Les occasions manquées des distributions GNU/Linux.

Cyrille Borne, grand consommateur d’Orangina rouge à l’orange sanguine ou de Nutella (??), a déposé dans un commentaire sur un billet posté par Cep une vision assez sombre pour les distributions GNU/Linux. Voici la partie du commentaire en question qui parle justement de cet avenir.

Compte tenu du public qui va s’orienter dessus, je pense que les distributions grand public sont condamnées, on aura debian pour les gens comme moi, Arch pour les gens comme toi qui remplace Gentoo il y a quelques années, peut être une distribution grand public comme Ubuntu et encore. Moralité, Manjaro, trop petit, finira par crever. Les distributions en rolling release ça continuera à faire marrer les gens qui ont du temps à consacrer au paramétrage fin de la machine, jubiler d’avoir la dernière bibliothèque.

J’adore la pique sur les rolling releases, mais passons. Et je pense que Manjaro Linux a les reins plus solides que Cyrille ne l’estime.

Cependant, cela m’a fait penser à plusieurs occasions manquées plus ou moins récente dans le domaine des distributions GNU/Linux. Et précisément trois d’entre elles. Plus ou moins chronologiquement, Gobolinux, Frugalware Linux et la Linux Mint Debian Edition.

Gobolinux est (ou était ?) une distribution GNU/Linux avec une approche intéressante et novatrice. Remplacer la hiérarchie de fichiers standards et plus ou moins utilisés par les principaux systèmes unix et assimilés par une hiérarchie à la Microsoft Windows.

Ainsi, les programmes étaient stockés dans Programs. On pouvait trouver Xorg dans Programs/Xorg/, KDE dans Programs/Kde et ainsi de suite. Un système de liens permettant de tromper les logiciels en leur faisant croire qu’ils sont dans une hiérarchie classique du genre /bin, /etc, /dev, /usr, /home et compagnie.

Cependant, la sauce n’a pas prise. La dernière version officielle date de 2008… Soit le projet avance très lentement, soit il est sur le point de mourir.

Pour la Frugalware Linux, c’est une occasion manquée à cause d’un mal récurrent dans le monde du logiciel libre à la sauce GNU/Linux. La petitesse des équipes.

Née en 2004, cette semi-rolling release (car il y a des périodes de gel dûs à l’arrivée de versions stables), n’est plus supportée que par une petite équipe de développeurs et de contributeurs.

Elle est très puissante, et même si j’ai eu droit parfois à la malédiction de Frugal’hamon, comme à l’époque de la 1.8rc1, c’est une bonne distribution qui ne fait malheureusement pas assez de bruit pour être connue.

A moins qu’Archlinux soit devenue la référence dans le domaine des distributions semi-rolling et rolling release complet ?

Car il faut être honnête. Sans James Buren, Baste et quelques autres contributeurs, la distribution serait dans une mauvaise passe.

Parlons maintenant de celle qu’on peut dire que c’est l’occasion manquée de l’année 2012, la Linux Mint Debian Edition. J’en avais déjà parlé il y a un an.

Ce qui aurait pu être la base d’une distribution à part entière, en prenant son indépendance d’Ubuntu, se voit proposer de temps à autre un update pack, le 7ième au moment où j’écris cet article.
Soit 9 mois après le précédent pack

Autant dire que cela laisse l’impression qu’on rustine de temps à autre une distribution qu’on aurait jamais dû proposer. C’est dommage, car cela aurait permis à Linux Mint de s’affranchir des dates de sorties trop rapprochées de Gnome (Mars et Septembre) et de celle d’Ubuntu (Avril et Octobre) pour éviter que les distributions qui propose l’environnement Cinnamon ne soit obligé d’appliquer des patchs à la pelle.

Mais la politique serait de s’affranchir complètement du code de Gnome Shell pour la prochaine version de Cinnamon. J’attends pour voir.

J’aurais pu rajouter des projets comme fluxbuntu (morte vers 2008-2009) qui voulait proposer une ubuntu basée sur Fluxbox. Mais je me suis concentré sur les principales distributions.

6 réflexions sur « Les occasions manquées des distributions GNU/Linux. »

  1. Bonjour Frédéric Bezies,

    Merci pour cet article qui me permet de revoir un tout petit peu ces distributions que nous avons oublié et qui ont tenté de voir les choses différemment (‘Think Different’) 😉

    Seulement, il n’existe pas beaucoup de site (et encore moins des blogs) qui évoquent ces petites distributions dont la sauce n’est pas toujours au goût de tout le monde. Bon, … c’est la vie.

    Toutefois, je considère que c’est vraiment dommage que GoboLinux n’est pas connu le succès qu’il faut. Car, je trouve son projet différent, innovant et après tout : Libre ! Pourquoi devons-nous tous manger à la sauce Linux (et son hiérarchisation des fichiers) ?
    Il est parfois bon et intéressant de faire différent, non ? N’est-ce pas ça le fondement même des logiciels libres ?

    Pour finir, je pleure à tout ses projets qui sont morts de leur belle mort (prématurément ou à terme) : Fuduntu, Dream Linux, Damn Vulnerable Linux, FrogLinux, Kurumin, Oralux, Pentoo, Progeny Debian, etc.

    Paix à leurs âmes !

    1. « Toutefois, je considère que c’est vraiment dommage que GoboLinux n’est pas connu le succès qu’il faut. Car, je trouve son projet différent, innovant et après tout : Libre ! Pourquoi devons-nous tous manger à la sauce Linux (et son hiérarchisation des fichiers) ?
      Il est parfois bon et intéressant de faire différent, non ? N’est-ce pas ça le fondement même des logiciels libres ? »

      C’est surtout aller à l’encontre d’une norme qui fonctionne est qui est tout autant lisible, sinon plus 😉

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