Le « faux-lettrisme » numérique, caractéristique des « digital natives » ?

Par « faux-lettrisme », je veux dire : la connaissance imparfaite de l’outil informatique et de certaines notions qui sont indispensables à une bonne hygiène numérique.

J’ai pu lire récemment la traduction d’un article anglais sur Lunatopia qui m’aurait fait exploser la vessie de rire si le constat n’en était pas terriblement vrai : « Les gamins ne savent pas utiliser les ordinateurs… Voici pourquoi ca devrait vous inquieter. »

Je vous conseille la lecture de cet article qui est une sacrée claque. On considère souvent à tort que la jeune génération alias « Digital Natives », les 16 à 25 ans sont des cracks en informatique car ils y passent une grande partie de leur temps libre. Rien n’est plus faux.

Prenons un groupe de 100 personne de cette tranche d’âge, utilisant quotidiennement l’informatique, imaginons le résultat que donnerait les questions suivantes.

  1. Qui sait ce qu’est un navigateur internet ? Et m’en citer un nom ?
  2. Qui sait comment réinstaller MS Windows s’il le faut ?
  3. Qui sait nettoyer son disque dur des fichiers inutiles ?
  4. Qui défragmente régulièrement le contenu de son disque dur ?

Je pense que les résultats seraient… catastrophiquement intéressant à observer. Car il faut être honnête. Une grande partie des 16 à 25 ans passe son temps libre sur Facebook – pour parler du dernier tube à la mode ou dire que Mamie Jeannette a attrapé la grippe intestinale – sur Twitter pour poster leurs états d’âmes qui n’intéressent qu’eux ou encore sur Ask.fm a poser des questions qui ont autant d’intérêt que la dernière saison de la dernière télé-réalité à la mode.

J’ai eu l’occasion de m’occuper d’ordinateurs utilisés par des personnes de 16 à 25 ans et le constat est terrible. C’est le même massacre que j’ai pu observer chez les personnes de 50 ans et plus que j’ai eu l’occasion de dépanner : un antivirus pas à jour ou pas d’antivirus (c’est vrai, un antivirus ça fait ralentir la machine), des centaines de Mo, voire des Go de données temporaires non vidées. Sans oublier les dernières véroles en date, du genre ukash alias « Gendarmerie Nationale ».

Que du bonheur !

Et la défragmentation qui n’avait pas été faite depuis un certain temps. Et parfois jamais. Autant dire qu’une fois que j’ai nettoyé leur machine, donné par acquis de conscience quelques règles d’hygiène numérique basiques, tout va beaucoup mieux durant un temps.

J’ai pu travailler sous les ordres d’une ATIC qui formait des jeunes retraîtés à l’outil informatique. Et la seule différence avec une grosse partie des « Digital Natives » n’était que l’âge des personnes.

J’ai fait partie d’une génération qui a la fin des années 1980 début des années 1990 a fait ses premières armes sur des machines mythiques comme le Commodore 64, l’Amstrad CPC, l’Atari ST ou encore l’Amiga.

Même si certaines personnes de ma génération ne sont pas allé plus loin que : j’insère la disquette et je lance le logiciel, une partie a été plus curieuse, et a voulu comprendre le fonctionnement de l’ensemble à des degrés divers.

D’ailleurs, sur mon premier PC (en 1995) j’ai appris ce qu’était de réinstaller régulièrement MS Windows pour qu’il reste utilisable. Etre curieux m’a permis d’acquérir des connaissances comme savoir installer un OS sur une machine neuve, savoir dépanner un MS Windows parti en cacahuètes, faire du petit dépannage matériel. Ou encore récupérer des données perdues car MS Windows est en carafe.

Bref, j’ai appris à me débrouiller, même si je suis incapable de programmer le moindre logiciel, même si j’ai une attirance pour certains langages comme Python par exemple. Et j’avoue que ne pas avoir suivi de formation académique pour apprendre à programmer n’a pas aidé 😉

Dans mon entourage, je suis la personne qui s’y connait. Le geek comme dans la vidéo de Cyprien.

On peut tout me demander, même les opérations les plus basiques, comme installer un nouveau matériel. Alors qu’il suffit de suivre le guide, et de savoir lire le mode d’emploi. Mais souvent, et c’est un leitmotiv : « J’ai peur de faire une bêtise ».

J’aurais bien envie de dire : « On n’apprend que de ses erreurs », mais je me mords la langue jusqu’au sang.

Je suis prêt à parier qu’une partie non négligeable de « digital natives » seraient en difficulté pour monter du matériel dans leur machine, même pour remplacer une carte graphique. Voire même installer une simple imprimante. Mais si on leur parle des subtilités du dernier réseau social à la mode, tout change 🙁

Je dois dire que j’ai pris d’une manière différente ce problème de « faux-lettrisme » numérique. J’ai participé, après avoir été contacté, à la rédaction du magazine « Linux Identity Kit » n°23, où les débutants peuvent découvrir Ubuntu 13.04. J’ai rédigé l’édito et deux articles : « Maintenir à jour son Ubuntu avec le gestionnaire de mises à jour et apt-get » et « Comment personnaliser les logiciels installés sur son Ubuntu »

J’avoue que j’ai eu un mal de chien à expliquer de manière simple certains trucs qui me semblaient évidents, mais pas le moins du monde à l’utilisateur débutant. Comment expliquer des concepts comme les dépots logiciels et les utiliser ? Le principe des mises à jour ?

Ce qui peut paraître comme évident à des personnes un peu curieuses peut devenir incompréhensible pour nombres de personnes qui – quelque soit leur âge – considèrent l’ordinateur comme un outil magique. Et tant que l’on pensera que l’informatique, c’est magique, on est loin de la sortie…

5 réflexions sur « Le « faux-lettrisme » numérique, caractéristique des « digital natives » ? »

  1. Salut,
    Il y en a qui, dès qu’un problème survient, rejettent la faute sur la machine. Un ordinateur ne fait que ce qu’on lui demande de faire. Il y a une phrase qu résume bien cela : L’origine du problème se situe très souvent entre la chaise et l’ordinateur.

  2. Je vais faire l’impasse des 9.95 euros pour acheter une revue sur Ubuntu alors que je viens d’acheter chez le même éditeur DEBIAN 7 .
    http://www.linuxidentity.com/shop/index.php?act=viewProd&productId=94
    mais je m’arrangerais quand même pour lire ton édito 😀
    J’achéte pratiquement plus aucune de revue sur Linux, pas plus tard que cet après midi j’en ai vu à presque 13 euros sur Ubuntu.
    Enfin pour en revenir au sujet principale de ton article, tu as bien raison sauf que je trouve les plus anciens « plus » attentif 😀
    A pluche.

      1. Je n’ai pas acheté la revue « pour » le DVD, mais pour la lecture des articles, de plus je suis sous « Jessie » et pour récupérer l’image .iso autant aller le chercher chez le fournisseur.
        Bon dimanche.
        A pluche.

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