Pro-ana, le retour ?

En novembre 2006, j’écrivais un billet sur le mouvement pro-ana, comprendre pro-anorexie qui faisait des ravages à l’époque.

C’était la grande époque des skyblogs. Oui, il n’y a qu’un peu plus de sept ans, les adolescent(e)s de l’époque qui ont maintenant une vingtaine d’années avaient leurs skyblogs, et leur « lâche tes comms » comme toute phrase.

Depuis, les skyblogs ont perdu en visibilité, et la jeunesse passe son temps à troller sur twitter, en massacrant ce qu’il reste d’orthographe et de grammaire, se perdant pour une minorité, en propos homophobes. Je me demande quel pourcentage de jeunes lançant des propos homophobes découvriront qu’ils sont gays, lesbiennes ou bisexuels. Mais fermons cette parenthèse.

Le mouvement à l’époque promouvait une maigreur maladive, en se basant sur les photos de mannequins. D’ailleurs, il faut se souvenir qu’un mannequin de 18 ans du nom d’Ana Carolina Reston était morte de faim, avec une IMC ridiculement basse, 13,4. Elle pesait 40 Kg pour une taille de 1,74 mètres. Son poids de santé était en réalité de 56 Kg…

Pourquoi je vous parle de tout cela ? Simplement je me base sur une observation, un constat. J’ai l’opportunité de passer régulièrement devant un lycée professionnel, et il m’arrive de regarder les lycéennes pour raviver des souvenirs déjà anciens. J’en vois de plus en plus avec des jambes si fines qu’on se demande si elles ne se briseraient pas au premier coup de vent.

Ayant dû aller ce matin à Neuilly-sur-Bassin…Arcachon, j’ai pu constater que sur un groupe d’une dizaine d’adolescents, sur les quatre filles, au moins deux avaient des échasses à la place des jambes. Ce qui est franchement moche.

Même la filiforme Twiggy, célèbre mannequin des années 1960, serait « ronde » en comparaison. Ce qui est peu dire sur l’influence de la mode sur la maigreur de certaines adolescentes qui le payeront au centuple plus tard dans leur vie.

D’ailleurs, il est intéressant de rechercher « maigrir avec Photoshop ». On trouve des vidéos très parlantes.

Maintenant, les adolescentes des années 2010 sont-elles suffisamment naïves pour croire que les photos des magazines sont des clichés non retouchées ? Je crains que oui. Combien faudra-t-il d’Ana Carolina Reston avant qu’une prise de conscience soit enfin faite ?

Note du 15 mars : à cause de commentaires proprement ignoble et contenant des menaces non dissimulée (le FAI concerné ayant été prévenu), je clos les commentaires pour éviter toute autre tentative de pollution.

4 réflexions sur « Pro-ana, le retour ? »

  1. C’est la mode du « thigh gap » qui rend les personnes le pratiquant pas très attirante selon moi. Si au moins cela ne risquait pas de les tuer…

  2. Et bien, je sais pas dans quel coin tu vis mais chez moi devant les lycée pro. ou lycée gen. ce que je constate c’est une proportion d’obèses (et quand je dis obèse c’est des personnes qui souffrent en marchant, donc vraiment grosses) ahurissantes 1/10, et parfois bien plus (ça dépend des groupes).

    Les simples gros (c’est à dire en surpoids : bide proéminent, jambe et cuisse bien épaisses, visage bien rond…, des gamins qui souffriraient d’une course peu soutenue de quelques dizaines de mètres) doivent être dans une proportion de 1/3 ou 1/4.

    Je ne trouve pas qu’il y est de différence marquante entre fille et garçon en terme de proportion.

    Ce qu’on constate généralement c’est que ce sont les pauvres qui sont touchés. Les produits industriels, que l’on peut qualifier de croquettes pour humain, qui sont la base de l’alimentation des catégories sociales atomisées par l’économie, font des dégâts massifs.

    Sans repère au point de vue de l’alimentation, le cerveau bourré de la propagande agro-industrielle, la très médiocre qualité des produits frais en grande surface (qui a encore envie de manger des pommes sans gouts, des tomates qui ressemble à tout sauf à des tomates, etc, alors que les produits industriels bourré d’exhausteur sont si addictifs), mais aussi la différence de prix entre produit de qualité et ersatz industriel, voilà ce qui fait qu’une extraordinaire proportion d’enfants sont mal en point à tout point de vue.

    Mais le pire reste à venir, car ces gosses là vont vieillir bien vite.

    1. Et bien, je sais pas dans quel coin tu vis mais chez moi devant les lycée pro. ou lycée gen. ce que je constate c’est une proportion d’obèses (et quand je dis obèse c’est des personnes qui souffrent en marchant, donc vraiment grosses) ahurissantes 1/10, et parfois bien plus (ça dépend des groupes).

      Côte atlantique, au sud-ouest de Bordeaux. Et il n’y a pas de sur-représentation de personnes qu’on pourrait qualifier médicalement d’obèse.

      Les simples gros (c’est à dire en surpoids : bide proéminent, jambe et cuisse bien épaisses, visage bien rond…, des gamins qui souffriraient d’une course peu soutenue de quelques dizaines de mètres) doivent être dans une proportion de 1/3 ou 1/4.

      Divises par deux ou trois pour ma région.

      Ce qu’on constate généralement c’est que ce sont les pauvres qui sont touchés. Les produits industriels, que l’on peut qualifier de croquettes pour humain, qui sont la base de l’alimentation des catégories sociales atomisées par l’économie, font des dégâts massifs.

      Et qui font leur plein chaque semaine chez les hard-discounters.

      Sans repère au point de vue de l’alimentation, le cerveau bourré de la propagande agro-industrielle, la très médiocre qualité des produits frais en grande surface (qui a encore envie de manger des pommes sans gouts, des tomates qui ressemble à tout sauf à des tomates, etc, alors que les produits industriels bourré d’exhausteur sont si addictifs), mais aussi la différence de prix entre produit de qualité et ersatz industriel, voilà ce qui fait qu’une extraordinaire proportion d’enfants sont mal en point à tout point de vue.

      Bombe à retardement sur le plan alimentaire, je suis d’accord. Mais je me souviens, photos de classe à l’appui, que la génération du milieu des années 1970 n’était pas si caricaturale en terme de poids aussi bien dans l’excès pondéral que dans la maigreur.

      Mais le pire reste à venir, car ces gosses là vont vieillir bien vite.

      Et nombre d’adolescentes qui se privent verront vite les conséquences sur leur santé, surtout quand elles voudront fonder leurs propres familles…

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