès le départ dans une machine Virtualbox fraîchement installée, Cairo Dock est lisible. Mais parlons des petites nouveautés.

On peut noter la présence des extentions https everywhere et de la page de démarrage startpage dans le navigateur, une synthèse vocale pour les personnes ayant des problèmes de vue, la possibilité d’enlever les langues inutilisées dans la distribution, le tout de manière très simple et automatisée.

Comme la version bêta, elle demande 15 Go d’espace disque, mais ce n’est pas excessif quand on voit le nombre de logiciels proposés en version « complète ». Il y a des doublons, mais cela permet aux utilisateurs d’avoir le choix. L’installateur est celui de la Xubuntu, donc du solide et du fonctionnel. L’installation dure un gros quart d’heure, puis on peut redémarrer sur la distribution fraichement mise en place.

Après l’installation, j’ai demandé la version complète pour le Cairo Dock. Histoire de montrer par la suite en vidéo la totalité de la logithèque installée. Mais il n’y a pas que cela. Il y a aussi le choix du menu déroulant, l’activation ou non de la synthèse vocale. Si vous ne l’activez pas au premier démarrage et que vous en avez besoin, un simple script à lancer, du nom de init_autostart_gspeech

J’avais oublié une étape : l’ajout ou non de logiciels non libre, comme Skype, le greffon flash, le support du mp3, et plein d’autres petites choses.

Il y a aussi la purge des traductions inutilisées.

C’est ce que j’apprécie, la modularité de l’installation, pour correspondre aux besoins des utilisateurs. Ça change un peu des distributions qui disent : « c’est le choix des développeurs, et si t’es pas content, c’est la même chose » ! :)

Sans oublier l’indispensable vidéo pour montrer la nouvelle version d’Emmabuntüs en action ;)

Je concluais le précédent article sur la Emmabuntüs 3 ainsi :

Bien qu’étant encore en béta, l’ensemble est déjà très utilisable. Il reste quelques angles à arrondir, mais si cette distribution permet à des personnes d’entrer par le biais du recyclage de leurs machines en train de pourrir sous un Windows XP qui n’est plus maintenu à jour dans le monde du logiciel libre, est-ce un mal ?

Le travail de polissage a été très important, et c’est une première version assez mûre qui nous accueille. Il reste quelques bugs, comme celui du bloqueur de domaine, mais ce n’est pas vraiment des bugs ultra-bloquants. La première révision mineure finira d’écraser les derniers bugs restants.

En duo avec la Handy Linux, c’est une distribution idéale pour recycler des ordinateurs et éviter le gaspillage des ressources. On pourrait critiquer le côté trop étoffée de la logithèque, mais c’est un choix de conception : laisser le choix à l’utilisateur de ses outils, et l’adapter au maximum de public possible et imaginable.

En tout cas, ça change des multiples et peu utiles dérivées d’Ubuntu qui ne servent qu’à lubrifier l’ego du développeur ou réinventer pour la 350ième fois la roue dans un domaine qui souffre d’un éparpillement croissant du nombre de références disponibles.

Ajout à 18 h 25 : pour le bloqueur de domaine, il semblerait que celui-ci ne soit actif qu’après un redémarrage, dixit le développeur principal de la distribution.

Vous aimez ceci ? Partagez-le !

15 réflexions au sujet de « Emmabuntüs 3 : le retour de la distribution GNU/Linux anti-gaspillage. »

  1. bruno-legrand

    Tout à fait d’accord avec toi Emma est une super distro, un super projet et est bien + utile que bien d’autres dérivés d’ubuntu ça c’est vrai.

    Et pour : « On pourrait critiquer le côté trop étoffée de la logithèque, mais c’est un choix de conception : laisser le choix à l’utilisateur de ses outils, et l’adapter au maximum de public possible et imaginable. »
    C’est un choix de conception pour donner un choix à l’utilisateur comme tu dis, c’est aussi pour permettre à Emmabuntus d’être utilisé en Afrique dans les jerry (les ordinateurs fait avec des composants de récupération mis dans un jerrycan/bidon) afin de leurs permettre d’avoir accès à un large choix de logiciels dont ils peuvent avoir besoin et sans nécessiter d’avoir à les télécharger dans des pays où la connexion internet est très lente (voir inexistante).

    ps : handy linux est super aussi, j’adore handy et emma pour leurs valeurs (et pour d’autres choses aussi).

  2. fassil

    15 Go d’espace disque pour laisser le choix ? -> je croyais que « trop de choix tue le choix » était la devise de la boutique ;-).
    En quoi serait-ce si différent au sein d’une distribution pour l’offre logiciel qu’au sein de l’environnement « librux » pour l’offre des distributions…
    Empilez, empilez, il en restera toujours quelque chose… ;-)
    Ps: Je suis sur une « Manja E18 No-Bloat » 64 bits (Bodhi like, mais en pire…) en ce moment -> moins de 600 Mo d’iso & de 2 Go d’occupation disque avec le « minimum syndical mais strictement nécessaire » & il faut que je me cogne la 32, maintenant, pfuuu…

    1. Frederic Bezies Auteur de l’article

      Le commentaire de Bruno Legrand répond pour moi en ce qui concerne la gourmandise disque. L’Emmabuntus est aussi destiné à des pays où avoir une connexion ADSL est un luxe. Autant certaines distributions lourdingue qui ne joue que le « bling bling » finiront avec un taillage de costard maison, autant celle-ci qui vise l’utilisation et la complétion logicielle dans un but de praticité seront moins malmenées.

  3. anatolem

    C’est dans la lignée des distributions qui permettent le recyclage des vieilles machines (enfin peut-être pas les Or -Dinosaures) ;D
    Effectivement, quand on pense a ceux qui ne bénéficient pas d’une bonne connexion (ou même qui n’en ont pas) c’est une solution avantageuse et fonctionnelle.
    A pluche.

  4. Pierre-Olivier

    Très intéressant billet.

    Je suis personnellement utilisateur de Mac OS dans sa dernière version. Mais je suis de plus en plus dégouté par l’orientation d’Apple depuis quelques années, et ce, tant sur le plan Matériel (de plus en plus fermé), que sur le plan Logiciel (j’ai en horreur la nouvelle charte graphique du futur MacOS Yellowstone, ainsi que les restrictions de plus en plus nombreuses, notamment pour l’activation du Trim sur les SSD non pommés). Bref, J’en suis à un point où ma future machine *ne sera pas* un Macintosh car aucun des ordis de la marque ne me convient plus. J’utilise un Mac Pro de 2008 et j’espère qu’il me durera encore quelques temps.

    Tout d’abord, je dois préciser que je n’y connais pratiquement rien à l’environnement Linux, perdu que je suis dans la multitude des diverses distributions.

    J’ai été très agréablement surpris de voir l’aspect visuel de cette distribution, notamment la présence d’un Dock, j’ai l’impression qu’avec un tel type d’interface, un habitué de Mac OS s’y retrouverait mieux. Cet article éclaire pour moi la possibilité Linux d’un jour nouveau.

    1. Frederic Bezies Auteur de l’article

      Pour débuter avec un Linux, ubuntu ou LinuxMint. Si vous cherchez une ergonomie générale à la MacOS ? ElementaryOS (quand sa version 0.3 sera sortie). A vrai dire, le plus simple est de rester dans le « top 20″ de distrowatch (qui regroupe les principales distributions « populaires ») et qui sont celles qui ont le plus de chance de durer plus de 3 mois :D

  5. Alma Vega

    Bien le bonjour, et compliments à l’auteur de ce blog, que je parcours régulièrement depuis quelques mois. Toujours enrichissant.
    J’ai démarré avec Ubuntu Hardy Heron, qui reste pour moi une référence. Car ce que je recherche avec Linux, c’est de la stabilité, de l’ergonomie et de l’intuitivité. Il y a belle lurette que les 2 derniers paramètres ont disparu d’Ubuntu, et j’ai donc décidé de tester (en installant en dur) Emmabuntus, en attendant la version finale, téléchargée et installée aujourd’hui. Et force est de constater qu’elle ne déroge à AUCUNE des règles que j’ai pu constater avec Linux: c’est très bien, MAIS…hé oui, avec Linux, il y a TOUJOURS une couille dans le potage! Je développerai peut-être ultérieurement, mais en l’occurrence, avec Emma, IMPOSSIBLE d’avoir à chaque démarrage le clavier AZERTY. Par défaut, et bien que j’ai tout passé en français, et fait bien évidemment l’install en français, il s’évertue à me laisser un clavier QWERTY. Très commode pour taper le mot de passe, ou simplement pour taper une URL…à chaque fois, je dois aller dans les paramètres, bidouiller la disposition du clavier (qui est déjà en français, au passage…) Bref, encore une fois, je me dis que tout permettrait au pékin moyen de laisser tomber un XP obsolète, mais il FAUT qu’il y ait le grain de sable qui me fait dire « ben non, ce n’est ENCORE pas avec cette distro que je pourrai essayer de faire tester Linux autour de moi. » Bien dommage.

Les commentaires sont fermés.