Vsido, la distribution Debian GNU/Linux Sid inutile ? L’exemple même du gaspillage de ressources ?

J’ai appris l’existence d’une distribution GNU/Linux du nom de Vsido, via un article sur la communauté linux de Google+.

En fouillant le site officiel de la distribution, on apprend qu’elle est basée sur la Debian GNU/Linux Sid, le gestionnaire de fenêtre FluxBox (dont le développement est très lent, aucun ajout de code depuis août 2013…), lxpanel pour l’affichage des panneaux, gmusicbrowser, Filezilla, Xchat, IceWeasel (Mozilla Firefox à la sauce Debian GNU/Linux) et quelques autres petits outils.

Bref, un sacré jeu de mécano, dont on peut se poser la question de la solidité.

Elle propose un environnement léger, ressemblant un peu à celui de la Viperr sur le principe. Mais j’avoue qu’après avoir testé rapidement la distribution, je ne lui trouve aucun intérêt pratique.

Je vous laisse quelques captures d’écran pour vous montrer à quoi ressemble la distribution, car le but de l’article n’est pas d’en parler outre mesure. Mais du phénomène sous-jacent liée à l’existence de ce type de distributions.

C’est surtout montrer que c’est encore de l’energie gaspillée.

En effet, il existe déjà deux distributions qui occupent déjà le créneau de la Debian GNU/Linux Sid en lui donnant un aspect moins rugueux. Je parle bien entendu d’AptoSid et de Siduction. Sans oublier une distribution largement plus connue,  devenue synonyme de Linux au niveau du grand public. ;)

La VSido n’a pas grand intérêt si on regarde l’offre de Siduction. La dernière version en date, sortie pile fin décembre 2013 propose des saveurs KDE SC, Xfce, Lxde, Razor-QT et Gnome. En gros, en utilisant soit la saveur Lxde, soit la Razor-QT, on a une offre logicielle équivalente voire meilleure, avec une communauté plus importante derrière.

De plus, proposer comme la VSido une version alpha de Mozilla Firefox, je ne pense pas que ce soit le meilleur service à rendre à ses utilisateurs.

Répétez après moi : un logiciel en version alpha ne doit jamais arriver dans les mains de l’utilisateur. Sauf si on s’appelle Microsoft avec des OS comme Windows Millenium ou Windows Vista avant le SP1.

Si vous voulez essayer la VSido, libre à vous. Mais je ne saurais trop vous conseiller de rester avec des distributions qui ont fait leur preuves dans le domaine assez casse-gueule des distributions basées sur Debian GNU/Linux Sid.

Pour moi, c’est l’exemple parfait du gaspillage de ressources. On va dire que je suis aigri, mais je me demande si ce genre de distributions ne ferait pas mieux de donner main forte à d’autres grands noms du domaine au lieu de vouloir la énième fois réinventer la roue.

Ou simplement pour flatter l’égo des équipes de développement, comme avec le précédent de la ColorwheelOS qui s’est arrếtée de manière abrupte. Je pense que la VSido connaîtra le même sort.

7 réflexions au sujet de « Vsido, la distribution Debian GNU/Linux Sid inutile ? L’exemple même du gaspillage de ressources ? »

  1. anatolem

    En dehors du fait comme tu le fais souligner « le gaspillage de ressources » il n’est quand même pas difficile d’avoir une Debian avec un environnement léger sans trop se casser la tête.
    A pluche.

  2. Strelki

    Bonjour,
    Je suis tout à fait d’accord avec vous. Je ne vois pas l’intérêt de sortir X distributions qui font la même chose qu’une autre (voir en moins bien). Je passe souvent sur votre blog étant débutant sur GNU/Linux, j’aime lire vos articles même si je ne laisse pas de commentaires.
    Bonne continuation.

  3. Nicolas Floquet

    Je trouve que l’impression du trop de distributions est une remarque de débutant en logiciels libres, et ça m’agace un peu qu’un « ancien », à mes yeux, comme M. Bézies en soit encore là ; car ce blog m’avait déjà bien aidé dans ma migration, et continue à m’aider aujourd’hui, je lui en suis très reconnaissant.

    Pour la petite analogie, c’est exactement aussi idiot que de dire : « C’est vachement bien la république ; mais c’est quand même compliqué de devoir choisir un chef d’État à chaque mandat… faut se renseigner sur la politique et tout et tout… Ce serait pas mieux d’avoir comme un genre de chef d’état désigné à vie, et pis que son fils soit à son tour chef d’État après, comme ça on n’a pas à s’embêter ? »

    Avoir la responsabilité du choix est la corrolaire de la liberté. Vive la liberté ! Et vive le choix !

    Ainsi, parmi la multitude de raisons qui me pousseraient peut-être un jour à monter ma propre distribution, il y aura par exemple l’ego, parce que je serai fier de montrer à tous que j’ai MA distro, le divertissement, ou encore le besoin d’indépendance… Bref, tout ce qui fait que nous pouvons aujourd’hui profiter du moindre logiciel libre.

    Enfin, s’il y a gaspillage d’énergie, je le situe pour ma part dans les 99% d’utilisateurs d’ordinateurs qui n’ont pas de logiciels libres.

    1. Frederic Bezies Auteur de l’article

      Je trouve que l’impression du trop de distributions est une remarque de débutant en logiciels libres, et ça m’agace un peu qu’un « ancien », à mes yeux, comme M. Bézies en soit encore là ; car ce blog m’avait déjà bien aidé dans ma migration, et continue à m’aider aujourd’hui, je lui en suis très reconnaissant.

      Ah, je sens que ça va être intéressant… Un ancien n’aurait pas le droit de se plaindre contre une bétise monstrueuse ?

      Pour la petite analogie, c’est exactement aussi idiot que de dire : « C’est vachement bien la république ; mais c’est quand même compliqué de devoir choisir un chef d’État à chaque mandat… faut se renseigner sur la politique et tout et tout… Ce serait pas mieux d’avoir comme un genre de chef d’état désigné à vie, et pis que son fils soit à son tour chef d’État après, comme ça on n’a pas à s’embêter ? »

      Comparaison n’est pas raison. Le logiciel libre ce n’est pas un régime politique.

      Avoir la responsabilité du choix est la corrolaire de la liberté. Vive la liberté ! Et vive le choix !

      Je n’ai jamais dit le contraire. Mais à pousser cette logique jusqu’au bout, c’est inévitablement arriver au gachis de ressources, d’énergie et de personnes.

      Ainsi, parmi la multitude de raisons qui me pousseraient peut-être un jour à monter ma propre distribution, il y aura par exemple l’ego, parce que je serai fier de montrer à tous que j’ai MA distro, le divertissement, ou encore le besoin d’indépendance… Bref, tout ce qui fait que nous pouvons aujourd’hui profiter du moindre logiciel libre.

      Et on tombe dans le panneau… Combien d’énergie, ressource et autre gaspillé pour faire plaisir à une chose typique de la vacuité comme l’égo. Ici je cite un certain Siddharta…

      Enfin, s’il y a gaspillage d’énergie, je le situe pour ma part dans les 99% d’utilisateurs d’ordinateurs qui n’ont pas de logiciels libres.

      Côté aveuglement idéologique, même Richard Stallman n’est pas allé aussi loin.

      http://frederic.bezies.free.fr/blog/?p=10497

      [...]Même si on attribue soit à Churchill soit à Mark Twain soit à Benjamin Disraeli la citation suivante : « Lies, damned lies, and statistics », ce qu’on traduit par « Mensonges, sacrés mensonges et statistiques », il faut regarder les dégats.

      Prenons les statistiques proposées par la gazette du 28 octobre dernier.

      Nombre de distribution répertoriées : 764
      Actives : 297, soit 38,87%
      Endormies : 54, soit 7,06%
      Abandonnées : 413, soit 54,05%

      Si on considère – pour se simplifier la vie – que le nombre d’abandon suit un rythme constant, cela donne un moyenne de 34,41 abandons par an.

      Soit, une distribution abandonnée tous les 10 à 11 jours. Dans l’économie réelle, cela ferait peur de voir dans un domaine précis disparaître 34 à 35 entreprises par an. Parler de domaine sinistré serait assez réaliste, non ?

      Trop de distributions tuent les distributions. Le principe dit de Laffer appliqué aux distributions GNU/Linux.

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