SymphonyOS 14.1 : un phénix un brin déplumé ?

Il y a des projets dont on se dit qu’ils sont morts et enterrés. C’était le cas pour moi avec le projet SymphonyOS qui n’avait plus donné signe de vie depuis 2009. En faisant ma visite matinale et quotidienne sur Distrowatch, j’ai lu une annonce sur la renaissance de SymphonyOS, avec l’annonce d’une version béta, la 14.1.

Après m’être pincé pour voir si je ne rêvais pas, j’ai été sur la page officielle et j’ai récupéré cette distribution qui s’avère la énième dérivée d’Ubuntu 14.04 en date.

Je me souviens plus quelle était la base de la SymphonyOS en 2009. Mais comme pour les versions précédentes, elle utilise un environnement de bureau spécifique, Mezzo.

Vous prenez le vénérable fvwm, vous lui rajoutez une interface utilisant le moteur de rendu Webkit (en gros celui de tous les navigateurs sauf de Mozilla Firefox, Seamonkey et Internet Explorer), et voila 😉

La page sur les 10 ans de SymphonyOS résume bien l’ensemble du projet.

J’ai donc utilisé mon ami wget pour récupérer l’ISO (qui n’est qu’en 32 bits pour le moment), et j’ai lancé le tout dans une machine VirtualBox.

[fred@fredo-arch ISO à tester]$ wget -c http://eu.symphonyos.com/SymphonyOS-14.1-i386.iso
–2014-08-18 08:12:00– http://eu.symphonyos.com/SymphonyOS-14.1-i386.iso
Résolution de eu.symphonyos.com (eu.symphonyos.com)… 188.226.131.12
Connexion à eu.symphonyos.com (eu.symphonyos.com)|188.226.131.12|:80… connecté.
requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 OK
Taille : 922746880 (880M) [application/x-iso9660-image]
Sauvegarde en : « SymphonyOS-14.1-i386.iso »

100%[======================================>] 922 746 880 1,93MB/s ds 8m 10s

2014-08-18 08:20:10 (1,80 MB/s) — « SymphonyOS-14.1-i386.iso » sauvegardé [922746880/922746880]

J’ai démarré directement sur l’installateur. Pour avoir un clavier en français (car la gymnastique mentale pour transformer un clavier Azerty en Qwerty de bon matin, bof !) et pouvoir utiliser la distribution avec plus de souplesse.

L’ensemble est relativement léger, ne conseillant d’avoir que 4,9 Go disponible pour s’installer. C’est l’installateur de la Ubuntu, donc autant dire qu’il fait son travail sans broncher.

Sauf si on veut installer directement l’OS en français. Quel grand classique ! 🙁

Sûrement un bug de la version béta, mais il est impossible de se connecter avec un compte créé via l’installateur…

Donc, on est obligé de se limiter au compte utilisateur Symphony qui ne possède aucun droit administratif sur l’OS installé. En clair, impossible de faire les mises à jour, d’installer des logiciels…

Drôle de conception pour une version béta, non ? On peut l’installer, mais on ne peut pas rajouter de logiciels, tout juste changer l’apparence… C’est la première fois que je vois ça !

Le plus simple pour parler de cet ovni est de faire une vidéo.

Je dois dire que je me demande si ce n’est pas une vaste blague, finalement. Entre le fond d’écran qui arrache la rétine, les icones faenza (que l’on a vu ad nauseam depuis des années), une version béta qui ne créé pas de comptes utilisateurs, même si on en fait la demande, une ergonomie qui est plus digne d’une tablette que d’un ordinateur, je ne sais pas ce qui est le pire…

De faire renaître une interface qui n’apporte rien de vraiment novateur et qui serait digne d’un ordinateur pour enfants VTech ? Même Sugar, l’interface développée à l’origine pour le projet OLPC est plus ergonomique sur le plan pratique, ce qui est peu dire…

Pour finir, je citerais Linus Torvalds qui parlait de GNU/Hurd : « In short: just say NO TO DRUGS, and maybe you won’t end up like the Hurd people. »

Cela s’applique parfaitement ici.

14 réflexions sur « SymphonyOS 14.1 : un phénix un brin déplumé ? »

  1. Salut Fred,
    merci pour cette présentation 🙂
    j’ai une petite question : sur le forum de quebecos ggoodluck47 poste le sujet : je cite « Lanceur d’alerte : il est dangereux d’utiliser UBUNTU »
    qu’en penses-tu ?
    merci

  2. Je me suis bien marré encore une fois, j’ai mis le son dans la pièce pour en faire profiter ma femme et elle était plié aussi.
    Sans déconner, j’ai failli mettre « faenza » comme nom pour le commentaire 😀
    Moi aussi cela m’est arrivé avec je ne sais plus quelle distribution de finir l’installation et elle voulait pas de mes mots de pass, peut-être comme toi un clavier revenu en azerty au reboot.
    A pluche.

    1. Méchant !!! Pas juste… Au moins, si cela te fait rire, tant mieux, même si c’est à mon corps défendant. Mais j’avoue que j’ai rarement eu une version même béta aussi pourrie que la SymphonyOS 14.1.

  3. Salut!
    Première fois que je dis quelque chose par ici. J’aime bien tes tests de distro, ça peut éviter d’en tester soi-même un peu trop 😉 C’est d’ailleurs grâce à toi que je suis passé à Manjaro.
    Une remarque cependant, je trouve dommage que tu portes des jugements si négatifs pour des jeux d’icones comme faenza ou numix circle, tu pourrais simplement dire que tu n’aimes pas. A voir le nombre de distros qui les utilise, ça montre que beaucoup les apprécie, à t’écouter c’est un peu comme si tu leur disait que ce qu’ils aprécient c’est de la m…
    A mon avis tu gagnerais en qualité si tu utilisais davantage « j’aime, j’aime pas » à la place « c’est bien, c’est nul ».

    En tous cas merci beaucoup pour ton blog.
    Frédéric

    1. Pour les jeux d’icônes, c’est simplement l’expression de ma lassitude face au côté moutonnier des distributions.

      C’est limite l’overdose. C’est pour cela que j’emploie des termes crus.

      Comme disait feu mon grand-père : « Tous les goûts sont dans la nature… La merde est bonne pour tous ».

      Nous avons des goûts de merde pour d’autres personnes.

      Trop dur de demander un peu de variété dans les choix de jeu d’icône ?

      Que des personnes aiment Faenza ou Numix, très bien. Cependant, faut-il mettre sous le paillasson toute remarque et tomber dans le « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » ?

      Allez, je te laisse quatre heures pour plancher sur la question. 😉

  4. C’est peut-être (j’utilise pas…) aussi un des thèmes d’icônes le + complet face à l’offre logiciel démesurée, parce qu’aller redessiner/transformer ce qui manque pour avoir globalement un affichage cohérent quand tu as « trouzemille » autres trucs à faire un brin + vitaux pour la distribution, c’est un peu saoulant…
    & de ce fait, çela doit « panurger » ensuite un peu au niveau des différents mainteneurs/développeurs…

  5. Désolé j’ai dépassé le délai de 4 heures, c’est que je travaille ailleurs le reste du temps.
    Je me suis mal expliqué. Je te disais pas qu’il fallait en conclure que tout le monde est beau tout le monde il est gentil. J’apprecie souvent tes remarques pertinentes quand tu teste une distro. Non ce que je voulais dire c’est que quand tu dis que c’est de la merde ou des gouts de merde, c’est un peu insultant pour ceux qui aiment. Alors que tu pourrais simplement dire que tu n’aimes pas, que t’en a marre,…. Quand tu dis que tu n’aime pas tu nous parle de toi, de ton ressenti, alors que quand tu dis que c’est de la merde tu portes des jugements à l’extérieur et c’est bien différent. Bon je vais pas en débattre plus, si tu vois pas la nuance c’est pas grave. Moi j’étais content de les découvrir ces icones Faenza, Faience, Numix… et je les trouve de belle qualité. Dernièrement y en a qui ont fait un mix à base d’icones de Faenza et d’autres (que j’utilise en ce moment), avec plusieurs couleurs au choix qui s’appelle RAVE-X, ils ont aussi des thèmes que j’aime beaucoup.
    http://www.ravefinity.com/

    1. Pour les quatre heures, c’était une pointe d’humour.

      J’ai été excessif en ce qui concerne ma lassitude par rapport à faenza et co.

      Mais voir ce jeu d’icônes à toute les sauces, ça finit par lasser même ses plus grands fans.

      La variété est indispensable pour ne pas tomber dans l’écoeurement le plus complet.

      Libre à des personnes de ne jurer que par Faenza. Les goûts, c’est sacré 🙂

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